Coronavirus : Pourquoi la population a changé d’avis sur le vaccin ?

EPIDEMIE 56 % des Français souhaitent se faire vacciner contre le coronavirus, selon un sondage Odaxa-Backbone consulting rendu public ce jeudi. Ils n’étaient que 42 % dans le même sondage le 23 décembreJean-Loup Delmas

Publié le 15/01/21 à 17h23 — Mis à jour le 15/01/21 à 17h230 COMMENTAIRE0PARTAGE

Les Français sont désormais une majorité à vouloir se faire vacciner
Les Français sont désormais une majorité à vouloir se faire vacciner — Alexander Ryumin/TASS/Sipa USA/SIPA
  • Alors que la France accélère toujours plus dans sa politique de vaccination contre le coronavirus, l’exécutif peut être rassuré : ce ne sont pas les volontaires qui manqueront. Car 56 % des Français souhaitent se faire vacciner, selon un sondage Odaxa-Backbone.
  • Or, le même sondage indiquait qu’à l’approche de Noël, ils n’étaient que 42 % à vouloir se faire vacciner.
  • Comment ce revirement s’est-il opéré ? « 20 Minutes » vous livre quelques explications.

Selon un sondage Odoxa-Backbone consulting pour France Info et Le Figaro publié ce jeudi, 56 % des Français veulent se faire vacciner contre le coronavirus. Ils n’étaient que 42 % le 23 décembre. Comment expliquer une telle remontada et une inversion des tendances en moins d’un mois ?

Pour le médecin et chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy, un tel écart en quelques semaines signifie avant tout que beaucoup de refus de la vaccination étaient en réalité plus de l’indécision qu’une volonté nette d’éviter la piqûre. Lui-même l’a constaté : « Ce dernier mois, j’ai eu énormément de patients qui me demandaient mon avis sur le vaccin. Non pas qu’ils n’en voulaient pas, mais qu’ils doutaient. Avec les bons arguments et les données adéquates, ils y ont été favorables. »

Les données et les faits rassurants

Cette indécision se manifestait aussi dans une envie de ne pas être dans les premiers à se faire vacciner. Maintenant que la France vaccine en masse (plus de 70.000 personnes en vingt-quatre heures ce jeudi), et surtout que d’autres pays ont déjà vacciné des pourcentages entiers de leurs populations (plus de 30 % de la population israélienne notamment), cette appréhension est moins forte.

« Ce que les Français constatent, c’est l’absence d’effets secondaires ou graves », se réjouit Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie à Strasbourg et membre du collectif Du côté de la science. La France n’a ainsi recensé qu’un cas d’effet indésirable de nature allergique sur 138.000 cas. Au niveau mondial, les Etats-Unis (qui ont déjà vacciné plusieurs millions de personnes) comptent environ un cas d’allergie grave tous les 100.000 vaccinés. « Constatant ces données, les Français sont rassurés et voient bien que la balance bénéfice/risque penche du premier côté, malgré ce que disaient les fakes news ou les rumeurs », note le chercheur.

Intelligence et coupe du monde

Pour lui, c’est peut-être ça qui expliquait les mauvais chiffres d’adhésion à la population en décembre : un manque d’informations. Une tare aujourd’hui rattrapée avec une mission de vulgarisation prise à bras-le-corps, tant par les soignants que par l’exécutif. Or, Eric Billy l’assure, les Français sont loin d’être le peuple qu’on a voulu caricaturer lors des pics de scepticisme contre le vaccin : « Au contraire, les Français et Françaises sont logiques, ils cherchent les informations, ont une bonne capacité d’analyse et de réflexion, prennent du recul. Quand ils et elles constatent que toutes les informations fiables et sourcées vont dans le bon sens, ils sont favorables à la vaccination. »

Selon Michaël Rochoy, en plus d’être logique et intelligent, le peuple français est également pragmatique : « Il voit bien qu’actuellement, les vaccins semblent être une solution pour arrêter ce stop and go et ces confinements et mesures restrictives. La lassitude et la peur des variants jouent également énormément. » Avec toutes ces chouettes qualités intellectuelles, il faut ajouter un certain chauvinisme bien de chez nous. Le médecin poursuit : « Les chiffres des autres pays sont très commentés. Comme dans une Coupe du monde, on raille les débuts poussifs de notre équipe, mais au bout du compte, on veut voir la France gagner. On refuse de voir l’Allemagne ou le Danemark être meilleur que nous. »

L’effet boule de neige à double tranchant

Autre effet très attendu et très commenté, l’effet boule de neige. Mehdi Moussaid, chercheur en science cognitive à l’institut Max Planck de Berlin, spécialiste de la foule, et créateur sur la chaîne YouTube Fouloscopie explique ce phénomène social, assez connu : « Lorsque les personnes sont indécises ou ne savent pas quoi faire, ils vont avoir tendance à suivre ce que font leurs voisins, moins par conviction que par mimétisme. » Exemple parlant : lors d’une alarme incendie, si vos voisins restent assis, vous aurez tendance à rester assis. Au contraire, si tout le monde court dans tous les sens, il y a de fortes chances que vous aussi vous preniez vos jambes à votre cou. De fait, « la majorité s’auto-alimente. Plus il y a de gens favorables à une opinion, plus celle-ci devient populaire », note le chercheur. Ainsi, le « non » majoritaire grossissait les rangs du non de nombreux indécis, tandis qu’aujourd’hui, le « oui » majoritaire fait de même.

