Vaccins contre le Covid-19 : voici les réponses aux 41 questions les plus fréquentes que vous vous posez

Après des débuts timides et critiqués, la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France, lancée le 27 décembre, semble désormais bien engagée. Un deuxième vaccin, celui de Moderna, a obtenu son autorisation et un troisième, développé par AstraZeneca, pourrait à son tour obtenir un feu vert fin janvier.

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Ce déploiement suscite de nombreuses questions légitimes auxquelles franceinfo s’efforce de répondre ici, dans le cadre de son opération #OnVousRépond. Les plus curieux pourront également consulter le document (en PDF) réalisé par la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf).

Efficacité des vaccins

> Le vaccin de Moderna a-t-il la même efficacité que celui de Pfizer ?

Ces deux produits ont la même efficacité. Les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna ont fait l’objet d’essais cliniques de phase 3, en double aveugle et avec groupe placebo, menés respectivement sur 43 000 et 30 400 personnes. Le premier a atteint une efficacité de 95% sur les formes graves après l’administration des deux doses. Le deuxième, lui, a atteint une efficacité de 94,1% après les deux doses. L’efficacité a atteint 90,9% chez les participants à risque de Covid-19 sévère.

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> Y a-t-il des vaccins meilleurs que d’autres ?

Il est difficile de répondre à cette question, car tout dépend du critère adopté. Il existe aujourd’hui quatre grandes familles de vaccins, basés sur différentes technologies : à ARN messager (Pfizer, Moderna…), à vecteur viral (AstraZeneca…), à protéine recombinante et atténués (vaccins chinois des laboratoires Sinovac et Sinopharm…). Tous les produits mis sur le marché obtiennent de bons résultats. A ce jour, sur le plan clinique, il n’y a pas de raisons de privilégier le vaccin de Pfizer plutôt que celui de Moderna dans la stratégie vaccinale, estime d’ailleurs la Haute Autorité de santé. Elle souligne simplement que “les conditions de stockage sont moins contraignantes dans le cas du vaccin de Moderna”. L’efficacité du vaccin développé par AstraZeneca est évaluée autour de 70%. A titre de comparaison, celle du vaccin contre les grippes saisonnières oscille entre 60 et 70% selon les années.

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> Les vaccins sont-ils efficaces sur les nouveaux variants ?

Cela reste à confirmer. La seule chose dont on dispose pour le moment, c’est d’une pré-publication (en anglais) sur l’effet de la mutation N501Y – située au niveau de la protéine Spike, ou protéine S, et commune aux variants identifiés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud. Les auteurs ont utilisé le sérum d’individus immunisés par le vaccin de Pfizer/BioNTech, et ont vérifié que cette modification ponctuelle (N501Y) n’avait pas d’impact sur la fixation des anticorps vaccinaux et leur capacité de neutralisation virale. Cette mutation-clé a pour effet d’améliorer l’affinité entre le virus et les enzymes ACE2, qui font office de points d’entrée dans les cellules. C’est ce qui explique que les variants concernés se transmettent davantage.

“Au total, nous avons donc maintenant testé 16 mutations différentes [du variant], et aucune d’entre elles n’a vraiment eu d’impact significatif. C’est la bonne nouvelle.”

Phil Dormitzer, un scientifique de Pfizer spécialisé dans les vaccins viraux

dans un communiqué

Mais celui-ci reste prudent, car “cela ne veut pas dire que la 17e n’en aura pas”. Il faut donc attendre les résultats pour toutes les mutations composant les variants. Cela passe, par exemple, par l’étude des effets éventuels de la mutation E484K du variant identifié en Afrique du Sud, qui suscite quelques inquiétudes. A l’avenir, si besoin, la technologie ARN pourrait toutefois permettre à Pfizer et Moderna d’adapter leurs vaccins en quelques semaines.

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> Quelle est la durée de protection du vaccin ?

La durée de la protection n’a pas été établie à ce jour, rappelle la Haute Autorité de santé. Soulignons toutefois que le vaccin de Moderna a produit des anticorps au moins pendant 90 jours après la vaccination, selon une étude parue début décembre et menée sur 34 participants aux essais cliniques. Une légère baisse du niveau d’anticorps a été observée, tout en restant à un niveau plus élevé que dans le cas d’une immunité acquise après une infection. Ces trois mois sont un minimum et la durée d’immunité est sans doute plus longue.

Une autre étude, parue dans la revue Science, s’est penchée sur la persistance des anticorps après une infection naturelle. Les auteurs ont observé la présence d’anticorps sur une durée allant de six à huit mois dans près de 90% des cas, mais sur un petit échantillon d’une quarantaine de personnes. Et rien n’indique encore que les mêmes résultats soient obtenus avec le vaccin. Encourageant, mais pas plus. Il reste également à évaluer la “mémoire immunitaire”, qui pourrait également prolonger cette protection contre la maladie dans le temps.

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> Une fois vacciné, peut-on quand même être porteur et transmettre la maladie ?

La question de la transmission du virus par les personnes vaccinées n’est pas encore tranchée, car ce n’était pas l’objectif des essais cliniques de phase 3. Ceux-ci cherchaient en effet à démontrer la protection induite par le vaccin pour les formes symptomatiques de la maladie. Quelques données sont tout de même encourageantes. Chez Moderna, par exemple, le nombre de patients asymptomatiques était moins élevé (0,1%) dans le groupe vacciné que dans le groupe témoin (0,3%), après deux injections – ces données portent toutefois sur un petit échantillon. Chez AstraZeneca, une demi-dose lors de la première injection protégeait à 58% contre les infections asymptomatiques (pas d’effet avec une dose complète).

Par ailleurs, il est également fortement probable, même en cas d’infection, que la charge virale reste assez faible pour diminuer le risque de transmission. Mais des études complémentaires doivent être menées pour répondre à cette question. “Le vaccin protège des formes graves pulmonaires mais ça ne veut pas dire qu’il protège de la forme nasale ou de la forme oropharyngée”, a estimé le ministre de la Santé Olivier Véran, sur BFMTV.

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> Pourquoi est-il possible de retarder la seconde injection du vaccin Pfizer (jusqu’à six semaines) ?

La première dose offre déjà une certaine efficacité, mais la seconde est indispensable pour obtenir une réponse neutralisante. Cette décision de retarder la seconde injection vise à libérer davantage de doses pour vacciner un public plus large. Une telle décision est difficile à prendre, et le groupe Pfizer a lui-même rappelé qu’il ne disposait pas de données d’efficacité concernant une seconde dose injectée 21 jours après la première.

Cette modification du protocole peut toutefois être envisagée si le rapport risque/bénéfice est favorable. “On aura peut-être une petite perte d’efficacité, mais elle sera très largement compensée par le nombre de personnes qu’on va pouvoir vacciner”, résumé sur franceinfo l’infectiologue Odile Launay, membre du Comité scientifique vaccin Covid-19.

>> A LIRE AUSSI. Le vaccin est-il aussi efficace quand on allonge le délai entre les deux doses ?

Néanmoins, cette situation peut “favoriser la sélection de mutants capables d’échapper à cette réponse” partielle de la première dose, nuance le biologiste Claude-Alexandre Gustave, interrogé par franceinfo. Soumis à la pression de la première dose, le virus pourrait alors s’adapter afin de déjouer cette immunité partielle et non neutralisante. “Le fait d’allonger le délai entre les deux doses est possible, à condition d’assurer la seconde dose et d’éviter l’exposition au virus entre les deux.” Le report de la seconde dose a donc été limité à six semaines maximum.

Mais quoi qu’il arrive, ce délai restera fixé à trois semaines dans les Ehpad, a fait savoir le ministère de la Santé.

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> Peut-on se faire administrer la seconde dose avec un vaccin différent de celui utilisé pour la première injection ?

Cette solution n’est pas d’actualité en France. A ce jour, seul le Royaume-Uni a entrouvert la porte (PDF en anglais) au “mix vaccinal”, mais un tel recours devra rester exceptionnel. Il sera envisagé uniquement en cas de pénurie ou si le vaccin utilisé lors de la première administration est inconnu du patient et du médecin. Les autorités britanniques justifient leur choix en soulignant les similitudes entre le vaccin à ARN messager de Pfizer et celui à vecteur viral d’AstraZeneca, tous les deux visant à déclencher la production de l’antigène (la protéine S) dans les cellules de la personne vaccinée. Mais à vrai dire, aucune étude n’a encore été menée sur cette approche hybride dans le cadre de l’épidémie de Covid-19.

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Développement des vaccins

> Comment expliquer la rapidité d’élaboration du vaccin ?

Les chercheurs ne sont pas partis de zéro dans cette aventure. Ils avaient déjà ciblé un antigène pour les coronavirus, la protéine S, en raison des épidémies passées de Sars-CoV (2003) et de Mers-CoV (2012). Les fabricants de vaccins à ARNm disposaient également de données grâce aux essais menés contre plusieurs maladies. Juste après la publication de la séquence de l’antigène, en janvier 2020, le principe actif du vaccin était déjà prêt car on sait produire des brins d’ARN en laboratoire. Rapide à mettre en œuvre, cette technologie a logiquement pris l’ascendant sur les autres.

Voilà pour le volet recherche. Ensuite, les fabricants ont parfois superposé plusieurs phases des essais cliniques (1, 2 et 3), afin de gagner du temps. Enfin, les différentes autorités nationales et supranationales ont commencé à étudier les données des essais sans attendre un dossier complet, dans le cadre de procédures de “révision en continu” (ou rolling review). Cette mobilisation a permis de délivrer assez rapidement des autorisations de mise sur le marché “conditionnelles”, qui nécessitent encore davantage de données pour être entérinées.

Bien entendu, d’importants investissements publics et privés ont été réalisés pour répondre à l’urgence de la situation. Les laboratoires ont pu rapidement disposer de crédits importants, ce qui a dopé leurs travaux.

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> Les recherches sur les vaccins à ARN messager existent-elles vraiment depuis plus de vingt ans ?

En 1989, une société californienne est parvenue à insérer de l’ARN messager dans des nanoparticules de lipide avant de l’introduire dans des cellules, raconte le blog du Monde Réalités médicales. Et l’année suivante, des chercheurs du Wisconsin ont montré qu’un tel protocole permettait bien de guider la synthèse d’une protéine par les cellules. Il aura donc fallu plus de trente ans de travaux pour obtenir ce résultat. Cet “outsider” a surpris de nombreux observateurs, car la technologie avait déjà subi quelques revers dans des projets contre le Zika, la grippe, la rage et le cytomégalovirus, lors d’essais sur plusieurs centaines de participants. Est-ce pour cette raison que la Commission européenne a tardé avant de passer commande auprès de Pfizer et de Moderna ? Peut-être en partie.

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> Qu’en est-il des vaccins développés par les laboratoires français et pourquoi tardent-ils ?

Le groupe français Sanofi développe un candidat vaccin à protéine recombinante en partenariat avec le Britannique GSK (pour la partie adjuvant). Les résultats des essais de phase 1/2, dévoilés mi-décembre, étaient positifs pour les adultes entre 18 et 49 ans mais décevants dans les catégories d’âge suivantes (réponse immunitaire induite insuffisante). Thomas Triomphe, vice-président de la branche “vaccins” du groupe, a expliqué que les réactifs utilisés par les chercheurs pour mesurer les volumes d’antigène “n’étaient pas d’une qualité ou d’une pureté suffisantes”, dans un entretien au Wall Street Journal (en anglais) cité par Le Monde.

Un technicien du laboratoire Sanofi de Val-de-Reuil (Eure), en juillet 2020. (JOEL SAGET / AFP)

Un technicien du laboratoire Sanofi de Val-de-Reuil (Eure), en juillet 2020. (JOEL SAGET / AFP)Cette erreur a grandement perturbé les travaux. “Je trouve grave qu’un acteur majeur comme Sanofi ne soit pas plus vigilant vis-à-vis de ses fournisseurs”, a réagi auprès du quotidien français le coordinateur adjoint de la CGT-Sanofi, Fabien Mallet. Un nouvel essai doit débuter en février “avec une formulation d’antigène améliorée”, explique le groupe. Mais une phase 3 ne pourra pas débuter avant le deuxième trimestre 2021, ce qui relègue une éventuelle commercialisation à la toute fin de l’année, au mieux. Par ailleurs, Sanofi travaille sur un projet de vaccin à ARN, en partenariat avec la start-up américaine Translate Bio. Les essais de phase 1/2 doivent débuter au premier trimestre.

Enfin, le candidat vaccin de l’Institut Pasteur (en partenariat avec Themis), est actuellement en phase 1 d’essai clinique. Pour le moment, il s’agit donc d’évaluer sa toxicité chez un petit groupe de participants en bonne santé, dans le cadre d’une étude menée à l’hôpital Cochin, à Paris, et à Anvers (Belgique).

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> Quel est l’intérêt pour Sanofi de sortir un vaccin alors que plus de la majorité des citoyens sera vaccinée ?

Le laboratoire a pris du retard dans la course mondiale au vaccin. Mais le PDG de Sanofi France, Olivier Bogillot, défend tout de même l’intérêt de son vaccin candidat, dans un entretien à La Tribune, car, explique-t-il, “nous avons besoin de plusieurs vaccins et de milliards de doses pour lutter contre la pandémie actuelle”. A l’heure actuelle, “nous ne sommes pas encore assez armés pour ne pas donner leur chance à tous les vaccins”, ajoute Jean-Daniel Lelièvre, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), interrogé à ce propos par Le Monde. “Le sujet [de la vaccination] sera-t-il clos en 2021, ou faudra-t-il se faire vacciner régulièrement comme pour la grippe ?”, poursuit la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, dans le même quotidien. “On aura besoin d’un vaccin qui limite la circulation du virus chez les moins de 50 ans pour l’Europe, mais aussi pour les pays en développement.”

