Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Des écoliers patientent avant un test salivaire pour la Covid-19 dans une école primaire à la périphérie de Bordeaux.

© Philippe LOPEZ / AFP

Briser les chaînes de contaminations

Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque

Des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu dans une nouvelle étude que les écoles sont un lieu de contamination important. Quels sont les principaux enseignements de cette étude et les pistes pour limiter les contaminations à la Covid-19 dans l’environnement scolaire ?

Atlantico : Dans une étude sur le risque de la Covid-19 à la maison suite à la scolarisation des enfants, des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu que les écoles sont un vecteur de contamination important. Ils ont analysé les symptômes de 576 000 parents d’élèves américains pendant la deuxième vague et ont pu observer les différentes risques de la scolarisation dans l’état actuel des établissements. De quels risques parle-t-on ?

Michaël Rochoy : La comparaison dans cette étude s’est faite entre des parents qui ont des enfants scolarisés et ceux qui n’en ont pas. Ils ont recueilli plus de 2,1 millions de réponses sur 50 États des USA qui leur ont permis de comparer les mesures qui ont été prises dans les établissements et d’étudier la propagation de la Covid-19. D’autres critères ont été pris en considération comme l’âge des parents, le milieu de vie, le travail et le nombre de personnes présentes dans le foyer.

Il s’agit d’une étude par questionnaire donc bien sûr il y a des risques de biais (se rappeler notamment les mesures mises en place et à quelle date). Dans cette étude par questionnaire donc, le fait d’avoir un enfant scolarisé à l’école à temps plein est associé à un sur-risque de contamination à la Covid-19 de l’ordre de 40 %. Ce n’est pas étonnant : l’école est un lieu où les enfants sont en grand nombre et sont brassés entre les familles de la même manière que peuvent l’être les entreprises.

Dans cette enquête, une éclaircie est à signaler, on analyse les mesures qui ont eu un impact positif. Quelles sont-elles ?

Oui, par exemple l’instruction à l’extérieur amène une diminution de risques de tests positifs de l’ordre de 12 % ; ce n’est évidemment pas souvent possible, variable selon le climat et les activités… Une autre mesure efficace est la présence des mêmes étudiants en classe. La création de bulles où les étudiants ne sont pas brassés est importante : lorsque l’on favorise les demi-groupes avec des classes de latin, de grec, d’allemand, etc. on amène plus de contaminations.

D’autres mesures sont aussi utiles comme le fait d’éviter le prêt des objets à son effet ou de ne pas faire venir son enfant fébrile au sein de l’école. L’arrêt des activités périscolaires (potentiellement sans masques dans des lieux clos à risque, comme le sport ou la musique) est aussi une mesure efficace.

A l’inverse certaines mesures sont sans effet, comme la fermeture des cafétérias. Ce n’est pas étonnant : fermer c’est déplacer le problème, en particulier sur les campus américains… Il ne faut pas les fermer, mais réorganiser pour éviter le brassage dans un même lieu clos (augmenter le nombre de services, manger en classe en plusieurs temps plutôt que mélanger les classes, aérer, etc.) : on rejoint la mesure des bulles décrites plus haut et ne pas mélanger soudainement toutes les classes le midi sans masque, ce qui est un non-sens.

Est-ce la première étude à confirmer ces données sur la contamination dans les écoles ?

Ces résultats confirment ceux d’autres, comme celle de Pasteur sortie il y a quelques mois. Dans cette dernière, on pouvait voir qu’une famille avec un enfant scolarisé était à risque. Il faut aussi comprendre que la reprise de septembre a été particulière avec une reprise normale avec circulation du virus, ce qui n’avait jamais été le cas depuis mars – il y a alors peu d’études faites sur l’école en France, ou alors des études faites pendant le confinement ou les vacances scolaires… Étudier l’effet de la fermeture des écoles le 15 mars, entre le premier tour des municipales et le confinement du 17 mars, ça n’était pas possible en France. À cette rentrée de septembre, il a fallu batailler fort pour avoir les masques à l’école. Le fait de porter un masque est pourtant l’un des facteurs les plus protecteurs pour les élèves.