Même si certains ont plus d’influence que d’autres. Pour reprendre l’analogie avec l’alarme incendie, si tout le monde reste assis mais qu’un pompier vient vous voir pour vous dire de fuir, vous fuirez probablement. « Chaque groupe social a ses propres leaders et figures d’autorité, dépendant aussi en partie du contexte », appuie Mehdi Moussaid. Ce rôle de leader d’influence et de basculement, c’est sans doute les soignants qui l’ont joué lors de ce revirement. En demandant à se faire vacciner, en incitant leurs patients à le faire, en médiatisant la vaccination, les soignants ont probablement été décisifs dans la bascule de la majorité. Michaël Rochoy abonde : « Le vaccin ne pouvait pas être présenté que politiquement par le gouvernement. Voir les autorités médicales s’en saisir a probablement beaucoup compté, tout comme certaines personnalités non politisées, comme la reine d’Angleterre ou des stars. »

Tout cela est bien beau, mais les explications montrent une chose : si la conviction n’était pas solide pour le « non » majoritaire en décembre, elle ne l’est probablement pas plus pour le « oui » mi-janvier. Michaël Rochoy à la conclusion : « Beaucoup d’effets marchent par tendance. Du coup, il suffirait d’un rien pour qu’on assiste à une nouvelle volte-face des Français. Un cas grave médiatisé, des stars qui refusent de se faire vacciner… L’effet boule de neige fonctionne dans les deux sens. ». Pour rappel, le même sondage avait été fait en novembre 2020. Cette fois, ils étaient 50 % à vouloir se faire vacciner. Le mois suivant, seulement 42 %.

Source : https://www.20minutes.fr/societe/2953903-20210115-coronavirus-pourquoi-population-change-avis-vaccin

Dans les cantines scolaires, le grand flou sur les cas contacts

Considérés jusqu’à récemment comme des lieux peu contaminants, les cantines sont désormais dans la visée du gouvernement. Pour l’heure, pourtant, la procédure concernant les cas contacts semble y être très vague. Le protocole sanitaire renforcé annoncé jeudi soir apportera peut-être des réponses.

C’était peu avant les vacances de Noël. Dans une classe de CM2, un cas de Covid se déclare chez un élève, puis un deuxième à une semaine d’intervalle. La consigne dans cette école située en petite couronne est alors de ne rien dire aux autres enfants. Motus et bouche cousue. Mais le maître passe outre. « Je préfère vous prévenir pour que vous évitiez de voir vos grands-parents cette semaine », leur glisse-t-il en catimini. Et sinon ? C’est tout.

En deçà de trois cas positifs la même semaine dans des fratries différentes, le protocole sanitaire ne prévoit rien de spécial. Que les camarades d’un enfant malade ne soient pas considérés, port du masque oblige, comme des cas contacts à risque, pourquoi pas. Mais que dire de la cantine où tout le monde parle fort, la bouche pleine, et picore dans l’assiette du voisin ? La règle générale veut que quiconque passe plus de 15 minutes en face-à-face, non masqué, avec une personne contaminée soit invité à s’isoler. Sauf dans les écoles, où déjeuner avec un copain positif au Covid-19 n’est pas une contre-indication à aller en cours. « Il n’y a aucune raison de fermer les cantines scolaires car il y a très peu de risques d’être contaminé à l’école », expliquait ainsi le ministre de la Santé Olivier Véran sur BFM TV, le 7 janvier. Quatre jours plus tard, virage à 180 degrés. La fermeture des restaurations scolaires semble même envisagée pour freiner la propagation du virus. Finalement, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé jeudi soir un « renforcement du protocole sanitaire » dans les cantines scolaires, « maillon faible de l’organisation puisque c’est le moment où on enlève son masque ». Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a évoqué « en dernier recours (…) des solutions de repas à emporter ».

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Source: Dans les cantines scolaires, le grand flou sur les cas contacts

Coronavirus : faut-il rendre obligatoire le port du masque FFP2 dans les lieux à risque ?

Covid-19 : faut-il rendre obligatoire le port du masque FFP2 dans les lieux à risque ?

Matthieu Brandely

·6 min de lecture
Le docteur cubain Jose Enrique Ortiz porte un masque FFP2 et une protection faciale, le 15 mai 2020.

En Bavière, le port du masque FFP2 sera obligatoire dans les transports en commun et dans les magasins, pour lutter contre la hausse des cas de Covid-19.

Un masque plus protecteur pour les lieux les plus à risque de contamination. C’est l’idée mise en place par les autorités de Bavière, en Allemagne, qui ont décidé d’imposer le port d’un masque FFP2 dans les transports en commun et les magasins de la région à la place des masques chirurgicaux ou des masques en tissus.

D’un point de vue sanitaire, le masque FFP2 présente un avantage que n’a pas le masque chirurgical. Le masque FFP2 “protège le porteur du masque contre l’inhalation de particules en suspension dans l’air, avec une filtration de 94 % des aérosols”, rappelle l’INRS, l’Institut national de recherche et de sécurité, alors que le masque chirurgical, “destiné à éviter la projection vers l’entourage des gouttelettes émises par celui qui porte le masque (…), ne protège pas contre l’inhalation de très petites particules en suspension dans l’air”.

“Le FFP2 est un masque très important quand on entre dans un ‘nuage viral’, avec une possible forte concentration du virus. C’est indispensable pour les soignants qui examinent des patients qui ne portent pas de masques, comme les dentistes par exemple”, décrypte Jérôme Marty, médecin généraliste et président du syndicat UFML.

De nombreux inconvénients pour le FFP2

Pourtant, la décision de rendre obligatoire le port d’un masque FFP2 dans certains lieux laisse certains médecins dubitatifs : “D’un point de vue strictement sanitaire, oui cela peut être une bonne idée. Mais il faut prendre en compte le coût du masque FFP2, et ses caractéristiques. Et là, l’idée paraît moins convaincante”, ajoute Michaël Ronchoy, cofondateur de Stop-postillons, qui prônait dès le mois de mars le port d’un masque en population.

Si le masque chirurgical est devenu très abordable, à peine quelques centimes l’unité depuis l’accélération de sa production, le masque FFP2 reste bien plus cher, environ 1 euro le masque. “Un coût qui pourrait créer une difficulté pour les ménages les plus modestes”, redoute Michaël Ronchoy, médecin généraliste et membre du collectif Du côté de la science.