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> C’est pour quand, l’arrivée du vaccin d’AstraZeneca ?

Le Royaume-Uni (ainsi que l’Inde) a déjà approuvé ce vaccin à vecteur viral développé conjointement par AstraZeneca et l’université d’Oxford, mais celui-ci est encore en phase de “révision en continu” au sein de l’Union européenne. Une demande d’autorisation conditionnelle a été déposée mardi 12 janvier et les experts du Comité des médicaments à usage humain (CHMP) pourraient donner leur feu vert le 29 janvier. Ils terminent l’analyse des données sur la qualité de ce candidat vaccin.

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Effets indésirables éventuels

> Y a-t-il des effets secondaires au vaccin ?

Oui, comme pour tous les vaccins. Mais il faut tout d’abord distinguer les “événements graves”, quand un lien causal avec le vaccin n’est pas établi, et les “effets indésirables graves”, quand ce lien est avéré. Voici le détail des événements les plus fréquents survenus dans les sept jours après chaque injection, pour les deux vaccins à ARN disponibles sur le marché. Ces tableaux permettent de comparer les signalements du groupe “vaccin” et du groupe “placebo” dans les essais cliniques.

   (D'APRES LES DONNEES COMPILEES PAR LA HAUTE AUTORITE DE SANTE)

(D’APRES LES DONNEES COMPILEES PAR LA HAUTE AUTORITE DE SANTE)

    (D'APRES LES DONNEES COMPILEES PAR LA HAUTE AUTORITE DE SANTE)

Les événements les plus fréquemment observés avec le vaccin de Pfizer sont des douleurs au niveau de la piqûre (plus de 80%), de la fatigue (plus de 60%), des maux de tête (plus de 50%), des douleurs musculaires et des frissons (plus de 30%). Mais ils sont généralement d’une intensité faible à modérée et disparaissent en un jour ou deux. Leur fréquence diminue légèrement avec l’âge.

>> A LIRE AUSSI. Effets secondaires : ce que révèle le rapport de l’Agence américaine des médicaments sur le vaccin de Pfizer/BioNTech

Avec le vaccin de Moderna, les principales réactions observées sont une douleur à l’endroit de la piqûre (92%), de la fatigue (70%), un mal de tête (64,7%) ou une douleur musculaire (61,5%). Là encore, ces effets sont d’une intensité faible à modérée, disparaissent rapidement, et leur fréquence diminue un peu avec l’âge.

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> A-t-on déjà observé des complications graves ?

Une paralysie faciale temporaire est apparue chez quatre participants du groupe vacciné (aucun dans le groupe placebo) dans les essais de Pfizer, et ces cas sont toujours en cours d’investigation. Chez Moderna, trois cas de paralysie faciale périphérique ont été rapportés dans le groupe vacciné et un cas dans le groupe placebo. Une petite dizaine d’événements indésirables graves ont été recensés.

A la date du 23 décembre, 4 393 “événements graves” (0,2%) avaient été recensés aux Etats-Unis sur 1 893 360 doses administrées, selon les chiffres des Centers for disease control and prevention (CDC). On dénombrait 21 événements de réaction anaphylactique (0,0011%), avec des antécédents dans sept de ces cas. Une diminution temporaire de certaines cellules immunitaires (lymphocytes) a été observée dans un seul cas, un événement qualifié de “non grave”.

En France, “six effets indésirables graves avec une évolution favorable ont été observés en France avec le vaccin Comirnaty de Pfizer/BioNTech [administré à plus de 247 000 personnes au total en France] à la date de mercredi lors de cette troisième semaine de vaccination”, a précisé le 14 janvier l’ANSM. Il s’agit de “quatre cas de réactions allergiques et deux cas de tachycardie”. Une trentaine de cas d’effets indésirables non graves en lien avec le vaccin Comirnaty ont par ailleurs été enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance, selon l’ANSM.

A la suite de la survenue de cas de paralysies faciales dans d’autres pays avec ce vaccin, une expertise a été demandée à un centre de pharmacovigilance. L’analyse de ces cas confirme que ces troubles surviennent de façon extrêmement rare avec une incidence qui ne dépasse pas celle observée chaque année en période hivernale dans la population générale, note l’agence sanitaire.

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> Comment le suivi des injections est-il mis en place ?

Les médecins et pharmaciens sont soumis à l’obligation de déclarer tout effet indésirable suspecté d’être dû à un médicament. Les patients peuvent également signaler d’éventuels événements indésirables sur la plateforme nationale dédiée, à travers un téléservice utilisé lors de la vaccination ou sur le portail des signalements, disponible à cette adresse. En parallèle, des études de pharmaco-épidémiologie seront menées par plusieurs instances, dont Epi-phare, sur les personnes vaccinées et sur des groupes spécifiques pour identifier d’éventuels événements indésirables graves. Enfin, l’Inserm va suivre des cohortes dans la population.

Le premier rapport hebdomadaire sur l’ensemble des cas rapportés en France sera publié au cours de la semaine du 18 janvier. Un rapport sera ensuite publié toutes les semaines.

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>> A LIRE AUSSI. Covid-19 : on vous explique comment les vaccins vont être scrutés après leur mise sur le marché en France

> Le vaccin à ARN messager modifie-t-il mon ADN ?

Non, les vaccins à ARN messager ne peuvent pas modifier le génome humain. Grâce à leur capsule graisseuse (couronne brune), ces brins (en bleu) entrent dans le cytoplasme (en jaune) des cellules et leur code est déchiffré par les ribosomes (en orange et violet), permettant la synthèse de l’antigène (protéine S). Mais le “matériel génétique de la personne vaccinée, qui se trouve dans le noyau de la cellule, ne va pas interagir avec l’ARN du vaccin”, explique à franceinfo Etienne Simon-Lorière, responsable de l’unité de génomique évolutive des virus à ARN à l’Institut Pasteur. Ces brins sont ensuite dégradés, toujours dans le cytoplasme de la cellule. Ils y côtoient d’ailleurs de nombreux autres ARN d’origine étrangère à l’organisme, sans que cela nous émeuve.

Les brins ARN sont encapsulés dans des nano-particules grasses, afin d'être en mesure de passer la membrane cellulaire. Leur information est ensuite lue par les ribosomes, déclenchant la production de l'antigène (protéine S). Ce processus se déroule à l'extérieur du noyau où se trouvent les chromosomes, et donc l'ADN. (ITZIAR GOMEZ-AGUADO ET ALII / REVUE "NANOMATERIALS")

Cet ARN messager est un peu comme la photocopie d’une page de livre (ADN), dont il est tout à fait incapable de réécrire les chapitres. En réalité, seuls les rétrovirus, comme le VIH, ont la capacité d’opérer une “rétro-transcription” de l’ARN à l’ADN, afin d’intégrer le noyau des cellules-hôtes. Les séquences ARN utilisées dans les vaccins de Pfizer et de Moderna ne contiennent pas l’enzyme (transcriptase inverse) permettant de rebrousser le chemin vers l’ADN, ni celle (intégrase) permettant d’intégrer le génome – le coronavirus “sauvage” entier non plus.

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> Est-il possible que le vaccin contre le Covid-19 entraîne une infertilité chez les femmes ?

Non. Les anticorps induits par la vaccination ne peuvent pas être dirigés contre des protéines humaines, et donc contre la syncytine, nécessaire à la fabrication du placenta. Mi-novembre, 12 grossesses avaient été recensées dans le groupe vaccin de l’essai clinique de phase 3 de Pfizer (11 dans le groupe placebo). Des études complémentaires doivent être menées.

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> Les vaccins de Pfizer et de Moderna intègrent-il des adjuvants ?

Le principe actif des vaccins de Pfizer et de Moderna est l’ARN. En raison du mode d’action, aucun produit n’est ajouté pour stimuler et améliorer la réponse immunitaire. Contrairement aux vaccins inactivés et à protéine recombinante, les vaccins à ARN n’ont donc pas besoin d’adjuvant.

Les différents composés nécessaires au vaccin sont disponibles sur le site (PDF, en anglais) de l’Agence européenne des médicaments. On retrouve tout d’abord les quatre composants des petites particules grasses qui encapsulent l’ARN, lui permettant d’entrer dans les cellules (lipide SM-102, cholestérol, lipide DSPC et lipide PEG2000 DMG). Figurent également dans la liste des sels et une solution tampon, qui permet de maintenir le PH (trométamol et hydrochloride de trométamol, acide acétique et acétate de sodium trihydratée). On trouve également du sucrose, pour la viscosité, et de l’eau stérile.

La liste des composants du vaccin de Pfizer et BioNTech est disponible à cette adresse (PDF, en anglais), avec là encore des composants pour les nanoparticules (lipide ALC-0315, lipide ALC-0159, lipide DSPC et cholestérol), des sels et une solution tampon (chlorure de potassium, phosphate de monopotassium, chlorure de sodium et phosphate disodique déshydraté), du sucrose et de l’eau stérile.

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> Les vaccins sont-ils des remèdes de type thérapie génique ?

Non, ils ne relèvent en aucun cas des thérapies géniques. Cette expression désigne des techniques prometteuses permettant de réparer le gène d’un patient. Le pôle de recherche financé par le Téléthon, par exemple, a récemment obtenu le feu vert pour un essai clinique sur la myopathie de Duchenne, une maladie dégénérative des muscles. Le principe est d’acheminer la séquence ADN du gène en question dans le noyau des cellules, grâce à un vecteur viral adapté en conséquence. Comme évoqué plus haut, l’ARN des vaccins de Pfizer et de Moderna a pour principe de guider la production d’une protéine S au niveau des ribosomes, dans le cytoplasme. Il n’entre pas dans le noyau, ne côtoie pas les chromosomes et ne peut pas interagir avec eux.

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Publics concernés

> Est-ce utile de se faire vacciner si on a déjà eu le Covid-19 ?

A ce jour, il n’y a pas de données permettant d’évaluer l’éventuel bénéfice de se faire vacciner après avoir été infecté, explique la HAS. Ce public n’est donc pas prioritaire. “Théoriquement, une personne qui a déjà rencontré le virus est protégée, expliquait Bruno Megarbane, chef du service de réanimation médicale à l’hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris, sur France 2. Il n’y a donc pas urgence à les vacciner”. Si l’intérêt semble a priori limité, un ancien malade pourra tout de même bénéficier du vaccin après un échange avec son médecin, car “le risque même théorique chez ces personnes apparaît (…) très faible”, précise encore la Spilf.

Le cas échéant, il faudra tout de même respecter un délai minimal de trois mois après le début des symptômes et ne pas présenter de symptômes persistants. Les personnes ayant été en contact avec une personne malade devront d’abord se faire tester avant d’envisager une vaccination.

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> Pourquoi les personnes âgées sont-elles vaccinées en premier ?

Les premiers vaccins viennent juste d’être autorisés et les doses sont disponibles en nombre limité. Il faut donc faire des choix. Le gouvernement veut tout d’abord désengorger les hôpitaux. Il met donc l’accent sur les publics les plus vulnérables au virus et les plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie. “Cette stratégie est celle qui permet la plus grande réduction des formes sévères et des décès”, faisait valoir la Haute Autorité de santé (HAS) fin décembre, un mois après avoir recommandé de cibler en priorité les résidents des Ehpad et autres hébergements collectifs. Ces derniers représentent en effet les premières victimes de la maladie depuis le début de l’épidémie.

Plusieurs observateurs, toutefois, ont fait remarquer que les données cliniques étaient encore incomplètes, voire inexistantes, pour les catégories d’âges les plus hautes. En réalité, des personnes âgées ont bien pris part aux essais cliniques menés par les fabricants – 4,3% des participants à l’essai de Moderna étaient âgés de plus de 75 ans, souligne LCI. Malgré tout, la HAS recommande de mener “des études complémentaires” dans la sous-catégorie des plus de 75 ans, afin de “confirmer les résultats rassurants de sécurité et d’efficacité du vaccin chez les plus âgés”. La campagne a pu débuter car la balance bénéfice-risque est jugée positive.

“On peut vacciner les plus jeunes, mais si ça se trouve ils sont toujours aussi transmetteurs, donc ça ne sert à rien, a résumé sur franceinfo Dominique Le Guludec, présidente de la HAS. ll faut vacciner ceux qui sont la cible, ceux à qui ils peuvent le donner et qui ont un risque de forme sévère.”

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> Parmi les personnels de santé qui peuvent déjà se faire vacciner, les techniciens de laboratoire et les secrétaires médicales sont-ils inclus ?

Depuis le 5 janvier, les professionnels de santé âgés de 50 ans ou plus, ainsi que ceux présentant des risques de développer une forme grave de la maladie, peuvent se faire vacciner. Cela comprend les secrétaires médicales, les techniciens de laboratoire, les préparateurs en pharmacie, les ambulanciers, les manipulateurs radio et les pompiers. Il faut présenter un document justifiant de sa profession et de son âge, et le cas échéant, pour établir le risque ouvrant l’accès au vaccin (par exemple une ordonnance).

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> Sait-on quand le gouvernement a prévu d’ouvrir la vaccination aux personnes souffrant de pathologies dites “à risque”, comme le diabète par exemple ?

De nouveaux publics, en effet, ont été déclarés prioritaires et pourront donc bénéficier du vaccin dès lundi 18 janvier. Le ministre Olivier Véran a dévoilé jeudi soir la liste suivante, sur avis de la HAS et d’Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale : insuffisance rénale chronique sévère, cancer sous traitement, transplantés d’organe et personnes atteintes de trisomie. Ces personnes devront obtenir une ordonnance de leur médecin traitant. Cela concerne 800 000 personnes atteintes de maladies graves qui les rendent vulnérables à des formes graves du Covid-19. En revanche, le diabète n’a pas été mentionné par le ministre.