On sait que les enfants se contaminent entre eux et contaminent les adultes, qui les contaminent aussi… Fatalement les écoles sont plus à risque que la maison, où on accueille rarement 30 enfants dans une salle fermée pendant 6h en leur disant d’aller tous manger ensemble en retirant le masque le midi. Il faut en avoir conscience, ne pas balayer le problème et sécuriser les salles de classe par la ventilation et l’aération, tous les lieux où circulent les élèves et surtout les lieux où les enfants retirent leurs masques : les restaurants scolaires.

Évidemment, nous parlons d’écoles mais sécuriser les cantines d’entreprise et demander à chacune de ne plus faire manger leurs employés ou ouvriers ensemble est une mesure capitale. C’est beaucoup plus simple, honnête et efficace que mettre en place des confinements de week-end ou des confinements vespéraux (ou couvre-feu) qui n’ont que pour but d’interdire de tels rassemblements intra-familiaux qu’on continue d’organiser en extra-familial chaque midi de façon complètement illogique !

Source: Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Covid-19 : le coût faramineux des contrats passés avec des cabinets de conseil privés

28 contrats ont été passés avec 7 cabinets différents depuis le début de la pandémie, dont un de plus de 3 millions d’euros au cabinet McKinsey concernant la stratégie vaccinale.

Le recours du gouvernement à des cabinets de conseil privés dans la lutte contre le Covid avait fait grincer des dents. Le coût de ces 28 contrats passés avec sept cabinets différents est désormais public, et ne laisse pas les médecins indifférents.

Au total, plus de 11 millions d’euros ont été dépensés par le ministère de la Santé dans ces contrats avec des cabinets de conseil privés dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Les montants de ces contrats ont été publiés par la députée LR Véronique Louwagie, membre de la commission des finances, et mis en ligne sur le site de l’Assemblée.

Des médecins choqués par de tels montants

Des montants qui choquent certains médecins dont Jérôme Marty, président du syndicat UFML, qui met en avant l’argent dépensé alors que certains médecins sont morts faute d’équipement contre le Covid-19.

Capture Twitter
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On y découvre par exemple que le contrat le plus onéreux, signé avec le cabinet américain McKinsey, a coûté plus de 3,2 millions d’euros pour la sous-traitance de la logistique du plan de vaccination.

Plus d’un million d’euros pour la gestion des masques

Autres contrats aux montants particulièrement commentés, ceux datant du début de la pandémie, passés avec le cabinet Citwell, pour un total de plus d’un million d’euros concernant la gestion des masques. Un coût dénoncé par plusieurs médecins quand on connait l’échec du gouvernement sur la gestion du stock de masques au début de la pandémie, avec l’échec que l’on sait.

Michaël Rochoy, médecin généraliste qui militait pour un port généralisé du masque en population, rappelle que l’Académie de médecine a rendu quatre avis sur les masques, dont un appelant dès le mois d’avril à porter un masque. “Vous n’aviez qu’à lire stop-postillons ou écouter l’académie de médecine”, écrit le médecin généraliste, cofondateur de Stop-postillons.

Capture Twitterr
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1,2 million pour la “gestion de la troisième vague”

Un autre contrat est particulièrement commenté, celui en date du 14 janvier 2021, signé entre le ministère de la Santé et Citwell, pour plus d’1,2 million d’euros et qui visait notamment à la “gestion de la troisième vague”. Un contrat largement critiqué en raison de la “gestion de la troisième vague” que de nombreux médecins critiquent, en raison notamment de la décision répétée du gouvernement de ne pas vouloir confiner.

Si ces contrats avec des cabinets de conseils ont été signés dès le début de la crise, leur existence a été révélée par le Canard Enchaîné et Politico début janvier, qui ont dévoilé l’existence d’un contrat pour sous-traiter la stratégie vaccinale, signé avec le cabinet Mc Kinsey.

La proximité entre Macron et le cabinet McKinsey

Des révélations qui ont fait polémique, notamment en raison des liens étroits entre Emmanuel Macron et le cabinet McKinsey. Dans un article consacré, Le Monde pointait du doigt un “entre-soi qui dérange”, en référence notamment aux liens entre Thierry Cazenave, nommé par Emmanuel Macron et qui supervise toutes les missions commandées aux cabinets de conseil privés comme McKinsey, et Karim Tadjeddine, chargé de ces missions pour l’État au sein du cabinet américain.