Le masque FFP2, 10 fois plus cher qu’un masque chirurgical

Sur Internet, on trouve des masques FFP2 vendus par 20, à environ 20-25 euros, selon les sites. Les masques chirurgicaux, dont le prix à l’unité a atteint le plafond de 0,95€ durant la première vague, a nettement baissé. En septembre plusieurs grandes surfaces cassaient les prix en vendant des boîtes de 50 masques à 4,99 euros, soit 10 centimes l’unité.

Vidéo : Les masques, protection pour l’homme, danger pour les animaux

Les masques, protection pour l’homme, danger pour les animaux

S’ils protègent les humains face à l’épidémie de coronavirus, ils représentent en revanche une menace pour la vie sauvage. La faune marine se retrouve prise au piège des masques qui finissent par polluer mers et rivières, et qui en se décomposant ont un impact sur toute la chaîne alimentaire.

Un écart de prix confirmé par Gilles Bonnefond, président de l’Union syndicale des pharmaciens d’officine (USPO). Les masques FFP2 “sont des produits toujours importés de Chine et qui restent assez chers, dix fois plus que les masques chirurgicaux”, expliquait-il en décembre dernier à Libération.

Un masque “pas agréable à porter”

Au problème financier, s’ajoutent des caractéristiques particulières pour un masque FFP2. S’il ne laisse pas entrer les aérosols, il est beaucoup moins facile à porter qu’un masque chirurgical.

“Avec un masque FFP2, dès que vous inspirez, le masque vient se coller à votre visage, pour éviter aux gouttelettes d’entrer. Ce n’est pas agréable à porter, le soir, vous êtes contents de l’enlever”, ajoute le président du syndicat UFML, qui nous précise en porter un durant ses consultations. “Au niveau du souffle, un masque FFP2 va être plus difficile à supporter si vous montez des escaliers, ou si vous faites un autre effort modéré”, ajoute Michaël Ronchoy.

Des masques qui avaient été réquisitionnés par l’État

Un inconvénient majeur qui pourrait rendre compliquée l’adhésion à une telle mesure. “Le port du masque chirurgical a mis un peu de temps avant d’être majoritairement accepté. Avec ses caractéristiques particulières, les Français auraient peut être encore plus de mal à adopter le FFP2”, pointe du doigt Jérôme Marty qui craint aussi qu’une telle mesure donne du grain à moudre aux anti-masques.

En France, dès le mois de mars, les masques FFP2 ont été rationnés et distribués par l’État aux seuls établissements de santé, pour faire face au manque de stock. Depuis un décret datant de fin octobre, ils sont accessibles au grand public, mais les préfets peuvent décider d’une réquisition si la situation sanitaire l’exige. Des masques aujourd’hui essentiellement disponibles sur Internet, dans les pharmacies ou dans les magasins de bricolage.

Un bénéfice assez limité

D’un point de vue sanitaire, le bénéfice de rendre obligatoire le masque FFP2 dans certains lieux serait assez limité, estime Michaël Ronchoy : “Dans les magasins et les transports, le masque chirurgical est déjà obligatoire, donc la contamination réduite. Si tout le monde porte un masque chirurgical, qui empêche les gouttelettes de sortir du patient malade, il y a peu d’intérêt à porter un masque qui empêche les gouttelettes d’entrer”, simplifie le médecin généraliste.

Autre détail, soulevé par le président du syndicat UFML : “Si on rend le FFP2 obligatoire, il faudrait expliquer la différence avec un FFP2 utilisé dans le BTP, avec une valve. Celui-ci n’a aucun intérêt car il est fait pour protéger contre l’inhalation de produits chimiques ou de poussières. La valve permet de faciliter l’expiration, donc faciliterait la sortie du virus. Porter un tel masque avec une valve, c’est comme le porter aucun masque, car on ne protège personne,” souligne Jérôme Marty.

Des leviers d’action “moins coûteux et plus efficaces” à actionner

“Quand on prend en compte le coût et les inconvénients du FFP2, qu’on le met en face des faibles gains sur la contaminations, je trouve que la balance bénéfice/inconvénient n’est pas en faveur du port du FFP2 obligatoire”, tranche Michael Ronchoy.

Pour lui, le gouvernement a à sa disposition des leviers d’actions “qui seraient bien moins coûteux et plus efficaces” pour enrayer les contaminations, comme les lieux à risque, les cantines ou les lieux de restauration d’entreprise.

Une expérience avec des FFP2 concluante durant un concert

En Espagne, une expérience grandeur réelle a été menée pour étudier des conditions sanitaires permettant la reprise des concerts. Parmi les mesures en place durant cette expérience, le port d’un masque de type FFP2 était obligatoire pour les participants.

Aucune personne du groupe des participants n’a été testée positive lors du dépistage réalisé 8 jours après l’événement. “Le résultat aurait peut-être été le même avec des masques chirurgicaux”, remarque Jérôme Marty, qui regrette que l’expérience n’ait pas également pris en compte un groupe de participants avec ce type de masques.

Source : https://fr.news.yahoo.com/coronavirus-masque-fpp2-obligatoire-lieux-risque-173057870.html

Coronavirus : La campagne de vaccination localisée, une bonne idée ?

EPIDEMIE Des doses de vaccins plus nombreuses sont envoyées dans les régions les plus touchées de France, et certaines dates de vaccination sont avancées dans l’EstJean-Loup Delmas

Publié le 12/01/21 à 12h57 — Mis à jour le 12/01/21 à 12h57

La vaccination doit-elle être plus massive à l’Est que dans le reste de la France ? — Anthony Behar/Sipa USA/SIPA

  • Cette semaine, des doses du vaccin Moderna sont livrées spécifiquement dans le Grand-Est, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et en PACA.
  • Des régions particulièrement touchées par le rebond épidémique, et devenus « prioritaires » pour la vaccination.
  • Cette stratégie est-elle efficace ?