 

Les personnes âgées de 65 ans et plus pourront se faire vacciner à la fin du mois de février. (GOUVERNEMENT)

 

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> Le vaccin contre le Covid-19 est injecté en intramusculaire. Quel est le protocole pour les personnes sous anticoagulants ?

La vaccination n’est pas contre-indiquée chez les patients sous anticoagulants, à condition de prendre les précautions nécessaires. La Haute Autorité de santé en détaille quelques-unes : injection dans le muscle deltoïde, aiguille de petit calibre, pression ferme sur le point d’injection sans massage ni frottement (pendant deux minutes au moins…). Par ailleurs, le patient doit être informé du risque d’hématome avant de bénéficier du vaccin.

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> Pour les personnes séropositives, est-il important de se faire vacciner ?

Les personnes qui vivent avec le virus du VIH n’ont pas été exclues des études mais les données de ce groupe n’ont pas été incluses dans l’analyse de l’efficacité du vaccin de Moderna, par exemple. La Haute Autorité de santé recommande tout de même de leur proposer la vaccination, “quel que soit le nombre de CD4” (une protéine de surface dont le nombre détermine l’état immunitaire du patient). En Allemagne, les personnes qui vivent avec le virus du VIH sont intégrées dans le troisième groupe des personnes prioritaires. Au Royaume-Uni, elles figurent dans le sixième des neuf groupes prioritaires. En France, cette population ne fait pas l’objet d’une mesure de priorité.

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> J’ai des maladies auto-immunes. Le vaccin est-il conseillé ?

Les personnes ayant un traitement immunosuppresseur et les personnes immunodéprimées (hors VIH) ont été exclues des études cliniques, rappelle la HAS (PDF). Mais la vaccination est tout de même recommandée dans ces situations, car ces populations font partie des personnes à risque de forme grave. Il convient d’en parler avec son médecin.

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> Mon fils de 10 ans peut-il se faire vacciner ?

Ce n’est pas d’actualité. “Nous avons raisonné par ordre de priorité, et clairement les catégories jeunes ne font pas partie des plus à risque”,expliquait début décembre au Parisien Daniel Floret, vice-président de la commission technique des vaccinations de la HAS. Mais surtout, les fabricants doivent d’abord obtenir une autorisation de mise sur le marché pour cette catégorie d’âge, qui n’a pas participé aux essais cliniques menés jusqu’ici. Pour le moment, Pfizer ne dispose d’une AMM que pour les personnes âgées d’au moins 16 ans et Moderna pour les personnes âgées d’au moins 18 ans. Le premier a débuté un essai en octobre avec des participants âgés entre 12 et 15 ans. Le second n’a pas encore débuté le recrutement pour un essai sur 3 000 volontaires de 12 à 17 ans.

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Contre-indications

> La vaccination est-elle compatible avec la grossesse et l’allaitement ?

Lors des essais pré-cliniques menés par Pfizer et Moderna sur les animaux, il n’y a pas eu d’effets secondaires sur la fertilité, la grossesse ou le développement du fœtus. A ce stade, ce type d’étude spécifique n’a pas été mené chez les femmes enceintes, mais aucun événement indésirable n’a été signalé chez celles qui ont participé aux essais cliniques. Par simple mesure de précaution, des études spécifiques sont prévues et les femmes enceintes sont pour le moment exclues des campagnes de vaccination.

L’administration du vaccin ne sera envisagée que lorsque le bénéfice attendu sera supérieur au risque éventuel, ajoute l’Agence européenne des médicaments. Les autorités britanniques recommandent (PDF en anglais) par exemple aux femmes enceintes ou qui allaitent de solliciter l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant de se faire vacciner. “Par mesure de précaution, vous devriez éviter de tomber enceinte au moins deux mois après le vaccin”, est-il également mentionné. Par ailleurs, il n’existe pas encore de données sur une éventuelle excrétion de vaccin dans le lait maternel.

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> Peut-on consommer de l’alcool une fois vacciné contre le Covid-19 ?

Cette question a notamment fait l’objet d’un débat en Russie, début décembre, après des consignes gouvernementales prônant deux semaines d’abstinence avant la première injection et trois semaines après la seconde, soit deux mois au total en comptant l’intervalle. “Si vous voulez être forts et avoir une réponse immunitaire forte, ne buvez pas d’alcool”, a notamment déclaré la responsable de l’agence sanitaire russe. En France, le Haut Conseil de la santé publique avait d’ailleurs classé la surconsommation d’alcool parmi les facteurs pouvant expliquer une non-réponse au vaccin contre l’hépatite B.

Cette durée de deux mois semble toutefois exagérée et ne repose sur aucune donnée scientifique. Interrogé à ce propos par New Scientist (en anglais), le responsable du centre Gamaleïa de Moscou a simplement évoqué la nécessité d’adopter un comportement responsable, comme pour tous les vaccins, afin de laisser le corps former une réponse immunitaire dans de bonnes conditions – au moins pendant trois jours avant et après. Les fabricants Pfizer et Moderna n’ont émis aucun avertissement sur ce point, qui reste mal documenté scientifiquement.

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> Je me fais vacciner contre le tétanos, pourrai-je ensuite me faire vacciner contre le Covid-19 ?

Oui, mais la Haute Autorité de santé préconise (PDF) tout de même un intervalle minimum de 14 jours entre un vaccin contre le Covid-19 et un autre vaccin, en l’absence de données sur une administration concomitante. Il est également conseillé “de ne pas faire un autre vaccin dans l’intervalle entre les deux doses de l’un ou l’autre des vaccins”, précise l’HAS. Enfin, si le vaccin contre le Covid-19 est administré par inadvertance dans les 14 jours suivant l’administration d’un autre vaccin, il n’est pas nécessaire d’administrer une dose supplémentaire pour l’un ou l’autre de ces vaccins.

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Organisation de la campagne vaccinale

> Les CPAM vont-elles adresser un courrier, comme pour le vaccin de la grippe, aux personnes dites prioritaires ?

Un courrier d’invitation sera prochainement envoyé par l’Assurance-maladie aux personnes âgées de 75 ans et plus, département par département, afin de les informer sur le centre de vaccination le plus proche de chez elles. Ces lettres seront envoyées progressivement, afin d’éviter une saturation des centres.

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> Faut-il passer un test avant de se faire vacciner ?

Cela ne semble pas utile, sauf si vous avez été en contact avec une personne malade. Si vous avez eu le Covid-19, il suffit, comme expliqué plus haut, d’attendre trois mois après le début des symptômes, voire de prendre conseil auprès de votre médecin. Par ailleurs, la HAS ne recommande pas la réalisation d’une sérologie pour appuyer la décision de vaccination, car celle-ci “ne permet pas d’attester d’une immunité face au virus”. Il est encore difficile, à l’heure actuelle, de définir “le marqueur immunologique de protection contre le SARS-Cov-2”, détaille la Haute Autorité de santé.

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> Pourra-t-on choisir le vaccin qui nous sera administré ?

Négatif. “Aujourd’hui, nous avons deux vaccins validés, deux vaccins à ARN messager avec la même efficacité [et] les mêmes indications”, a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran sur BMFTV, le 7 janvier. “Il n’y a pas lieu de poser la question du choix”, a-t-il ajouté. “Si les indications sont les mêmes que pour les deux premiers, vous serez vaccinés par l’un ou par l’autre. On ne va pas commencer avec : ‘Moi je préfère un vaccin à virus atténué, moi un vaccin à ARN…’ On ne ne s’en sortirait pas.” Voilà qui a le mérite d’être clair.

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> Il était question de pouvoir manifester son intention de se faire vacciner, par exemple sur l’appli TousAntiCovid. Qu’en est-il ?

Le ministre de la Santé Olivier Véran, en effet, avait annoncé sur RTL que les Français souhaitant avoir accès au vaccin pourraient bientôt s’inscrire sur internet, par téléphone ou sur l’application TousAntiCovid. Ce dispositif a été lancé le jeudi 14 janvier, mais à l’attention des publics concernés, à savoir les personnes âgées de plus de 75 ans. Un numéro national a été mis en place (0800 009 110), le site sante.fr a été actualisé et il est également possible de contacter directement l’un des centres de vaccination disponibles. A ce jour, en revanche, aucun calendrier de pré-inscription n’a été communiqué pour l’ensemble de la population.

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> Pourquoi le ministre de la Santé français ne se fait-il pas vacciner devant les caméras ?

C’est un choix de communication politique. Faut-il donner l’exemple à ses compatriotes et lancer le mouvement, comme le président élu américain Joe Biden ou le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou ? Ou s’en tenir à la stratégie vaccinale adoptée, par souci de cohérence ? Le gouvernement français a choisi la seconde option. “Je n’aurai aucune difficulté à me faire vacciner, je peux même vous dire mon impatience à pouvoir être protégé par le vaccin, a déclaré fin décembre le ministre de la Santé, interrogé à ce propos sur France 2. [Mais] je suis à faible risque de forme grave, étant âgé de 40 ans, donc je laisse la place à celles et ceux qui doivent en bénéficier en priorité.” 

Et Olivier Véran de poursuivre : “Si je me faisais vacciner devant les caméras, les plus réfractaires d’entre nous diraient que ce n’est pas le vaccin qu’on m’a inoculé. D’autres diraient que j’ai pris la place d’une personne fragile.” Il a de nouveau défendu cette position, lors d’une récente audition à l’Assemblée nationale. Depuis plusieurs jours, de très nombreux professionnels de santé publient des images de leur vaccination sur les réseaux sociaux, mais ils font partie des publics concernés par la campagne.

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> Des “vaccinodromes” vont-ils être mis en place en France, comme en Allemagne ?

Cette question a fait l’objet d’un débat parfois animé entre des professionnels hospitaliers, plutôt favorables à cette option, et des médecins généralistes, qui y sont plutôt opposés. En Allemagne, certains “vaccinodromes” peuvent accueillir jusqu’à 5 000 personnes par jour, dans des espaces publics aménagés pour l’occasion. De son côté, la France privilégie la mise en route, d’ici à la fin janvier, de 600 centres médicaux – la liste est en train d’être dressée. Ils viendront en appui des hôpitaux et accompagneront le déploiement de la stratégie vaccinale, en accueillant d’abord les personnes âgées d’au moins 75 ans, en dehors des Ehpad.

>> A LIRE AUSSI. Covid-19 : les “vaccinodromes” font-ils défaut à la France ?

La campagne devrait être ouverte à tous les Français, sans restriction, vers la fin du printemps. Le gouvernement semble privilégier une vaccination de proximité. Début décembre, le Premier ministre, Jean Castex, avait souhaité que le médecin traitant “soit au cœur du dispositif”. A la fin du mois, Olivier Véran avait fait référence au précédent de la grippe H1N1, en 2009, et déclaré qu’on avait déjà “essayé [les ‘vaccinodromes’] en France” et que “ça n’avait pas marché”. Par ailleurs, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a estimé sur franceinfo que les entreprises pourraient “jouer un rôle” lors de l’ouverture de la vaccination au plus grand nombre.

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> Pourquoi n’utilise-t-on pas les pharmacies comme relais pour la vaccination ?

Cette question n’a pas encore été évoquée par les autorités sanitaires. Il est vrai que les pharmaciens peuvent réaliser certaines vaccinations depuis l’an passé. Cet automne et cet hiver, ils ont vacciné 3,6 millions de personnes contre la grippe saisonnière, selon l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). Interrogé dans Le Figaro, son président Gilles Bonnefond réclame donc que les pharmaciens aient l’autorisation de participer à la campagne contre le Covid-19. “Les statistiques montrent que 40 heures de vaccination seraient nécessaires à chaque médecin, à raison de cinq vaccins par minute, abonde sur franceinfo Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (Pas-de-Calais) et membre du collectif Du côté de la science. Il faut déléguer la tâche aux pharmaciens.”

Ce recours aux pharmacies, toutefois, semble plus aisé à mettre en route avec le vaccin développé par AstraZeneca, pour des raisons logistiques liées à la conservation des vaccins à ARNm.

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Vie sociale et voyages

> Si nous nous faisons vacciner, allons-nous avoir un “passeport vaccinal” ?

Dominique Le Guludec, présidente de la Haute Autorité de santé, a affirmé sur franceinfo que ce n’était pas à l’ordre du jour : “Nous ne nous sommes pas penchés sur cette question parce que, tout bêtement, on ne sait pas si ce vaccin bloque la transmission, ça n’a donc pas de sens.” Et même en cas de données convaincantes sur le blocage de la transmission, cette question restera débattue.

Après des protestations, le gouvernement a déjà remballé fin décembre un projet de loi sur les urgences sanitaires, qui prévoyait la possibilité future de “subordonner” certains déplacements et activités à la présentation d’un test négatif, d’un vaccin ou d’un traitement. Une telle mesure pourrait être “conforme aux droits fondamentaux, mais à certaines conditions assez exigeantes, explique à franceinfo Serge Slama, professeur de droit public à l’université de Grenoble-Alpes.

>> A LIRE AUSSI. Covid-19 : le passeport vaccinal serait-il légal ?

Le gouvernement a toujours répété que le vaccin ne serait pas obligatoire, mais un éventuel “passeport” vaccinal pourrait changer la donne. Par ailleurs, il faudrait d’abord rendre ce vaccin accessible à tous, prévoir des dérogations pour ceux qui ont des contre-indications médicales et préciser le champ d’application d’un tel sésame. Il faudrait également préciser la manière dont les contrôles seront réalisés, et quelle preuve utiliser (carnet de vaccination, application…). La question des données médicales est sensible.

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> Une personne vaccinée contre le Covid-19 aura-t-elle toujours besoin de porter un masque ?