Alors que la vaccination des personnes de plus de 75 ans hors Ehpad démarre en France à l’échelle nationale le lundi 18 janvier, celle-ci a été avancée à ce mercredi dans tout le Grand Nancy. Cinq jours d’avance que le président de la région justifie « au regard de la situation dans notre territoire. Nous sommes à deux lits de la saturation en réanimation au CHRU de Nancy ».

Cette adaptation locale n’est pas une exception. Ainsi, la France a reçu 50.000 doses du vaccin Moderna ce lundi, des doses directement acheminées dans le Grand-Est, en Auvergne-Rhône-Alpes et en PACA afin d’être utilisées dans la semaine, a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran. Un choix ne devant rien au hasard : il s’agit des régions françaises les plus touchées par le rebond épidémique. Alors que le gouvernement a plutôt versé jusque-là dans les mesures à l’échelle nationale pour lutter contre le coronavirus, pourquoi adopter une telle stratégie locale et est-ce réellement pertinent ? 20 Minutes fait le point.

Pourquoi une vaccination localisée ?

Pour bien comprendre l’intérêt de cette stratégie, il faut d’abord constater que le coronavirus ne frappe pas toute la France de la même manière. Par exemple, si la moyenne nationale de l’incidence est de 191 cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours, elle monte à 519 cas à Nice. En tout, sept départements français sont au-dessus des 300 cas pour 100.000 habitants : les Alpes-Maritimes, le Jura, le Doubs, la Haute-Marne, le Territoire de Belfort, la Haute-Saône et la Meuse. Au contraire, dans le Finistère par exemple, l’incidence n’est que de 68 cas pour 100.000 habitants.

Des différences qui se constatent aussi sur le taux de lits de réanimation pour patients Covid-19 : « Seulement » 23,5 % en Bretagne ou 36,3 % en Occitanie, contre 68,4 % dans le Grand-Est, 68 % en PACA et 87,4 % en Bourgogne Franche-Comté. Toutes les régions livrées prioritairement ont un taux de remplissage de lits de réanimation supérieur à 50 %.

Y a-t-il une alternative actuellement ?

La France a commandé 225 millions de doses de vaccin, mais ces dernières arrivent lentement. Ainsi, à la fois du mois de janvier, la France ne devrait avoir reçu – tous vaccins confondus – que 2,7 millions de doses, et dix millions en février. Largement insuffisant pour couvrir toute la population, ou même seulement les personnes à risque.

Du coup, comme il existe une priorité des personnes les plus vulnérables, la France met en place « une priorité des régions les plus fragiles », indique Hélène Rossinot, médecin spécialiste en santé publique. Une stratégie « logique au vu de la disparité de l’épidémie : il y a statistiquement bien plus de chance d’attraper le virus à l’Est qu’en Bretagne, un vaccin administré dans l’Est a plus de chance d’avoir sauvé une vie – ou éviter une réanimation et donc désengorger un peu les hôpitaux – qu’un vaccin donné en Bretagne, du moins à l’instant T ».

C’est également la solution pour laquelle plaide Michaël Rochoy, médecin et chercheur en épidémiologie : « Plutôt qu’avoir des couvre-feux localisés ou des mesures restrictives à l’échelle régionale, localiser la vaccination semble plus pertinent, et on est certain de son efficacité, contrairement à un couvre-feu à 18 heures. Tant qu’on n’a pas assez de doses, il faut les concentrer là où elles sont le plus efficaces. »

Mieux qu’une stratégie nationale ?

« En théorie oui. Dans la pratique par contre… », souligne Hélène Rossinot. « On peut renforcer les régions les plus à risques, à condition d’abord de couvrir également l’ensemble du territoire. La localisation de certains vaccins doit être un bonus appliqué à une stratégie nationale, et non le fer de lance de la campagne de vaccination. »

La raison d’une telle indication ? L’épidémie est particulièrement imprévisible, « et des régions peuvent changer de tendance en une semaine », s’inquiète l’experte. En grossissant le trait, rien n’indique que mardi prochain, ce n’est pas l’Occitanie qui flambera pendant que Nice sera en net recul épidémique. Or, le vaccin n’est pas efficace au moment de la piqûre, mais il existe un délai d’environ deux semaines pour la montée des anticorps. Deux semaines laissant tout le temps à l’épidémie de frapper ailleurs.

« Etant donné qu’on n’arrive pas à prévoir le futur de l’épidémie, il faut vacciner toutes les régions », note Hélène Rossinot. Quant à des doses supplémentaires pour les régions les plus touchées, « pourquoi pas, l’idée est bonne, mais il faut alors être prêt à changer de régions prioritaires très rapidement, et réorganiser la vaccination là où l’épidémie reprend », appuie la médecin. Ce qui demanderait une logistique majeure et complexe, de quoi inciter là aussi à prioriser avant tout une vaccination nationale.

Source : https://www.20minutes.fr/sante/2950707-20210112-coronavirus-campagne-vaccination-localisee-bonne-idee

Coronavirus : Quels sont les derniers leviers du gouvernement si on ne ferme pas les écoles ?

EPIDEMIE Le gouvernement s’oppose fermement pour le moment à une fermeture des écoles. Alors dans une France déjà sous couvre-feu et aux lieux clos fermés, quels autres leviers existent-ils face à une potentielle reprise épidémique ?Jean-Loup Delmas

Publié le 08/01/21 à 17h49 — Mis à jour le 08/01/21 à 17h49

Jean-Michel Blanquer notamment s’oppose à la fermeture des écoles — Alfonso Jimenez/Shutterstock/SIPA

  • Cette semaine, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer et le Premier ministre Jean-Castex se sont tous les deux opposés à une fermeture des écoles pour le moment, malgré la crainte d’une reprise épidémique du coronavirus.
  • Dans le même temps, les chiffres de la semaine sont très mauvais et inquiètent, faisant redouter une potentielle troisième vague, ou du moins un rebond fort de la deuxième.
  • Quels leviers possèdent le gouvernement pour freiner la circulation du virus s’il ne touche pas aux écoles ?