Oui. Au bénéfice du doute, une personne vaccinée devra continuer à porter le masque et à respecter les gestes barrières. Les chercheurs tentent de savoir si les anticorps induits par le vaccin ont la capacité de se projeter rapidement dans les muqueuses nasales, avant que le virus n’ait le temps de s’y répliquer et d’être transmis par voie aéroportée à un autre individu. Certains laboratoires planchent d’ailleurs sur des vaccins nasaux, qui permettraient de monter la garde très tôt en cas d’infection.

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> Devra-t-on se faire vacciner tous les ans ?

Ce n’est pas exclu. “Il est possible que la Covid-19 devienne une maladie à recrudescence saisonnière comme la grippe, explique la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), ce qui pourrait justifier l’obtention d’une immunité à long terme”. Il faudra donc surveiller deux paramètres : la durée de l’immunité induite par le vaccin, mais aussi l’évolution du virus. Si l’organisme n’est plus capable de reconnaître d’éventuels variants, il faudra alors adapter le vaccin en conséquence.

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> Le vaccin sera-t-il imposé plus tard pour les voyages internationaux ?

Le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a répondu “plutôt non” à cette question, lundi sur LCI. Mais l’Association du transport aérien international élabore depuis l’an passé un “travel pass” (“passeport pour voyager”) utilisable sur smartphone. Celui-ci permettrait de prouver sa vaccination aux compagnies aériennes et aux douanes. “Je ne pense pas qu’une compagnie aérienne, de son propre chef, ait la compétence juridique pour imposer ça à des passagers sans que ça ait été avalisé par des autorités administratives”, rappelait toutefois Guy-Pierre Caron, avocat au barreau de Paris, sur France 2. A ce jour, aucun pays n’a introduit l’obligation de présenter un document prouvant sa vaccination. Enfin, le comité d’urgence de l’OMS s’est exprimé contre un certificat de vaccination nécessaire aux voyages internationaux.

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 Source: Vaccins contre le Covid-19 : voici les réponses aux 41 questions les plus fréquentes que vous vous posez

Covid-19 : les écoles vont-elles fermer ? | Dossier Familial

Jean Castex se refuse à utiliser cet outil. La fermeture des établissements scolaires comme moyen de lutter contre la propagation de l’épidémie de Covid-19 ne sera mise en œuvre qu’en cas de nécessité, a fait savoir le Premier ministre dans sa dernière conférence de presse, jeudi 7 janvier.

Pour lui, « il faut vraiment que la situation sanitaire soit gravissime pour fermer les écoles, car nous savons que les conséquences, y compris sanitaires, de la fermeture des écoles, sont absolument dramatiques ».

« Nous suivons tous les jours la situation des clusters dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées, qui je le rappelle ont déjà vu leur fonctionnement allégé avant les vacances de Noël », a affirmé le chef du gouvernement. « Par rapport à ce qui se passe en Grande-Bretagne, décision a été prise, dès que nous avons eu les premières données, de renforcer la surveillance épidémiologique et les tests dans les écoles », a indiqué Jean Castex, en référence au variant britannique du coronavirus.

« Nos enfants ne sauraient être durablement privés d’instruction »

Le Premier ministre s’appuie sur l’expérience du premier confinement, marqué par une pratique massive de l’enseignement à distance. Les établissements avaient accueilli les enfants de certains professionnels considérés comme étant mobilisés dans la crise sanitaire, tels que les policiers ou les soignants. La fermeture à la plupart des élèves avait contribué à la hausse du décrochage scolaire et des violences domestiques. Elle avait produit des effets sanitaires et psychologiques négatifs. Elle avait de surcroît pénalisé l’activité économique : les parents en télétravail pouvaient être amenés à s’occuper de leurs enfants plus longuement que d’ordinaire.

« Nos enfants ne sauraient être durablement privés d’instruction, d’éducation, de contact avec le système scolaire. Trop de conséquences, trop de dégâts, en particulier pour les plus modestes », a jugé Emmanuel Macron le 28 octobre, dans son discours annonçant la mise en œuvre d’un second confinement le surlendemain.

« En tant que parents, nous souhaitons la continuité éducative », explique ce lundi à Dossier Familial Ghislaine Morvan Dubois, présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) Paris et coordinatrice du comité régional de l’organisation en Île-de-France. « Le premier confinement a été dramatique pour les enfants, aucun parent ne veut le revivre, mais il faut les meilleures conditions sanitaires possibles pour éviter que les enfants contaminent les enseignants ou leur famille », dit Ghislaine Morvan Dubois. Si généralement les enfants ne développent pas des formes graves du Covid-19, ils sont susceptibles de transmettre le virus à d’autres personnes.

Un risque particulier dans les cantines

Les restaurants collectifs, dont les cantines scolaires, sont « actuellement les seuls restaurants de France ouverts », a observé auprès de 20 Minutes Michaël Rochoy, médecin généraliste et chercheur en épidémiologie. De son point de vue, il faut recourir à d’autres outils, comme « des repas en classe, ou dans des lieux séparés et non dans un même lieu commun, pour éviter les brassages entre les différentes classes ».

« Il n’y a pas de solution miracle : on pourrait envisager d’étaler les repas, mais cela empiéterait sur les cours, estime Ghislaine Morvan Dubois. Outre les repas, il y a d’autres moments où on enlève le masque, comme, pour les plus grands, le moment où des lycéens fument dehors. » 

Pour la présidente de la FCPE Paris, « les acteurs doivent se mettre ensemble pour trouver des systèmes de protection ». En attendant, Ghislaine Morvan Dubois déplore « le manque d’information et le manque d’anticipation » dans la gestion de la crise sanitaire. Selon elle, les rectorats doivent diffuser des données sur la situation sanitaire dans chaque établissement, pour assurer « une information claire et transparente », et le ministère de l’Education nationale doit prévoir des seuils précis, quelle que soit la région, justifiant de nouvelles mesures.

Un impact favorable sur l’épidémie

L’exécutif ne nie pas l’impact favorable de la fermeture des établissements scolaires sur l’épidémie. Une étude réalisée par des chercheurs helvétiques démontre les effets positifs de la mesure prise en Suisse durant environ deux mois en 2020. « Notre analyse confirme que la fermeture des écoles est une mesure qui permet de réduire la vitesse de circulation du virus par la réduction des déplacements », a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP), Stefan Feuerriegel, professeur d’informatique et gestion à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), qui a dirigé cette étude, non relue par des pairs. « Si les écoles sont fermées, on peut espérer un grand changement dans les comportements », a précisé Stefan Feuerriegel.  « Non seulement les enfants restent à la maison, mais ça implique aussi parfois un changement pour les parents. »

Source: Covid-19 : les écoles vont-elles fermer ? | Dossier Familial

Covid-19: l’assouplissement du télétravail suscite des inquiétudes | Le HuffPost

EMPLOI – Pour certains salariés, ce jeudi 7 janvier sera peut-être le premier jour de retour au travail en présentiel depuis fin octobre, période à laquelle le télétravail avait de nouveau été généralisé. Une règle que la ministre du Travail, Elisabeth Borne a souhaité assouplir dès ce jeudi dans le cadre du nouveau protocole sanitaire en entreprise.

Les salariés en télétravail à 100% peuvent désormais revenir sur site un jour par semaine, sur la base du volontariat et avec l’accord de l’employeur. Une promesse faite par la ministre dès la mi-décembre mais qui intervient dans une situation épidémiologique jugée pour le moment “intermédiaire” et alors que les autorités surveillent de près les chiffres après le brassage des fêtes de fin d’année.

À en croire Elisabeth Borne, même “s’il faut privilégier le télétravail”, cet assouplissement se justifie par la détresse psychologique et l’isolement des salariés en télétravail. “Nos études montrent que plus de six salariés sur dix en télétravail à 100% depuis novembre souhaitent revenir dans l’entreprise au moins une journée par semaine”, a-t-elle par ailleurs justifié dans Le Journal du Dimanche.

Détresse des salariés et lien social

De fait, depuis le début de la crise du coronavirus et la mise en place du télétravail, de très nombreuses études pointent le risque qu’engendre sur la santé mentale des salariés le travail à distance. Cela semble même être un facteur aggravant, jugeait un baromètre réalisé par Opinionway juste avant le reconfinement pour le cabinet franco-canadien Empreinte Humaine. 58% des salariés en télétravail à temps complet sont en détresse psychologique contre 53% des salariés en situation hybride (mêlant distanciel et présentiel).

Gage que la situation ne s’est pas améliorée depuis, un nouveau baromètre publié mi-décembre estimait que la santé mentale des salariés “n’a jamais été aussi basse” depuis le début de la crise sanitaire et particulièrement depuis le deuxième confinement. Des chiffres qui s’inscrivent dans un contexte général très dégradé puisque 50% des salariés se trouvent en détresse psychologique, dont 20% en détresse élevée.

Outre le climat anxiogène porté par la crise du coronavirus, qui traîne en longueur, une telle détresse peut s’expliquer en partie par l’importance du lien social que revêt le travail. Selon une étude de l’institut OpinionWay, pour Microsoft France, 40% des actifs français considèrent le lien social comme source de bonheur au travail.

“Le travail est aussi vécu comme une nécessité pour sortir de chez soi, de ce qu’on a en tête, avoir le sentiment qu’on contribue à satisfaire le besoin d’autrui. C’est quelque chose qui est réparateur psychologiquement. Mais tout cela disparaît en télétravail et, à l’inverse, on observe une montée en abstraction extrêmement forte. Ce sentiment d’être inséré dans un milieu de travail, dans un collectif où est validé votre travail, où l’on peut partager ses doutes et ses fiertés, cela n’existe plus”, expliquait déjà en septembre au HuffPost, la sociologue du travail et directrice de recherche émérite au CNRS Danièle Linhart,

Les entreprises saluent une “soupape”

Premières concernées par cet assouplissement, les entreprises ont plutôt tendance à saluer cette “soupape”. “On sent bien qu’au bout d’un certain temps, il y a un risque d’isolement clair. Cette journée de soupape, comme l’a qualifiée la ministre, est donc une bonne nouvelle”, observe pour Le Monde, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef. Idem pour la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). François Asselin, son président, contacté par le HuffPost, abonde: “On voit bien aujourd’hui que les gens demandent à pouvoir revenir sur site à retrouver du lien social, la visioconférence est en train de montrer ses limites et puis les gens ont besoin de faire équipe physiquement”. Pour autant, assure-t-il dans les TPE et PME, “cela ne va pas changer grand-chose. Le dialogue social est plus facile dans les petites entreprises et il y avait déjà des salariés qui revenaient sur site”.

L’annonce est plutôt bien reçue par le patron de la CFDT, Laurent Berger, ”à condition qu’on ne revienne pas dessus dans huit jours”, plaide-t-il dans Le Monde. Du côté de la CFTC et de la CFE-CGC, on met l’accent sur la nécessité d’assurer la sécurité des salariés et de faire confiance aux partenaires sociaux.

Inquiétudes sanitaires

Lorsqu’elle avait évoqué à la mi-décembre la possibilité de revenir sur site un jour par semaine dès le 7 janvier, Elisabeth Borne avait soumis son application à la situation sanitaire. Cette dernière est aujourd’hui pointée du doigt par de nombreux spécialistes alors que le ministre de la Santé, Olivier Véran a refusé d’écarter complètement un nouveau reconfinement. “Si je vous disais ‘nous ne reconfinerons pas’,  je m’inclurais de fait dans la catégorie des prédictologues, dont je ne fais pas partie”, a-t-il précisé sur RTL.

Épidémiologistes et médecins alertent face à un timing risqué et aux situations de reconfinement en Angleterre et en Allemagne. Le praticien hospitalier en épidémiologie et en santé publique, Mahmoud Zureik, n’hésite pas tacler la ministre, la jugeant “systématiquement à contre-courant”. Hélène Rossinot, médecin de santé publique lui emboîte le pas.

“On a fermé les restaurants car les repas sont des moments à risque élevé de contamination. Ce n’est pas pour envoyer les salariés au travail, où ils mangent ensemble. Il y a une incohérence totale”, déplore Michaël Rochoy, médecin généraliste et cofondateur du collectif Stop-Postillons, sur Yahoo Actualité.

“La situation est tendue partout en Europe, ce n’est pas du tout le moment. Evidemment c’est très compliqué pour certains salariés, et s’il reviennent, il faudra que ça ne soit pas tous en même temps et l’employeur soit extrêmement attentif au respect des gestes barrières. Le danger c’est aussi que certains employeurs fassent pression sur leurs salariés pour qu’ils reviennent sur site”, explique Antoine Flahaut, médecin épidémiologistes et professeur à l’université de Genève, contacté par Le HuffPost. 

Dans la deuxième moitié de décembre, de nombreux avis scientifiques ont préconisé de continuer à privilégier le travail, que ce soit le Conseil scientifique, dans un avis du 12 décembre, ou l’épidémiologiste, Dominique Costagliola, le 27 décembre sur Europe 1, qui évoquait la “nécessité de maintenir” le télétravail à 100 % jusqu’à fin janvier au moins. Une étude menée par l’épidémiologiste et membre du Conseil scientifique, Arnaud Fontanet, a montré que le recours au télétravail permettait une diminution des contaminations de 30%. “Pour l’instant, le niveau de circulation du virus est trop élevé pour qu’on se lance sur des allègements”, estimait-il d’ailleurs sur Franceinfo ce lundi.

Un message entendu par Elisabeth Borne? La ministre du Travail a précisé que contrairement à ce qui était prévu le 20 janvier, les partenaires sociaux ne prendront pas la main pour définir dans le dialogue social un nombre minimal de jours de travail sur site.

À voir également sur Le HuffPost: En plein coronavirus, on a tous envie de s’enfermer dans les bulles de cette artiste

Source: Covid-19: l’assouplissement du télétravail suscite des inquiétudes | Le HuffPost

L’appel des médecins pour une vaccination plus rapide – Le Parisien

Il y a urgence ! Faisons de la vaccination anti-Covid une grande cause nationale !

« Existe-t-il en fait un chemin direct, quelque part ? » s’est un jour demandé Kafka. Pas en France en 2021 semble-t-il. Et certainement pas à propos de notre stratégie vaccinale.

Alors qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, le Royaume-Uni est en passe d’atteindre le million de vaccinés, que 265 000 personnes ont déjà été vaccinées en Allemagne et 128 000 en Italie, la France, après une campagne débutée à la même date que ses partenaires de l’UE, affiche seulement quelques centaines d’heureux élus.

Ce lent démarrage a été initialement assumé par les autorités françaises, le 29 décembre au JT de France 2, et par le Pr Alain Fischer, le Monsieur vaccin annoncé de cette campagne. Il a connu une première accélération 48 heures plus tard, avec la possibilité donnée aux soignants de 50 ans et plus de se faire vacciner dès le lundi 4 janvier, suivie d’une deuxième, sous la pression de nombreux médecins, le 2 janvier, via l’ouverture de la vaccination aux professionnels de santé libéraux de plus de 50 ans.

La stratégie initiale validée par la Haute Autorité de Santé (HAS) consistait en effet à débuter par les personnes les plus à risque, en Ehpad, afin d’épargner les vies les plus fragiles, avant d’endiguer l’épidémie en vaccinant progressivement le reste de la population.

Mais le système s’est enrayé d’emblée : la procédure de consentement, les multiples consultations nécessaires, les délais et refus ont rapidement montré les limites d’un système inadapté à l’urgence de la situation et aux attentes du grand nombre.

Il n’existe aucune raison scientifique ou médicale de retarder le déploiement à grande échelle de la vaccination. Le vaccin est approuvé en France, après avoir été évalué selon les règles les plus strictes de la recherche clinique et avoir été administré à plus d’un million de personnes. Les risques du vaccin sont minimes et majoritairement liés à la réaction immunitaire (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires), alors que les bénéfices prouvés sont immenses : prévention de la maladie Covid-19, y compris des formes graves, avec des données récentes suggérant également une diminution du risque de transmission du virus. Ainsi, la balance bénéfices/risques du vaccin est extrêmement favorable à la vaccination : moins de transmission, moins de cas potentiellement sévères, ce qui en fait un vrai moyen d’endiguer la pandémie. En outre, plus de 40 % de la population a déjà déclaré désirer se faire vacciner, et nombreux sont les citoyens qui attendent un réel démarrage de la campagne pour y adhérer.

Pourquoi ne vaccine-t-on pas simplement ? Comme les Israéliens, les Anglais ou les Allemands ?

Plutôt qu’une campagne vouée à l’échec, nous demandons :

Que la vaccination contre le Covid-19 soit décrétée Grande Cause Nationale.

– Que la logistique de l’opération soit confiée à une « Task force vaccinale », qui dispose des pouvoirs les plus étendus possibles et qui rende compte de son action de façon transparente quotidiennement.

– Que soit garanti un accès à la vaccination généralisée à tous les soignants volontaires et à toutes les personnes de plus de 65 ans, puis rapidement à l’ensemble de la population sur l’ensemble du territoire français, au sein de centres de vaccinations associant des professionnels ayant l’habitude de vacciner (infirmiers, pharmaciens, médecins remplaçants, installés ou retraités volontaires).

– Que de nouvelles commandes de vaccins disponibles soient effectuées de façon massive, “quoiqu’il en coûte” pour reprendre les mots du Président et sans attendre d’hypothétiques vaccins en développement, ce qui en l’état actuel des choses, serait criminel.

– Que des usines françaises et européennes puissent bénéficier en urgence d’un licensing Pfizer-BioNTech ou Moderna, afin de produire rapidement les doses nécessaires et faciliter la logistique de distribution.

– Que soient allégés les protocoles de dispensation, en traitant ce vaccin comme tout médicament ou vaccin ayant été homologué et disposant d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM)

– Que soit organisée l’utilisation des éventuels surplus de fin de journée afin de minimiser les pertes de vaccin (comme fait en Israël)

– Que soit garantie une totale transparence, avec publication d’un tableau de bord vaccinal, incluant les doses en stock et administrées, et la couverture nationale, régionale, départementale et locale.

– Que soit garanti un respect complet des protocoles vaccinaux validés par les études actuelles de phase III, notamment les deux doses d’un produit identiques, en anticipant les stocks nécessaires, sauf évolution des connaissances scientifiques, contexte très particulier ou urgence extrême.

– Que soit lancée en urgence une nouvelle campagne de communication sur les risques de la transmission du virus, notamment aérosol, ainsi que sur les bienfaits avérés de la vaccination, dans l’attente d’une couverture vaccinale suffisante.

La vaccination doit se concevoir aujourd’hui comme une course contre la montre, afin que la couverture vaccinale s’étende plus vite que l’inexorable nouvelle progression des cas de Covid-19.

Et même si ce vaccin, qui n’est certes pas obligatoire, suscite l’inquiétude de certains de nos concitoyens, la puissance publique a le devoir de répondre rapidement aux attentes des millions de Français qui attendent avec impatience d’être vaccinés.

Il faut donc agir, et agir vite.

Liste des signataires : Pr Fréderic Adnet, professeur de médecine d’urgence, SAMU 93 et urgences, hôpital Avicenne, Bobigny ; Pr Thierry Baubet, professeur de psychiatrie, chef de service psychiatrie addictologie, hôpital Avicenne, Bobigny ; Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie, Strasbourg ; Dr Jean-Baptiste Blanc, médecin généraliste, Paris ; Dr Matthieu Calafiore, médecin généraliste, maître de conférences, directeur du département de médecine générale de la faculté de Lille ; Dr Franck Clarot, médecin légiste, radiologue, vice-président de la Fédération nationale des médecins radiologues (76), Rouen ; Collectif Du Côté de la Science (@Cote_Science) ; Dre Corinne Depagne, médecin pneumologue, Lyon ; Dr Dominique Dupagne, médecin généraliste, blogueur ; Dr Jonathan Favre, médecin généraliste, cofondateur du collectif Stop-Postillons, Villeneuve-d’Ascq ; Dr Laurent Fignon, praticien hospitalier, gériatre, Cannes ; Dr Jean-Daniel Flaysakier, médecin, journaliste ; Pr Germain Forestier, professeur des universités en Informatique ; Pr Stéphane Gaudry, professeur de médecine intensive réanimation, GHU 93 ; Pr Guillaume Gorincour, radiologue, vice-président du Conseil départemental de l’Ordre national des médecins (13) ; Aurélie Jean, docteure en sciences et entrepreneure ; Dr Stéphane Korsia-Meffre, vétérinaire, rédacteur médical ; Pr Karine Lacombe, infectiologue, cheffe de service des maladies infectieuses et tropicales, Sorbonne Université, hôpital Saint-Antoine Paris APHP ; Dr Yvon Le Flohic, médecin généraliste ; Dr Christian Lehmann, médecin généraliste, écrivain ; Dr Jérome Marty, médecin généraliste, président de l’Union française pour une médecine libre (UFMLS) ; Philippe Moreau Chevrolet, professeur à Sciences Po Paris ; Dr François Xavier Moronval, médecin urgentiste ; Dr Jimmy Mohamed, médecin généraliste ; Dr Nathan Peiffer-Smadja, infectiologue, coordinateur du Réseau des Jeunes Infectiologues ; Dr Bruno Rocher, psychiatre addictologue, médecin responsable de l’espace Barbara, CHU Nantes ; Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste, cofondateur du collectif Stop-Postillons, Outreau ; Dr Hélène Rossinot, médecin spécialiste de santé publique, Nancy ; Barbara Serrano, consultante indépendante et maîtresse de conférences associée à l’Université de Versailles Saint-Quentin ; Dr Florian Zores, cardiologue libéral ; Pr Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’Université de Versailles Saint-Quentin.

Source: L’appel des médecins pour une vaccination plus rapide – Le Parisien

La vaccination anti-covid ouverte aux professionnels de santé libéraux de plus de 50 ans

 

illustrationFace à la multiplication des critiques contre la lenteur de la campagne vaccinale anti-covid-19, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé sur twitter que les professionnels de santé libéraux de plus de 50 ans qui le souhaitent pouvaient se faire vacciner dans les hôpitaux.

Cette campagne de vaccination ciblant les soignants de plus de 50 ans a débuté le 2 janvier à l’hôtel-Dieu à Paris ainsi que dans d’autres établissements de l’AP-HP. Infirmières, aides-soignants, médecins, pharmaciens, une centaine de soignants sont ainsi venus se protéger contre la Covid-19, mais aussi très clairement montrer l’exemple.

Claire Poyart, la représentante des médecins de l’Hôtel-Dieu est une des premières à avoir reçu sa première dose du vaccin fabriqué par BioNtech. Pour elle il s’agit avant tout d’un geste militant. « Aujourd’hui, je suis venue pour convaincre mes collègues, les soignants, l’ensemble du personnel de l’hôpital à se faire vacciner. »

« J’ai des enfants qui ont eu le Covid, j’ai aussi des parents qui sont morts du Covid. Donc c’est une maladie qui est gravissime, et il faut se faire vacciner, je n’ai aucun doute. » Explique-t-elle pour FranceInfo.

Un calendrier de vaccination avancé d’un mois.

« C’est une très bonne chose que le calendrier soit accéléré, car les professionnels de santé sont particulièrement exposés, et ce serait étrange pour une personne lambda de se faire vacciner par un médecin qui ne l’aurait pas encore été », approuve Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau pour le Parisien.

Initialement prévue à la fin du mois, l’ouverture de la vaccination aux professionnels de santé libéraux a été avancée pour répondre à la multiplication de critiques face à la lenteur de la campagne vaccinale. Le recueil du consentement du patient et son maintien en observation pendant 15 minutes après l’injection induisent des lourdeurs administratives qui sont pointées du doigt par de nombreux observateurs politiques, mais aussi par des médecins.

Le professeur Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital Georges Pompidou, qui s’est fait vacciner ce lundi a évoqué une déroute, déplorant que le gouvernement n’avait ni la confiance des français ni la logistique organisationnelle pour répondre à l’urgence de la situation.

Pour BFMTV, Christophe Prudhomme, porte-parole de l’association des médecins urgentistes de France dénonce une opération médiatique. « Combien de personnes ont été vaccinées ce vendredi ? Quatre, cinq, dix ? Ce n’est pas sérieux, nous prenons du retard par rapport à de très nombreux pays. »

Au 2 janvier la France avait vacciné 516 personnes contre plus de 200 000 en Allemagne

Une centaine de centres de vaccination de ville à mettre en place

Si le calendrier de vaccination a été avancé, il reste encore à résoudre le casse-tête logistique imposé par les conditions de conservation du vaccin à ARN messager. Car pour le moment l’offre de vaccination est accessible uniquement dans les grandes structures hospitalières et pas dans toutes les régions. Certains hôpitaux n’ont pas les doses alors que d’autres attendent leur congélateur.

Tout en restant évasif sur le sujet, le ministre a promis que près d’une centaine de centres dédiés à la vaccination ouvrirait la semaine prochaine sur tout le territoire.

 Source: La vaccination anti-covid ouverte aux professionnels de santé libéraux de plus de 50 ans

COVID-19 : une erreur de réveillonner à 6 adultes

Le cofondateur de « Stop Postillons », Michaël Rochoy estime que la limite fixée à six adultes pour le réveillon, est une erreur. Il estime que les enfants doivent aussi être comptés.

Lors de son discours relatif aux nouvelles mesures prises à partir du 15 décembre, Jean Castex a fait savoir qu’il ne faudrait pas être plus de six adultes à table, lors du réveillon de Noël. Le nombre d’enfants est, quant à lui, illimité, ce qui est une erreur aux yeux de Michaël Rochoy, cofondateur de « Stop Postillons ».

Les enfants, vecteurs de contaminations

Ce médecin généraliste pointe du doigt ce qui lui parait être une grosse erreur de la part du gouvernement. En effet, celui-ci a abaissé l’obligation de porter le masque dès l’âge de six ans.

Ainsi, les enfants peuvent être soit contaminants, soit contaminés. Pour Michaël Rochoy, qu’importe les pourcentages. À ses yeux, un enfant a les mêmes risques qu’un adulte de contaminer ou d’être infecté par quelqu’un d’autre.

Si on estime que les enfants sont aussi vecteurs de l’épidémie, pourquoi ne pas les prendre en compte pour les réunions de famille à Noël ?

Car le gouvernement instaure une limite de six adultes à table, sans toutefois limiter le nombre d’enfants.

Le cofondateur de « Stop Postillons » estime que c’est une erreur de mettre tous les enfants, quel que soit leur âge, dans le même sac. Pourtant, ces enfants ne représentent pas le même danger, s’ils ont deux mois ou quinze ans.

L’appel au bon sens

Le médecin généraliste considère que les enfants sont davantage contaminants que les adultes. En effet, pour lui, de par leur proximité en lieu clos, surtout à la cantine, ils risquent de se contaminer, et devenir eux-mêmes des supercontaminants.

Sans annuler les fêtes de fin d’année pour autant, Michaël Rochoy recommande aux Français de surtout faire appel à leur bon sens.

Par exemple, si les six adultes sont tous sujets au télétravail, le risque sera moindre que 6 adultes qui travaillent à l’extérieur de leur domicile.

Il conseille fortement aux gens de considérer les enfants comme des vecteurs de contaminations, au même titre que les adultes.