Ce jeudi soir, le Premier ministre Jean Castex a déclaré qu’il était « vraiment nécessaire que la situation sanitaire soit extrêmement grave avant de décider de fermer les écoles » car les conséquences sont « absolument dramatiques », entre décrochage des enfants et impossibilité de travail pour les parents.

Les chiffres sur le coronavirus de ces derniers jours ne sont pas bons​. Ce jeudi, 21.703 nouveaux cas ont été recensés en 24 heures, soit 15.271 en moyenne par jour sur la semaine écoulée. Rappelons qu’initialement, l’objectif pour le déconfinement du 15 décembre était 5.000 cas par jour. Autrement dit, la situation actuelle est déjà grave. Si le gouvernement refuse une fermeture des écoles, quelles autres options lui reste-t-il ? Petite revue d’effectif.

Le couvre-feu à 18 heures, option peu convaincante

Ce dimanche, le Bas-Rhin, le Cher et le Vaucluse seront aussi en couvre-feu à 18 heures, pour un total de 18 départements en France. Une mesure qui pourrait encore s’étendre ? Hélène Rossinot, médecin spécialiste en Santé publique, se montre sceptique. Habitant à Nancy, ville concernée par ce couvre-feu aggravé, elle constate surtout « des files d’attente énormes dans chaque magasin puisqu’il n’y a plus que deux créneaux horaires pour y aller avec le travail, soit le matin soit lors de la pause midi. Je ne suis donc pas certaine que cela ralentisse le brassage de la population. »

D’autant plus que le couvre-feu semble avoir perdu de son impact sur l’épidémie depuis la fermeture des restaurants, bars et autres lieux de cultures. « Bien sûr, cela empêche les gens de se voir entre 18 heures et 20 heures, mais combien de personnes respectant la loi faisaient des apéros ou des rencontres entre le travail et 20 heures ? », se demande-t-elle, estimant que ceux qui fraudent continueront à le faire.

La question de l’acceptabilité d’un reconfinement

Quant à de nouveaux confinements, même localisés, la spécialiste se questionne. Comment un troisième confinement pourrait être accepté si la campagne de vaccination ne s’accélère pas énormément et devienne réellement massive ? « Si vous avez une hémorragie à la jambe, on ne peut pas vous faire que des garrots. Il faut une opération. La vaccination, c’est l’opération. Les gens vont la réclamer au lieu d’un troisième garrot », note-t-elle. Elle prend notamment l’exemple d’Israël, où des mesures très restrictives et un troisième confinement ont été mis en place mais rendu « acceptables » par une campagne de vaccination massive (20 % de la population du pays est déjà vaccinée).

Pour le chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy, plus que le confinement, c’est la vaccination qui pourrait être localisée : « En cas de pénurie de dose, on pourrait vacciner prioritairement les régions les plus touchées, comme l’Est, et estimer qu’un département breton où l’incidence est faible est moins prioritaire sur la vaccination pour contrôler l’épidémie. »

Mieux protéger les écoles au lieu de les fermer

Reste que si le gouvernement refuse la fermeture des écoles, il pourrait revoir son protocole sanitaire. Et parmi celui-ci revient le cas des cantines scolaires, « actuellement les seuls restaurants de France ouverts », se désespère Michaël Rochoy, qui rappelle que les lieux de restauration ont été établis selon plusieurs études comme étant les plus supercontaminants. De fait, il ne s’agit pas « de ne plus nourrir les enfants », comme a ironisé Olivier Véran ce jeudi soir, mais de chercher des solutions : « Notamment des repas en classe, ou dans des lieux séparés et non dans un même lieu commun, pour éviter les brassages entre les différentes classes », plaide le chercheur et médecin.

Même analyse chez Hélène Rossinot pour qui « les cantines sont actuellement un vrai problème. Le gouvernement cherche à le balayer d’une main car il le considère insoluble, mais nier le problème ne fait que l’empirer. » Pour Michaël Rochoy, au-delà des cantines, d’autres précautions peuvent être prises, comme supprimer les moments sans masques dans les lieux clos, notamment les classes de musique ou de sport. Des activités qu’ils peuvent également faire hors école, depuis les vacances de Noël. De quoi déprimer encore plus le chercheur.

Ce dernier estime que la priorité absolue pour le gouvernement, est, avant de penser quels nouveaux leviers mettre en place, éviter d’en desserrer d’autres. Notamment le télétravail, adouci par Elisabeth Borne ce mardi, ou la possibilité désormais pour les enfants de faire des activités sportives en intérieur et sans masques dans les salles périscolaires. Ce serait déjà un début.

Source : https://www.20minutes.fr/societe/2948379-20210108-coronavirus-derniers-leviers-gouvernement-si-ferme-ecoles

Coronavirus : peut-on arrrêter les gestes barrières après avoir été vacciné ?

Europe1

Droits TV : les discussions entre la LFP et Canal+ s’éternisent

Après la défection du groupe Mediapro, la Ligue de football professionnel n’a toujours pas trouvé de diffuseur solvable pour les matches de Ligue 1 et de Ligue 2. Les discussions avec Canal + s’éternisent. La LFP a fait un geste en faveur d’un accord : la chaîne cryptée diffusera, avec Téléfoot, le Trophée des champions le 13 janvier.

Source: Coronavirus : peut-on arrrêter les gestes barrières après avoir été vacciné ?

Coronavirus : ils appellent le gouvernement à “sécuriser” les cantines scolaires

Matthieu Brandely ven. 8 janvier 2021 à 8:22 PM UTC+1·7 min de lecture    

Une cantine scolaire à Rennes, le 1er septembre 2020.
Une cantine scolaire à Rennes, le 1er septembre 2020.