Source: COVID-19 : une erreur de réveillonner à 6 adultes

« Obliger les salariés à risque de forme grave de Covid-19 à travailler : un contresens économique et sanitaire »

Tribune. Alors que, semaine après semaine, plus de 80 % des patients hospitalisés en réanimation pour Covid-19 sont des personnes à risque et que le principe de protection des personnes les plus vulnérables est régulièrement réaffirmé comme étant un pilier de la stratégie de lutte contre l’épidémie, un décret publié le 10 novembre limite pourtant de façon drastique l’accès au chômage partiel des travailleurs à risque de forme grave de Covid-19. Il exclut des pathologies pourtant reconnues par le Haut Conseil de la santé publique comme entraînant les risques les plus élevés, par exemple l’insuffisance rénale, la trisomie 21 ou le cumul de plusieurs facteurs de risque.

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Ce décret prévoit aussi que, parmi les salariés vulnérables, seuls ceux ne pouvant bénéficier ni du télétravail ni de « mesures de protection renforcées » sur leur lieu de travail peuvent accéder au chômage partiel. Problème : ces mesures de protection sont insuffisantes au regard des connaissances actuelles sur les risques de transmission. Aucune mention de l’aération ou de la filtration de l’air des lieux de travail, distanciation recommandée à 1 mètre alors qu’on sait qu’au moins de 2 mètres à 2,5 mètres sont nécessaires et que 8 mètres carrés sont désormais préconisés dans les commerces, etc.

Les personnes vulnérables qui ne se sentiraient pas en sécurité « sur site » ont la possibilité de saisir le médecin du travail, dans le cadre d’une procédure inévitablement conflictuelle et donc dissuasive, tant les risques de discrimination qui pèsent sur elles sont élevés. Alors qu’on sait désormais que le foyer est le principal lieu de contamination, les proches des personnes vulnérables, vecteurs en puissance de transmission du virus, restent exclus des dispositifs de protection depuis le 29 août, malgré l’accélération de l’épidémie ayant donné lieu au reconfinement du 30 octobre.

Des situations intenables

Ce décret est un bien mauvais coup porté à ces invisibles de l’épidémie, menacés par un virus pour eux hautement pathogène ou mortel, qui vivent, depuis neuf mois, dans une anxiété majeure, un confinement volontaire rigoureux. L’Etat les place dans la situation intenable – et bien peu éthique – de devoir choisir entre la préservation de leur santé et leur travail, dont dépendent leurs ressources.

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Cette pression risque encore de s’accroître avec le prochain désengagement de l’Etat sur le chômage partiel, qui prévoit la diminution de l’indemnisation des salariés et l’augmentation de la part à la charge de l’employeur. Le retour au travail sur site sera de facto incité.

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Source: « Obliger les salariés à risque de forme grave de Covid-19 à travailler : un contresens économique et sanitaire »

Covid-19 : ne pas compter les enfants à Noël, une erreur selon un collectif de médecins | Santé Magazine

Alors que la question du réveillon de Noël est dans toutes les têtes, un avis du Haut conseil de santé publique est attendu en début de semaine quant aux préconisations au sujet du nombre de personnes “acceptable” autour de la table les 24 et 25 décembre prochains.

Lors de sa conférence de presse du jeudi 3 décembre, le premier ministre Jean Caster a déclaré qu’il “paraît raisonnable” de “recommander une jauge de 6 adultes, sans compter les enfants”.

Interviewé par nos confrères de 20minutes,  Michaël Rochoy, médecin généraliste et cofondateur du collectif « Stop Postillons », estime que c’est un erreur que de ne pas comptabiliser les enfants.

Le gouvernement a reconnu que les enfants pouvaient être contagieux et contaminants, notamment en abaissant l’âge du port du masque de 11 à six ans. C’est désormais un fait acté pour tout le monde que les enfants sont transmetteurs, bien que le gouvernement s’y soit farouchement opposé, ainsi que la société française de pédiatrie. Maintenant que ce fait est reconnu, que les règles à l’école vont enfin dans le bon sens, cette décision pour Noël est d’autant plus incompréhensible. La seule argumentation scientifique serait que le virus serait plus sympa le jour de Noël et qu’il mute comme un lutin”, ironise ainsi le généraliste.

Si cette jauge de 6 personnes sans compter les enfants est maintenue, ça signifie concrètement qu’une réunion de famille à 16 dont 10 enfants quel que soit leur âge est tout autant possible qu’une réunion à six adultes avec un nourrisson. Or, un nouveau-né n’échange pas autant avec autrui qu’un enfant de 10 ou 15 ans. Pour le Dr Rochoy, le gouvernement met ainsi “dans le même sac tous les enfants et adolescents sans distinction, quel que soit leur âge ou leurs rapports sociaux, ce qui “ne repose absolument sur aucun fondement scientifique”.  “On ne peut pas faire comme si c’était pareil un Noël à six adultes et un enfant et un Noël à six adultes et quinze enfants”, déclare encore le Dr Rochoy.

Le cofondateur de “Stop Postillons”, qui réclamait dès septembre le port du masque chez l’enfant de moins de 6 ans, estime qu’être peu symptomatique voire asymptomatique ne veut pas dire non contagieux. Il considère même que les enfants constituent peut-être “la principale menace de transmission”, notamment du fait qu’ils “se croisent et se contaminent à l’école, a fortiori à la cantine, qui est un lieu clos sans masque donc supercontaminant” .

Concernant la jauge “acceptable” de personnes pour le réveillon de Noël, le médecin généraliste suggère plutôt du cas par cas et du bon sens : six adultes en télétravail ont moins de risque de se contaminer entre eux que six adultes qui travaillent en présentiel et avec deux ou trois enfants par foyer. Il invite en tout cas tout un chacun à ne pas sous-estimer le rôle des enfants dans la transmission du virus.

Pour en savoir plus sur le coronavirus, la rédaction vous invite à découvrir ses articles plus complets et mis à jour régulièrement :

Source: Covid-19 : ne pas compter les enfants à Noël, une erreur selon un collectif de médecins | Santé Magazine

« Admettre l’ampleur de l’épidémie de Covid-19 pour poser la question démocratique »

Tribune. Depuis le 29 octobre, la France est à nouveau confinée. Comme pour le confinement national du 17 mars, le pays a été pris de court par l’annonce. Pourtant, au vu des décisions politiques prises depuis juillet, celle-ci semblait inéluctable à toutes celles et tous ceux, dont le conseil scientifique, qui analysent l’épidémie avec des outils autres que leur idéologie ou leur propre intérêt. Le reconfinement signe un double échec, celui du contrôle de l’épidémie, mais aussi celui du débat démocratique, qu’il est urgent d’ouvrir.

Tant que la population ne sera pas immunisée, un relâchement des interventions non pharmaceutiques (port du masque, gestes barrières, télétravail…) conduira à un redémarrage de l’épidémie. Ce redémarrage s’est produit en France courant juillet. Les modèles faisaient craindre qu’il ne se manifeste plus tôt, mais la fermeture des écoles et le télétravail massif du mois de juin l’ont retardé. En juillet-août, télétravail, restrictions de déplacement, distanciation physique : à part le port du masque, presque toutes les précautions ont été abandonnées, atténuées heureusement par l’été et la vie au grand air, qui dilue les particules virales.

Culpabilisation individuelle

La rentrée de septembre a été marquée par la continuation de l’insouciance de l’été. Le télétravail a été quasiment abandonné, les cantines rouvertes, les transports en commun trop souvent bondés. La reprise dans les écoles s’est faite presque comme avant l’épidémie. Quant aux collèges et lycées ou universités, si le port du masque a été instauré, aucune réflexion sérieuse n’a été faite sur le nettoyage des locaux, leur ventilation, le filtrage de l’air, les temps de restauration collective… ou, tout simplement, le suivi de la propagation du virus (un élève n’étant déclaré cas contact que s’il avait passé plus de trois heures sans masque avec un autre élève testé positif). Le gouvernement s’est contenté d’éteindre le feu quand il était trop visible, comme, par exemple, à Bordeaux et à Marseille en septembre, et de jouer sur la culpabilisation individuelle mais a, finalement, laissé l’épidémie se propager exponentiellement.

Dès le mois d’août, toutes les personnes qui voulaient bien analyser quantitativement les données épidémiologiques de manière honnête voyaient le redémarrage.

Aujourd’hui, les services de soins critiques sont saturés et les premières analyses laissent à penser que la seconde vague épidémique sera aussi meurtrière que la première. Mais, contrairement à mars, impossible de dire qu’on ne savait pas, qu’on n’a pas eu le temps de se préparer. Dès le mois d’août, toutes les personnes qui voulaient bien analyser quantitativement les données épidémiologiques de manière honnête voyaient le redémarrage. Plusieurs équipes ont pointé le risque d’une saturation des hôpitaux en novembre. Même le conseil scientifique a, très officiellement et publiquement, tiré la sonnette d’alarme dès août. Mais, aveuglement ou cynisme, ces alertes n’ont pas été prises au sérieux par le gouvernement ou le président Macron.

Loin des recherches rigoureuses menées dans différents laboratoires et hôpitaux, les médias ont donné la parole, jusqu’à l’écœurement, à divers tribuns plus ou moins scientifiques, le plus souvent sans aucune compétence en épidémiologie des maladies infectieuses ou en modélisation. Toute une claque « rassuriste » s’est relayée pour servir des discours allant de l’incompétence crasse (la deuxième vague était une « aberration épidémiologique ») au complotisme le plus pur (les chiffres de patients en réanimation pour COVID seraient trafiqués), en passant par des prises de position où l’idéologie tenait lieu de doctrine scientifique. Plus leurs analyses et prévisions sont contredites par la réalité, plus ils sont invités à s’exprimer dans les médias. Car si l’exercice illégal de la médecine est puni par la loi, la malscience fait le buzz.

La catastrophe sanitaire actuelle et à venir n’est qu’un des aspects par lesquels notre pays a raté son déconfinement. Car en plus de laisser se propager l’épidémie depuis juillet, le débat démocratique a été complètement étouffé, en partie du fait des médiatiques rassuristes et du fonctionnement ultra-centralisé de la 5ème République. A-t-on débattu des mérites comparés de la stratégie de confinement adaptatif (ou « stop & go » en anglais), telle que maladroitement appliquée par la France, et d’une stratégie de contrôle précoce de l’épidémie, telle que mise eu œuvre par le Japon, l’Allemagne ou encore le Danemark ? Est-il préférable de fermer des lycées ou non ? Et entre une restriction des libertés forte mais ciblée pour les cas Covid et leurs contacts, ou une restriction plus lâche, mais imposée à toutes et tous ? Faut-il plutôt laisser les grandes surfaces ouvertes ou les commerces de proximité ? Dans quelle mesure faut-il avoir recours à une politique autoritaire et répressive ou peut-on, au contraire, compter sur une responsabilisation des personnes ?

De manière assez inaperçue, une question clé a été esquivée : qui va payer ? Évidemment du point de vue économique, mais aussi du point de vue sanitaire, social, psychologique. On sait déjà que l’impact est maximal pour les plus précaires. Sans parler évidemment des équipes hosptialières mobilisées jours et nuits ! Les villes où l’incidence est la plus forte sont celles qui ont le plus grand taux de pauvreté. Dans la société, les plus jeunes sont touchés de plein fouet dans leurs études ou leur entrée dans la vie active, celles et ceux qui occupent les emplois les plus pénibles se retrouvent les plus exposés. Quant aux plus âgés, ils sont à la fois plus affectés par la COVID-19 et par l’isolement. Or les choix politiques faits en France renforcent l’effet social des conséquences de la pandémie et les inégalités se creusent toujours plus.

L’absence de politique sanitaire claire de la France s’explique probablement en partie par une divergence d’opinions au sein de nos élites dirigeantes, qui ignorent voire se méfient du monde scientifique, comme l’ont montré les débats et le contenu de la loi de programmation de la recherche, qui tout en précarisant encore plus le champ entend le mettre au pas. D’aucuns y voient une stratégie du choc, mais la casse des biens publics et la répression battaient déjà leur plein avant l’émergence du SARS-CoV-2. S’il fallait qualifier les décisions prises depuis juillet, il faudrait plutôt parler de facilité et de politique du moindre effort. En effet, une stratégie audacieuse avec des mesures fortes prises dès septembre voire août, en plus de susciter des résistances, aurait obligatoirement ouvert un débat. La catastrophe sanitaire offre cet avantage qu’elle éteint toute discussion ou toute critique. C’était déjà la ligne de M. Macron et son gouvernement lors de la première vague, où ils avaient alors l’excuse de la surprise et de trois décennies de démantèlement des services publics. Cela l’est encore avec cette seconde vague. Il est donc urgent d’imposer ce débat que fuient nos dirigeants dont l’attentisme nous expose, en l’absence d’une implémentation optimale d’un vaccin sûr et efficace, à une troisième vague dont on sait déjà qui en subirait le coût.

Nous, scientifiques, cliniciens et universitaires, travaillant sur les différentes facettes de la pandémie, appelons à la mise en place d’un réel débat national public et démocratique, sur la crise de la COVID-19, qui pourrait prendre la forme d’états généraux ou d’une conférence de consensus, en harmonie avec la communauté internationale et les connaissances scientifiques, tout en impliquant au maximum la société française dans sa diversité. Ces discussions, évidemment organisées avec les outils numériques, devraient être placées sous la responsabilité de personnalités n’appartenant pas au gouvernement, afin de garantir l’indépendance et le suivi des décisions, et ainsi ne pas reproduire le désengagement politique vis à vis des propositions de la convention citoyenne pour le climat. Toutes les mesures les plus à même de contrôler l’épidémie doivent être envisagées, leur efficacité débattue et, surtout, leurs coûts sociaux, économiques, écologiques et sanitaires exprimés aussi précisément que possible. En parallèle, il est impératif d’identifier collectivement les sources de financement pour ces mesures d’urgence.

La crise est planétaire.

Notre réponse démocratique et solidaire doit être à la hauteur.

Premières signatures

Samuel ALIZON (directeur de recherche, CNRS, modélisation en biologie)
Jean-Michel MARIN (professeur, président société française de statistique, Université de Montpellier, modélisation, faisabilité étude par sondages)
Severine CHAUVEL (maîtresse de conférences, UPEC, analyses sociologiques)
Celine SCORNAVACCA (directrice de recherche, CNRS, modélisation, diffusion des savoirs)
Kévin JEAN (maître de conférence, Conservatoire national des Arts et Métiers, épidémiologie, modélisation)
Christian SELINGER (chargé de recherche, IRD, modélisation)
Amaury LAMBERT (professeur, Sorbonne Université, modélisation probabiliste)
Elisabeta VERGU (directrice de recherche, INRAE, membre comité de coordination plateforme MODCOV19)
Laura TEMIME (professeur des universités, Conservatoire national des Arts et Métiers, modélisation)
Mircea T. SOFONEA (maître de conférences, Université de Montpellier, modélisation, analyses de données épidémiologiques)
Yannis MICHALAKIS (directeur de recherche, CNRS, modélisation)
Mohamed EL KHEBIR (médecin, SAMU 60, prise en charge des patients)
Patrick MIROUX (médecin urgentiste, Centre Hospitalier Universitaire d’Angers, soins d’urgence, veille scientifique)
Gérard LAMBERT (médecin journaliste presse spécialisée, LEN Medical, information médicale)
Bruno ANDREOTTI (professeur, Université de Paris – ENS, physique de la dispersion du virus et ventilation)
Jonathan FAVRE (médecin généraliste, ancien chef de clinique des universités, Université de Lille , co-créateur du site stop-postillons.fr)
Bruno CANARD (directeur de recherches, CNRS-Aix Marseille Université, recherche fondamentale)
Virginie COURTIER-ORGOGOZO (directrice de recherche, CNRS-Institut Jacques Monod, Université de Paris, veille scientifique)
Ramsès DJIDJOU-DEMASSE (chargé de recherche, IRD, modélisation)
André GRIMALDI (professeur émérite, CHU Pitié Salpêtrière)
Laure  GRÉGOIRE  (médecin urgentiste, Samu 60, prise en charge de patients)
Christian LEHMANN (médecin généraliste)
Thierry BAUBET (professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Université Sorbonne Paris Nord, aspects psychologiques/psychiatriques)
Corinne DEPAGNE (médecin pneumologue , Hopitaux et médecine libérale de Lyon, soins)
Laurent FIGNON (médecin gériatre , CH Cannes, veille sanitaire et soins)
Matthieu CALAFIORE (médecin généraliste. directeur du département de médecine générale de lille, Université de Lille, soins)
Michaël ROCHOY (ancien chef de clinique en médecine générale, co-fondateur de stop-postillons, membre du collectif du côté de la science, Université de Lille, informations grand public, revues de littérature)
Florence GALTIER (praticien hospitalier, CHU Montpellier, recherche clinique)
Thomas PRADEU (directeur de recherche, CNRS, ImmunoConcept, Université de Bordeaux, immunologie & philosophie des sciences)
Marie-Christine PICOT (médecin épidémiologiste, CHU Montpellier, essais cliniques, validation test rapide)

Source: « Admettre l’ampleur de l’épidémie de Covid-19 pour poser la question démocratique »

https://framaforms.org/admettre-lampleur-de-lepidemie-de-covid-19-pour-poser-la-question-democratique-1604778169

Masques, tests, vaccins…Les fausses infos relayées dans la vidéo “Manigance-19” | Factuel

 

Masques, tests, vaccins…Les fausses infos relayées dans la vidéo “Manigance-19”

Copyright AFP 2017-2020. Droits de reproduction réservés.

Vous allez découvrir les mensonges et les vérités sur le Covid-19“, affirme “Manigance-19”, une vidéo vue au moins 900 000 fois depuis le 27 octobre. Mais si certaines des affirmations contenues dans cette vidéo sont justes, comme le revirement du gouvernement sur les consignes du port du masque, elle contient également bon nombre d’affirmations fausses ou trompeuses. Voici celles que nous avons identifiées.

Sommaire

 – Les masques –

2’00” : “Le Center for Disease Control vient de faire des excuses aux américains. Le masque ne sert strictement à rien mesdames et messieursFaux

Nous avions déjà évoqué cette affirmation erronée de la députée Martine Woener en octobre dernier.

L’Agence américaine de contrôle des maladies, les Centers for disease control (CDC), n’a pas affirmé cela. Comme le montrent de multiples pages de son site internet et d’innombrables tweets de son compte @CDCgov, l’Agence recommande le port du masque pour limiter la propagation du virus.

Capture d’écran du site des CDC américains, prise le 18/11/2020

De nombreux scientifiques ont expliqué dans de multiples articles de l’AFP que le masque est une mesure utile pour limiter la propagation du virus, en plus de la distance physique et du lavage des mains.

La confusion tire son origine d’un cafouillage de communication de la part de l’agence américaine mi-septembre qui a semé la confusion, et que certains ont voulu interpréter comme un rétropédalage.

Le 18 septembre, l’agence a brièvement publié sur son site une mise à jour de la page de son site consacrée à la transmission du virus (“How Covid-19 spreads”) et qui mentionnait la possibilité de transmissions aériennes (“airborne transmission”).

Elle l’a ensuite retirée, expliquant avoir publié cette mise à jour par erreur alors qu’elle n’avait pas encore été validée en interne. L’histoire est rapportée ici par la chaine américaine CNN. Cette dépublication a été interprétée par certains comme la preuve que l’agence avait changé d’avis et réfutait la transmission aéroportée.

D’ailleurs, le 5 octobre 2020, les CDC ont comme prévu finalement mis en ligne leur mise à jour avec ajout d’un paragraphe titré “le Covid-19 peut parfois se transmettre par voie aérienne”.

Capture d’écran du site des CDC américains, prise le 5 octobre 2020

2’40” : “Il est bien marqué sur chaque boîte de masques qu’elles ne protègent pas du tout du Covid”  Trompeur

Il est vrai qu’il est inscrit sur certaines boîtes de masques que ceux-ci “ne protègent pas des maladies virales ou infectieuses“. Toutefois, comme nous l’expliquions dans cet article sur ces fameuses étiquettes en août 2020, ces masques permettent bien de limiter la propagation du nouveau coronavirus, selon des experts interrogés par l’AFP, mais surtout en protégeant les autres de nos propres postillons.

C’est un point important : beaucoup de gens pensent que porter un masque (grand public, ndlr) les protège de la contamination, alors que cela permet en fait de réduire les sources de transmission“, a dit à l’AFP le Pr KK Cheng, spécialiste de santé publique à l’université de Birmingham (Angleterre), dans cette dépêche.

D’après les normes du ministère de la Santé, les masques vendus au grand public doivent filtrer au minimum 70% des particules de 3 microns. “Ce ne sont pas des masques à visée médicale, mais plutôt des écrans anti-postillons pour le grand public“, avait déclaré à l’AFP le pneumologue Nicolas Hutt.

Et c’est précisément parce que ce type de masques n’est pas efficace à 100% que ses fabricants ne peuvent assurer sur l’emballage qu’ils protègent “des contaminations virales ou infectieuses“, avait expliqué Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau et membre du collectif Stop postillons.

Le masque ne suffit de toute façon pas seul. Il s’agit de l’une des principales mesures barrières avec la distanciation sociale et les précautions d’hygiène comme le lavage régulier des mains“, avait insité M. Rochoy.

3’02” : “Ce masque est inutile et même dangereux et beaucoup de spécialistes dans le monde médical nous expliquent que c’est un nid à microbes et ça va affaiblir notre système immunitaire et être extrêmement dommageable pour la santéFaux

Nous avons contacté de nombreux experts depuis le début de l’épidémie au sujet de cette affirmation (voir ici ou ici). Il est erroné de dire qu’un masque est un nid à microbes, même s’il faut faire attention à le changer quand cela est nécessaire.

“Les infections fongiques [liées aux champignons] graves sont rares”, expliquait en septembre à l’AFP Françoise Dromer, responsable de l’unité de Mycologie moléculaire et du Centre national de référence des Mycoses invasives et des antifongiques de l’Institut Pasteur.

Dans les conditions d’utilisation recommandées, il n’y a aucun moyen que des champignons se développent à l’intérieur d’un masque”, assurait-elle. “Pour qu’un masque moisisse, il faudrait le laisser, par exemple, humide dans une pièce pleine de moisissure, ou dans un compost, pendant des semaines”, disait-elle encore, rappelant qu’un masque doit être changé toutes les 4 heures.

Comme “les humains ont des bactéries normales dans leur bouche et leurs fosses nasales”“quand nous parlons, nous expulsons des gouttelettes de salive. Il peut y avoir des champignons ou des bactéries qui restent sur le masque”, expliquait aussi Daniel Pahua, professeur de santé publique à l’Université nationale autonome du Mexique (Unam). Mais, “la plupart de ces agents ne produisent pas de maladie, parce que ce sont des bactéries que nous avons dans la bouche”.

Enfin, s’il est recommandé de changer de masque toutes les quatre heures environ, ce n’est pas pour des questions de respiration mais parce qu’une fois humidifié, il perd de son pouvoir filtrant.

7’45” : “on vous oblige à respirer du gaz carbonique pendant 8h par jourFaux

L’idée, erronée elle aussi, que l’on respirerait dangereusement notre propre CO2 est également très répandue.

Mais “un masque n’est pas un circuit fermé. Presque tout l’air expiré s’échappe du masque donc vous ne respirez pas votre propre CO2“, avait expliqué à l’AFP Shane Shapera, directeur du programme des maladies pulmonaires de l’hôpital public de Toronto.

Il n’existe aucune preuve que l’utilisation prolongée du masque entraîne une hausse du niveau de CO2” dans l’organisme, avait-il affirmé. Dans certains cas, “des individus peuvent ressentir de l’inconfort en portant un masque. L’anxiété peut entraîner de l’hyperventilation qui, elle, peut causer une chute du niveau de CO2, des maux de tête et des vertiges“, avait estimé de son côté Vinita Dubey, médecin hygiéniste à l’agence de santé publique de Toronto au Canada.

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– Le confinement –

(AFP / Damien Meyer)

11’38” : “Quand nous sommes en bonne santé, nous avons la capacité de faire face à à peu près tout virus, toute bactérie pathogène, en faisant du sport, donc en évitant d’être confiné pendant deux mois, en ayant une bonne aération, une bonne oxygénation, c’est-à-dire en évitant de mettre des masques, en ayant une bonne alimentation” Partiellement faux

Cette phrase est d’Alexandra Henrion-Caudeex-directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), institution qui a depuis pris ses distances avec elle du fait de ses déclarations sur le Covid-19.

Quand quelqu’un est en bonne santé, qu’il est robuste et qu’il a des activités sportives, une saturation en oxygène qui est convenable, il a un système immunitaire plus fort que quelqu’un qui a des comorbidités, s’alimente peu ou mal et n’a pas beaucoup d’activités. Dans ce cas-là, la première personne est plus capable de lutter contre une infection que la deuxième“, explique à l’AFP Camille Locht, directeur de recherche Inserm à l’institut pasteur de Lille, spécialisé dans l’infection microbienne et la vaccinologie.

Donc c’est à moitié vrai mais aussi à moitié faux car on a vu pas mal de personnes en bonne santé tomber malades de la Covid-19. J’ai récemment parlé à un chef d’entreprise en bonne santé et qui a eu un cas grave, avec des séquelles qui perdurent aujourd’hui. Donc on ne peut pas dire que même si on fait attention à notre santé, on est complètement protégé contre cette infection“, ajoute-t-il.

La meilleure façon de ne pas attraper une infection, c’est de ne pas être en contact avec les personnes qui sont infectées. Il y a plusieurs façons : la distanciation sociale, les masques, les gestes barrières. Ce sont toutes ces mesures qui peuvent diminuer la fréquence d’infection et de transmission du virus“, conclut-il.

17’20” : “Les chiffres officiels de l’OMS [montrent] que les pays qui ont choisi la stratégie de confinement ont tué beaucoup plus de personnes par million d’habitants que les pays qui n’ont pas choisi le confinement” Partiellement faux

Cette citation provient d’un extrait d’une vidéo de Jean-Jacques Crèvecoeur, qui se présente comme “auteur, formateur et conférencier de réputation internationale“, reprise dans “Manigance-19“.

Déjà épinglé pour la diffusion de fausses informations (sa chaîne YouTube a été supprimée au printemps dernier), Jean-Jacques Crèvecoeur s’appuie sur des chiffres arrêtés au 30 avril.

Sur le graphique qu’il brandit, des pays – dont la Suède – n’ayant pas choisi de confinement généralisé apparaissent comme relativement épargnés, comparés à d’autres pays européens comme la Belgique, l’Espagne, l’Italie et la France.

S’il est vrai que des pays comme la Belgique et l’Espagne en Europe, et le Pérou et le Chili en Amérique du Sud, qui figurent en tête des pays ayant connu le plus de morts par habitant, ont mis en place des mesures de confinement, il convient de rappeler que le taux de mortalité pour la Suède est, selon les derniers chiffres compilés par l’AFP, de 616,4 décès par million d’habitant, contre 685,4 pour la France, un écart nettement moindre que sur le graphique.

Le Portugal, qui avec 10,28 millions d’habitants possède une population comparable à celle de la Suède, et qui a mis en place un confinement strict au printemps, possède un taux de mortalité de 348,4 décès par million d’habitants, un taux près de deux fois inférieur à celui du pays scandinave.