Médecins, enseignants et parents d’élèves souhaitent revoir le protocole sanitaire dans les cantines scolaires, alors que le risque de contamination durant les repas est important.

Sécuriser les cantines scolaires pour éviter une fermeture des écoles. C’est le message que tentent de lancer plusieurs professionnels de santé et de l’éducation à destination du gouvernement. Jeudi, Olivier Véran a été interpellé sur le sujet par un médecin, lors d’une émission sur BFMTV.

“On ne veut absolument pas fermer les cantines scolaires mais les adapter, pour diminuer les brassages de classes à ce moment de la journée où les élèves ne portent pas de masque, et donc limiter les contaminations à l’école”, rappelle Michaël Rochoy, médecin généraliste membre du collectif du Côté de la Science qui a interpellé le ministre de la Santé sur le sujet.

“Adapter les cantines pour éviter les brassages d’élèves”

A la base de cette réflexion, il y a la situation des restaurants. “On a fermé les restaurants, à juste titre, car c’est un lieu à haut risque de contamination. Les cantines scolaires sont les derniers restaurants de France à être ouverts, ce n’est pas normal” ajoute le médecin généraliste, qui rappelle qu’il y existe un double risque de contamination : par gouttelettes, c’est-à-dire les postillons que l’on émet lorsqu’on parle, mais aussi par aérosol, c’est-à-dire une transmission par l’air lorsque celui-ci n’est pas renouvelé.

“Depuis septembre, on répète qu’il faut adapter la cantine en évitant les brassages et en améliorant l’aération. On veut à tout prix éviter sa fermeture car on sait que socialement, la cantine permet à des élèves d’avoir un repas peu cher et équilibré, auxquels ils n’ont pas tous accès chez eux”, rappelle Sophie Venetitay, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, syndicat enseignant dans le second degré.

Des détecteurs de CO2, des purificateurs d’air

Durant la première vague, la fermeture des écoles et donc des cantines avait soulevé le problème de l’accès à des repas peu cher et équilibrés pour les enfants de ménages modestes. Des aides avaient été débloquées par les collectivités pour financer ces repas.

Comment faire ? Sophie Venetitay, du SNES-FSU, esquisse plusieurs solutions : “Pour améliorer l’aération, on peut imposer d’ouvrir les fenêtres de la cantine et, si ce n’est pas possible; installer des détecteurs de CO2 et des purificateurs d’air dans les salles de repas”.

Les détecteurs de CO2, qui mesurent la densité de dioxyde de carbone dans une pièce, permettent de vérifier si l’aération d’une salle est satisfaisante. Si l’indicateur de CO2 est trop élevé, l’aération est insuffisante. Dans ce cas, des purificateurs d’air permettent de filtrer l’air et d’éliminer les risques de transmission par l’air.

Au niveau local, quelques écoles ont déjà décidé d’installer des purificateurs d’air dans leur cantine, comme à Pélussin, dans le Rhône, rapporte le quotidien Le Progrès. En Allemagne, des milliers de capteurs de CO2 ont été installés dans les classes à Berlin pour indiquer quand il fallait renouveler l’air.

“Des paniers repas, des demi-groupes, des repas dans les salles de classe”

Pour limiter le brassage des classes durant les temps de repas, Elise, parent d’élève et cofondatrice du collectif Ecole et familles oubliées, propose plusieurs pistes : “organiser l’enseignement à distance par demi groupe pour limiter l’affluence dans les cantines, organiser plusieurs services de cantine, réquisitionner des salles pour le repas afin d’éviter les brassages de classes, faire des paniers repas pour ceux qui peuvent déjeuner chez eux le midi, faire manger les élèves dans leur salle de classe en leur fournissant le repas… Il y a plein de solutions différentes !” ajoute Elisa, dont le collectif regroupe des parents d’élèves, enseignants, et personnels scolaires.

A Bruxelles par exemple, les élèves mangent dans leur classe, mais le repas ne leur est pas fourni, ce qui pose certains problèmes, notait en décembre dernier RTL.be. “On dit au gouvernement qu’il y a un panel de solutions qu’il faut étudier, et, si certaines sont jugées efficaces, laisser les collectivités territoriales décider selon les particularités de telle ou telle école, en accord avec des directeurs d’établissements” ajoute Sophie Venetitay.

La contamination à l’école se confirmerait

Jean-Michel Blanquer, affirmait le 5 janvier sur Europe 1 que “le risque de contamination” des enfants était “plus fort hors du cadre scolaire”. Selon une récente étude britannique rapportée par France Info, les 12-16 ans seraient 7 fois plus susceptibles que les adultes d’être la première personne contaminée au sein d’un foyer. Un chiffre qui baisse durant les vacances scolaires avant de repartir à la hausse à la reprise des cours.

Autre étude qui tend à confirmer la contamination des élèves à l’école, relayée par le virologue allemand Christian Drosten, qui montre qu’au Royaume-Uni, l’incidence des cas chez les enfants en âge scolaire est plus haut que les adultes lorsque les écoles sont ouvertes, mais diminue durant les vacances scolaires.

“Adapter les cantines scolaires pour éviter de fermer les écoles”

L’adaptation de l’organisation des cantines scolaires pourrait permettre de limiter les contaminations à l’école, alors que Jean Castex a rappelé, lors d’une conférence de presse qu’il fallait “vraiment que la situation sanitaire soit gravissime pour fermer des écoles” car les conséquences sont “absolument dramatique”.

“C’est pour éviter d’arriver à cette situation gravissime, et donc pour éviter la fermeture des écoles dont personne ne veut, qu’on veut adapter l’organisation des cantines scolaires”, rappelle le docteur Michaël Ronchoy.

Un risque similaire à la cantine et au restaurant

Si le risque de contamination dans les écoles n’emporte pas encore l’adhésion générale, faute d’études, le risque durant les repas et donc dans les cantines est confirmé. Au-delà de l’étude de ComCor menée par l’institut Pasteur, dont les résultats sont sujets à discussion, deux études américaines évoquaient récemment le rôle des restaurants dans les contaminations.

L’une publiée en septembre par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d’Atlanta, aux Etats-Unis, l’autre en novembre dans la revue médicale Nature. Or, les restaurants et les cantines scolaires présentent les mêmes caractéristiques.

Source: Coronavirus : ils appellent le gouvernement à “sécuriser” les cantines scolaires

Vaccins, confinement : Olivier Véran répond à vos questions sur BFMTV

Vaccins, confinement : Olivier Véran répond à vos questions sur BFMTV

Olivier Véran était l’invité exceptionnel de BFMTV pour répondre à toutes vos questions sur l’épidémie de Covid-19. Revivez l’intégralité de son interview dans notre soirée spéciale.

Le | Durée : 1:11:16

 

Source: Vaccins, confinement : Olivier Véran répond à vos questions sur BFMTV

COVID-19 vaccination: France aims to make up for lost time | Europe| News and current affairs from around the continent | DW | 08.01.2021

On a recent afternoon, two dozen journalists gathered in front of a large, beige-colored hall in the suburb of Poissy, northwest of Paris, in the department of Yvelines. With French and international cameras capturing the scene, a group of politicians and doctors cut a ribbon in blue, white and red, the colors of the French flag.

“We are the central government’s partners — not its adversaries,” said Karl Olive, mayor of Poissy, into a microphone. Then, the group walked into the building, with the trail of journalists following close behind.

The hall is the country’s first out of many COVID-19 vaccination centers run by a municipality. These are supposed to help France accelerate its vaccination campaign. But getting enough people immunized might not be that easy.

Group of people cutting a tricolored band to open the vaccination center in Poissy

A number of politicians and doctors attended the opening ceremony in Poissy

‘This unprecedented moment in history’

“I want to go to a restaurant again, go partying and give my kids a cuddle without having to worry,” Christian Lehmann, a Poissy-based GP, told journalists while being the first person to get a jab in the new center. Later on, he put on a blue medical blouse and started vaccinating others.

Mayor Olive was watching the scene, with a smile on his face. “Tell us if it’s stinging,” he shouted from behind the cameras. The 51-year-old says he’s glad that local governments are now playing a bigger part in getting people immunized. “It’s important to be part of this unprecedented moment in history. I, as mayor of Poissy with its 40,000 inhabitants, want to show that we can really help in the fight against this global pandemic,” he told DW. Olive added that there would soon be 10 such vaccination centers in Yvelines and 300 across the country.

Poissy Mayor Karl Olive

Poissy Mayor Karl Olive is pleased that local governments are playing a big role

“This will allow us to inoculate up to 500 people per day here and very quickly the entire French population across the country,” he said.

‘The laughing stock of the world’

Speeding up France’s vaccination campaign seems crucial. The country has so far only inoculated tens of thousands of people — compared to hundreds of thousand in some other European countries.

Man being vaccinated by Christian Lehmann

After receiving his jab, Christian Lehmann is now doing the favor for others

Michael Rochoy, a GP in the northern town of Outreau, thinks that’s down to logistical and administrative reasons. He has signed an op-ed, together with about 30 other physicians, calling on the government to declare the vaccination campaign a “Grand National Cause.” “We have become the laughing stock of the world,” he told DW. “How is it possible that things are going that slowly in a country that has such a formidable nationwide health system?”

He thinks the government has chosen the wrong people to run the campaign. “The physician Alain Fischer has been appointed the government’s chief vaccination strategist. But he says of himself that he has no clue of logistics — and yet, this is mainly a logistical job,” Rochoy fumed.

“What’s more, we have to get extra consent from each patient and are supposed to enter information into a new online platform that only started working days after the kick-off of the vaccination campaign — all this has been slowing things down even further,” he added.

People sitting in the vaccination center in Poissy

Suthorities are hopeful that France’s vaccination drive will gain momentum with centers like that in Poissy

‘There is no problem’

But the government denies France is lagging behind. “There is no problem,” Jacques Marilossian, lawmaker for government party LREM in the department of Hauts-de-Seine near Paris, told DW. Then, he compared the situation to a football game: “You wouldn’t judge its result after five or six seconds although the game goes on for 90 minutes, would you?”

Marilossian explained that France had been struggling to get hold of ultra-cold freezers. These are required to store the vaccine by Pfizer and BioNTech, the only one so far available, which needs to be kept at minus 79 degrees Celsius (minus 100.2 degrees Fahrenheit).

But the lawmaker promised the vaccination campaign would soon accelerate.

“We are bringing forward the vaccination of certain groups, such as medical personnel. And we’ll soon receive vaccines that won’t need to be stored at these extremely low temperatures. We prefer to take our time initially and proceed with caution to eventually reach the same result as othercountries,” he said. France’s highest health authority Friday authorized a second COVID-19 vaccine by Moderna that can be stored at minus 20 degrees.

Logistics not the only obstacle

But even if the country catches up with other European countries, there is another problem. France is the world’s most vaccine-skeptical country, according to a 2018 poll by Gallup’s Wellcome Trust in 144 countries. Only four out of 10 people are planning to get a COVID-19 jab.

One reason for that is that only about 40% of the French trust their government to handle this crisis, according to recent polls. Mayor Olive wants to do his bit to boost that figure. He and 300 other mayors have written an open letter pledging that mayors should get publicly vaccinated. “I think such symbolic actions are important — they can help convince people that getting immunized is a good idea,” he pleaded.

However, the very slow start to the vaccination campaign is unlikely to help restore people’s confidence.