L’écart est plus grand encore avec les autres pays nordiques, qui ont tous confiné, comme en atteste le graphique ci-dessous réalisé à partir de données compilées par le journal économique britannique Financial Times. La Norvège a un taux de mortalité de 55 décès par million d’habitants, et la Finlande et le Danemark déplorent respectivement 67 et 132,6 décès par million d’habitants, selon les données de l’AFP.

Capture d’écran du site du Financial Times prise le 18/11/2020

De plus, si la Suède n’a pas mis en place de confinement strict, des “recommandations” à valeur de règles sont émises depuis le début de la pandémie, et face à la perspective d’une nouvelle vague qui se dessine dans le pays nordique, les autorités ont introduit le mois dernier de nouvelles recommandations régionales plus strictes.

Le pays a également annoncé lundi 16 novembre pour la première fois limiter les rassemblements publics à huit personnes maximum face au rebond de l’épidémie, même si la mesure est loin d’avoir une portée absolue.

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– Les tests RT-PCR –

De nombreux intervenants dans cette vidéo contestent le recours massif dans le monde aux test RT-PCR, qui détectent via un prélèvement nasopharyngé si un patient est porteur ou non du virus Sars-Cov-2 à l’instant T. 

18’31″ : “Les tests ne veulent rien dire. Ils montrent que, peut-être une fois, vous avez été en contact avec un coronavirus” Faux

Cette affirmation émane de Christian Tal Scherrer, qui se présente comme “médecin suisse, chamane, et écrivain“. Les tests PCR homologués sont bien spécifiques au Sars-Cov-2, ont expliqué à l’AFP différents spécialistes mondiaux en microbiologie, maladies infectieuses et virologie dans cet article publié le 13 octobre.

Actuellement, “on estime que la spécificité des RT-PCR est de l’ordre de 99%”, expliquait notamment le Dr Carbonneil, de la Haute autorité de Santé en France, ce qui rend rarissime les résultats “faux positifs”.

Pour vérifier la spécificité d’un test PCR, “on va prendre d’autres prélèvements, connus pour contenir d’autres virus comme la grippe ou le rhinovirus, et on va vérifier que notre PCR ne détecte pas les autres virus respiratoires et bien uniquement le Covid-19”, ajoute Vincent Enouf, de l’Institut Pasteur.

20’25” : “90% des tests PCR ne sont pas pathogènes ni infectieux et ne mesure pas l’infectiologie du virus” Faux

21’16″ : “Quand on vous dit “vous êtes positif”, vous n’êtes pas du tout malade, vous n’avez pas le virus,(…) vous n’êtes pas contaminant” Faux

Là encore ces affirmations sont fausses. L’idée que 90% des cas ne sont ni malades ni contagieux a été démystifiée dans cet article de vérification du 22 septembre.

On ne peut pas dire non plus que la majorité des cas détectés actuellement sont des “faux positifs” ou qu’ils ne sont ni “malades” ni “contaminants”, comme nous l’expliquions ici le 22 octobre.

Les personnes avec symptômes (“malades”) sont en réalité majoritaires parmi les cas positifs. Selon le Bulletin hebdomadaire de Santé Publique France du 15 octobre, la part des personnes avec des symptômes -que l’on peut qualifier de “malades”- parmi les tests positifs était de 63%.

Bulletin de Santé Publique France, capture d’écran le 18/11

Les personnes testées positives peuvent avoir des symptômes ou être contagieuses, même avec peu de virus. On ignore à ce jour où se situerait exactement un seuil minimal de charge virale pour être contagieux, ont expliqué plusieurs experts à l’AFP dans cet article.

Les corrélations entre quantité de virus, symptômes, et contagiosité sont encore mal connues et parfois contre-intuitives: on peut être asymptomatique et contagieux, on peut avoir la même quantité de virus qu’on soit symptomatique ou asymptomatique comme l’a relevé cette étude par exemple. 

20’50” : “Aujourd’hui, il n’y a pas plus de mortalité que les autres années. Il y a moins de décès et beaucoup plus de tests” Faux

Plusieurs études démographiques en Italie, en Belgique ou encore en France, prouvent le contraire. Nous le montrions dans ce fact-check publié le 6 octobre.

En France, l’Insee explique dans une publication du 18 septembre 2020 qu'”au cours des 20 dernières années, en France métropolitaine, deux évènements ont entraîné de fortes hausses des décès : la canicule de l’été 2003 et la Covid-19 au printemps 2020″.

Enfin, sur l’indicateur européen Euromomo, qui compile et compare les chiffres officiels de la mortalité de 24 pays européens, on peut voir facilement que les pics de mortalité observés dans les pays les plus frappés par l’épidémie sont 1,5 à 4 fois supérieurs à la mortalité observée durant les habituelles périodes grippales de l’hiver.

Capture d’écran du site Euromomo comparant la mortalité dans le temps dans une sélection de pays

24’24” : Selon Christian Perronne, soigner un malade Covid et le garder en réanimation c’est le “jackpot” car les hôpitaux et les médecins généralistes “touchent de l’argent” lorsqu’on traite ou déclare un cas Covid.

Ces rumeurs ont déjà été démenties plusieurs fois par l’AFP (1,2,3).

“Non, un service de réanimation n’a aucun intérêt à garder des patients”, a expliqué le 20 octobre à l’AFP le Pr Alexandre Demoule, chef de service de médecine intensive et de réanimation à la Pitié-Salpêtrière à Paris.

“C’est le contraire, plus on garde longtemps le patient, moins on gagne d’argent”, dit-il, rappelant, de plus, que ni lui, ni ses adjoints, ni les infirmières ne gagnent plus si les patients restent plus longtemps dans le service.

“Ces propos témoignent d’une méconnaissance de la tarification de la part du Pr Perronne”, ajoute-t-il, dans une démonstration disponible ici.

Pour les généralistes, le professeur Perronne réalise un raccourci trompeur.

Depuis 2017, il existe bien un tarif majoré, appelé MIS, qui concerne par exemple les consultations consacrées à l’annonce de cas graves pour certaines pathologies graves comme les cancers” expliquait le Pr Stéphane Oustric, généraliste et délégué général au numérique du Conseil national de l’Ordre des médecins.

Le MIS a été étendu cette année pour les patients Covid, car “ces consultations prennent du temps”, selon le Dr Jacques Battistoni, président du syndicat de médecins MG France.

De plus, lorsqu’un patient se présente face à son généraliste, “le plus souvent, l’Assurance maladie a été très rapide et l’a déjà contacté” et recensé ses contacts, rappelait  le Dr Jacques Battistoni.

Le patient a donc souvent déjà été testé positif avant de venir chez le médecin.

En résumé, la revalorisation ne vient pas donc rémunérer la simple prescription ou validation informatique d’un test positif mais, au-delà, une consultation plus longue et jugée plus complexe.

26’40” : “La mortalité du corona est comparable à celle de la grippe saisonnière” affirme Reiner Fuellmich, un avocat allemand. Faux

C’est faux, le Covid est plus dangereux et plus létal que la grippe saisonnière, comme l’ont expliqué plusieurs experts à l’AFP ainsi que l’OMS dans cet article publié à la mi-octobre.

Le taux de létalité du Covid-19, c’est-à-dire le nombre de morts rapportés au nombre d’infectés par la maladie, tourne autour de 0,6 selon les estimations les plus justes – réalisées à travers un suivi de cohorte infecté-, rappellent les spécialistes contactés ici par l’AFP.

A l’inverse, celui de la grippe saisonnière ets bien plus faible, évalué à 0,1% selon ce communiqué de l’Académie de médecine.

“On estime entre 25 et 30.000 les décès de la Covid-19 sur une période de temps relativement courte, avec en plus un confinement”, expliquait, en évoquant la première vague du printemps 2020, Sibylle Bernard-Stoecklin, épidémiologiste à Santé Publique France.

La grippe, qui a a un impact en santé publique qui est loin d’être négligeable”, fait “9 à 10.000 décès par an” en France, rappelait la même source.

30’00” : “La pandémie est terminée, il n’y a pas de deuxième vague” Faux

Ces affirmations sont erronées, comme le prouvent les graphiques ci-dessous montrant le nombre de cas, d’hospitalisations, d’admission en réanimation et de décès du Covid-19 en France.

Situation de l’épidémie de Covid-19 en France au 17 novembre (S.Malfatto/ AFP)

D’autres chiffres compilés par l’AFP à partir de sources officielles, montrent à l’échelle de l’Europe ou du monde entier, que l’épidémie n’est pas “terminée”.

Nombre de nouveaux cas et de nouveaux décès attribués chaque jour au Covid-19

Ces chiffres sont régulièrement actualisés par les équipes de l’AFP

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– La vaccination –

(AFP / Chandan Khanna)

Plusieurs des personnes qui s’expriment dans “Manigance-19” tiennent un discours anti-vaccins, déjà très présent sur internet depuis des années mais qui a gagné en visibilité à la faveur de la pandémie, comme nous l’avons expliqué dans cet article.

Lancée peu après l’apparition du virus, la course au développement d’un vaccin contre le Covid-19 s’est accélérée depuis le début du mois de novembre avec les déclarations de trois fabricants différents qui ont annoncé que leur produit était efficace à 90% au moins pour se protéger du virus.

Aucun de ces trois vaccins n’a toutefois été mis sur le marché à ce stade.

31’30” : “Ce qu’on ne vous dit pas c’est que ce vaccin il n’y a aucune chance qu’il marche, parce que le coronavirus, ça change tout le temps. Alors faire un vaccin contre un coronavirus, ça ne peut pas marcher” Faux

Figure de proue de la rhétorique anti-vaccins sur les réseaux sociaux francophone, le médecin suisse Christian Schaller affirme qu’un éventuel vaccin “ne peut pas marcher” parce que “le coronavirus, ça change tout le temps”.

Le Sars-CoV-2 subit effectivement des mutations en permanence, ce qui est le mode de fonctionnement normal d’un virus, mais à ce jour, les variations observées n’ont pas de conséquences notables sur son comportement et n’empêchent pas le principe d’un vaccin, ont expliqué plusieurs scientifiques à l’AFP dans cet article.

Pour le moment, il n’y a aucune indication que ces mutations puissent avoir un impact dans la capacité des vaccins à reconnaître et protéger contre ces (variants de) virus“, a également dit la virologue Marie-Paule Kieny sur France Info.

31’45” : “Aujourd’hui, on a absolument toutes les preuves que ce coronavirus était une grippe comme toutes les années, il a tué pas plus pas moins” Faux

Dans la suite de son intervention, Christian Schaller glisse ensuite que la dangerosité du nouveau coronavirus correspond à celle “d’une grippe comme toutes les années“. “Il a tué pas plus, pas moins“, selon M. Schaller.

Selon les estimations de Santé Publique France, la grippe a causé la mort de 8.100 à 14.358 personnes par an sur les trois dernières années. Au 18 novembre 2020, le Covid-19 a causé la mort de 46.273, selon Santé Publique France.

Mais au-delà de ces chiffres, la comparaison entre les deux maladies est prématurée à ce stade, avaient expliqué plusieurs épidémiologistes à l’AFP dans cet article.

D’une part car “le bilan final de l’épidémie” de Covid-19 est “loin d’être fait“, avait expliqué à l’AFP le Dr Lévy-Bruhl, médecin épidémiologiste à Santé Publique France. Le pays est actuellement touché par une 2e vague, qui a nécessité la mise en place d’un nouveau confinement.

D’autre part car les mesures prises pour lutter contre la grippe et le Covid-19 sont très différentes. Selon une étude britannique publiée en juin dans Nature, les premières mesures de confinement décidées pour faire face au Covid-19 ont été efficaces pour reprendre le contrôle de la pandémie et ont permis d’éviter 3,1 millions de morts dans 11 pays européens, dont la France.

33’00” : “Si vous avez été exposé à la tuberculose, et que vous risquez d’avoir contracté la tuberculose, on va surtout pas vous vacciner parce qu’on sait qu’on va faire ces phénomènes d’amplification. On sait suffisamment de choses sur les virus pour avoir cette précaution pour qu’on ne vaccine pas quelqu’un qui a été exposé à la maladie” Trompeur

Partant de cette affirmation sur la tuberculose, Mme Henrion-Caude estime donc que “vacciner quelqu’un qui a eu le Covid sans le savoir, c’est à nouveau le mettre en danger“.

La tuberculose, c’est un cas particulier. Il ne faut pas mélanger Covid et tuberculose cela n’a rien à voir“, met en garde le professeur Camille Locht, directeur de recherche Inserm à l’institut Pasteur de Lille, spécialisé dans l’infection microbienne et la vaccinologie.

Les personnes contaminées par la tuberculose voient cette première infection “renforcer leur immunité contre la maladie“. Donc “on ne recommande pas la vaccination chez les personnes déjà infectées, mais c’est par inutilité, pas par peur de réactiver la tuberculose“, explique-t-il à l’AFP. “Une vaccination BCG d’une personne déjà infectée pourrait causer une réaction cutanée, mais ce n’est pas un effet grave. Cela ne va pas réactiver la maladie“, insiste le Pr Locht.

Sur les dangers supposés de la vaccination d’une personne déjà atteinte du Covid-19, “pour l’instant nous n’avons aucun données scientifiques qui permettrait de dire ça“, souligne Camille Locht.

On fait des rappels de vaccins sur de nombreuses maladies, sans forcément demander si une personne a déjà eu la maladie. Dans le cas de la grippe, qui est aussi un virus, on vous recommande le rappel, même dans le cas où vous avez déjà eu la grippe“, assure le directeur de recherche à l’institut Pasteur. “A ce stade, il n’y a pas de raison qu’il y ait une contre-indication de ce type avec le Covid-19.

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EDIT : mis à jour le 19/11 avec vérification de deux affirmations supplémentaires

 Source: Masques, tests, vaccins…Les fausses infos relayées dans la vidéo “Manigance-19” | Factuel