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 Source: COVID-19 vaccination: France aims to make up for lost time | Europe| News and current affairs from around the continent | DW | 08.01.2021

Allègement du télétravail : la mesure qui inquiète les médecins

La ministre du Travail Elisabeth Borne a annoncé que “ceux qui en expriment le besoin” pourront revenir au travail un jour par semaine dès le 7 janvier.

L’assouplissement du télétravail a du mal à passer chez les médecins. Elizabeth Borne a annoncé que les salariés “qui en expriment le besoin” pourront revenir sur leur lieu de travail un jour par semaine, à partir du jeudi 7 janvier. Une annonce qui met fin au télétravail obligatoire, mis en place fin octobre pour lutter contre la deuxième vague de Covid-19.

Argument avancé par la ministre du Travail, Elizabeth Borne : “Lutter contre l’isolement de certains salariés”. Interrogée dans le JDD, la ministre expliquait que “plus de six salariés sur dix en télétravail à 100 % depuis novembre souhaitent revenir dans l’entreprise au moins une journée par semaine”.

VIDÉO – Entreprises : les salariés pourront revenir un jour par semaine sur site

“Le plus grand risque est à la cantine”

“L’idée de casser l’isolement des salariés est bonne, mais organiser le retour au travail sans prendre aucune mesure particulière, ce n’est pas normal”, déplore Matthieu Calafiore, médecin généraliste et directeur du département de médecine générale de la faculté de Lille.

Pour lui, un retour au bureau, même partiel, doit s’accompagner d’une adaptation du protocole sanitaire. “Le risque le plus important n’est ni dans les transports, ni au poste de travail, mais lors des temps de pause, quand on enlève son masque pour boire un café ou manger. Il faudrait strictement encadrer ces moments de convivialité, en évitant à tout prix les brassages de salariés à la cantine. L’idéal est de manger seul à son bureau”, nous explique Matthieu Calafiore.

“On a fermé les restaurants en raison du risque, il y a une incohérence totale”

D’autant qu’une telle mesure pourrait ne pas être comprise par les Français. “On a fermé les restaurants car les repas sont des moments à risque élevés de contamination. Ce n’est pas pour envoyer les salariés au travail, où ils mangent ensemble. Il y a une incohérence totale” renchérit Michaël Rochoy, médecin généraliste et cofondateur du collectif Stop-Postillons.

Le médecin généraliste déplore surtout le message envoyé par les autorités : “Le gouvernement va donner l’impression que ça va mieux avec cette idée de relâchement du télétravail, alors qu’il faudrait au contraire renforcer les mesures”, plaide Michaël Rochoy, qui met en parallèle cette décision avec la situation chez nos voisins européens.

VIDÉO- Coronavirus : la date de réouverture des restaurants repoussée ?

“Cela va à contre-sens”

“Le Royaume-Uni se confine totalement, l’Allemagne prolonge ses restrictions, et la France allège le télétravail ? Cela va à contre-sens”, déplore le médecin généraliste qui redoute les conséquences de ce retour au travail. Un avis largement partagé par d’autres médecins sur les réseaux sociaux, après cette décision qui suscite une large incompréhension.

Si le retour au bureau se fait dès le 7 janvier, comme le permet le ministère du Travail, “les contaminés du Nouvel an seront encore contagieux. Sans oublier les parents qui peuvent avoir été contaminés par leurs enfants depuis la rentrée du 4 janvier. Vous imaginez le nombre de personnes potentiellement contaminées à cause de cette décision ?” illustre le docteur Matthieu Calafiore.

“Le gouvernement fait l’inverse des recommandations du Conseil scientifique”

L’idée d’alléger le télétravail, si elle vient d’être officialisée, remonte pourtant au mois de décembre. Le 14 décembre, Elizabeth Borne évoquait cette piste à l’AFP, et donnait rendez-vous début janvier “si la situation le permet”. Deux jours avant cette annonce, le conseil scientifique préconisait pourtant pour le mois de janvier “un recours privilégié au télétravail quand il est possible”, dans son avis rendu le 12 décembre.

“Cela renforce l’impression que le gouvernement prend les décisions inverses aux recommandations du conseil scientifique”, remarque Matthieu Calafiore. D’autant que depuis l’annonce d’Elizabeth Borne, le 14 décembre, la situation a évolué.

La crainte de salariés ‘fortement incités’ à revenir au bureau

“Depuis, le nouveau variant, plus contagieux, est apparu, il a été identifié en Île-de-France, la situation s’aggrave chez nos voisins, mais Elizabeth Borne maintient quand même sa décision. C’est aberrant. Qu’on ne s’étonne pas d’une flambée des cas d’ici fin janvier”, craint le directeur du département de médecine générale de la faculté de Lille.

Mahmoud Zureik, praticien Hospitalier en épidémiologie et en santé publique, déplore la capacité d’Elizabeth Borne à être “systématiquement à contre courant”.

Si les médecins comprennent l’idée d’aider les salariés à rompre l’isolement dû au télétravail, ils craignent les dérives. “C’est sur la base du volontariat. Mais qui va contrôler si des patrons ne mettent pas la pression aux salariés pour qu’ils reviennent sur place, en ‘incitant fortement’ les salariés à revenir ?”, redoute Matthieu Calafiore.

À l’étranger, le télétravail perdure

Une crainte à laquelle adhère Michaël Rochoy. Médecin généraliste. Il constate que certains de ses patients, qui présentent pourtant un profil à risque, continuent déjà à aller travailler. “J’ai des patients qui travaillent dans la banque, dans l’administration, qui souffrent de pathologies respiratoires, et à qui les patrons demandent déjà de venir travailler. Alors si le télétravail n’est plus obligatoire, les dérives pourraient se multiplier”.

Le Royaume-Uni, qui vient d’enregistrer plus de 60 000 contaminations en 24 heures, encourage fortement le télétravail, alors qu’un nouveau confinement vient d’être mis en place. En Allemagne, où les restrictions sont prolongées, les employeurs sont incités à privilégier coûte que coûte le télétravail.

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