Autre élément dérangeant, les “MacronLeaks” ont révélé la collaboration entre des membres de McKinsey et la République en Marche durant la campagne de 2017, rapporte Le Monde. Même si cette collaboration n’a donné lieu à aucune facture dans les comptes de campagne du parti.

“Ce qui me gêne, c’est la fréquence et le montant”

Interrogé par des députés de l’opposition à l’Assemblée, Olivier Véran a rappelé qu’il était “tout à fait classique et cohérent de s’appuyer sur l’expertise du secteur privé”. De son côté, la députée LR, Véronique Louwagie, membre de la commission des finances, est plus nuancée.

“Ce qui me gêne c’est la fréquence et le montant. Il y a des opérations qui auraient pu relever de l’administration de la Santé (…) cela ne va pas de soi même en temps de crise”, a ajouté la députée de l’Orne, qui estime que “l’État s’est désarmé en matière sanitaire”.

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Coronavirus : Mais pourquoi le gouvernement met-il autant de temps pour agir ?

EPIDEMIE Le gouvernement semble sans cesse repousser la prise de mesures fortes contre le coronavirusJean-Loup Delmas

Publié le 26/02/21 à 17h18 — Mis à jour le 26/02/21 à 17h47404 COMMENTAIRES1,1kPARTAGES

Jean Castex n'a pas annoncé de mesures fortes lors de sa conférence de presse ce jeudi
Jean Castex n’a pas annoncé de mesures fortes lors de sa conférence de presse ce jeudi — Mathieu Pattier/SIPA
  • Une fois encore, la conférence de presse de Jean Castex a accouché d’une souris ce jeudi, le Premier ministre n’ayant annoncé aucune réelle nouvelle mesure forte.
  • Ce n’est pas la première fois que le gouvernement semble retarder au maximum la prise de décision.
  • Pourquoi ce choix politique ?

Lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi, le Premier ministre Jean Castex a listé 20 départements placés en surveillance renforcée… sans annoncer de mesures spécifiques liées à ce statut. Néanmoins, charge aux préfets de ces territoires « d’envisager des mesures de freinage proches de celles mises en place à Nice et Dunkerque » (un confinement partiel durant le week-end notamment). Un point sera organisé en fin de semaine prochaine sur ces concertations, et des mesures de restriction contre le coronavirus seront mises en place dès le week-end du 6 mars « si la situation venait encore à se dégrader », a précisé le Premier ministre.

Une semaine de délai supplémentaire qui peine à trouver une justification scientifique. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement ne fait qu’évoquer des mesures éventuelles au lieu des mettre en place, pour finalement les établir quelques jours après. On pensera pêle-mêle au premier confinement, reporté de quelques jours le temps du premier tour des municipales, au couvre-feu mis en place le 17 octobre dans Paris et 19 autres métropoles, puis étendu à 54 départements le 23 octobre, avant un second confinement national décrété le 29 octobre, au couvre-feu de 18 heures d’abord instauré dans l’Est avant d’être déclarée à l’échelle nationale deux semaines plus tard, et à la situation à Dunkerque et en Alpes-Maritimes, ayant mis plusieurs semaines avant de déclencher des mesures.

Division au sommet

Pourquoi une telle inertie dans les décisions ? Stéphane Rozès, politologue et président de CAP (Conseils, analyses et perspectives), analyse : « Le gouvernement doit gérer à la fois la contrainte sanitaire, économique, sociale et psychologique de cette pandémie, et il y a une division au sommet de l’Etat entre le président qui ne veut pas prendre des mesures trop restrictives et le Premier ministre ou le ministère de la Santé qui sont pour agir vite et préventivement. » Une dichotomie entraînant des débats sans fin et donc un retard décisionnel, quand celles-ci sont finalement prises.

Loin de n’être que subi, ce retard est peut-être également consenti, notamment par Emmanuel Macron, dont de multiples sources officieuses rapportent aux médias qu’il serait farouchement opposé à un reconfinement. Celui-ci était notamment fortement pressenti pour février, après une hausse des cas, avant que Jean Castex n’annonce le vendredi 29 janvier que de simples restrictions aux frontières et pour les grands commerces non-alimentaires.

Pari risqué

« Depuis ce pari de ne pas reconfiner en février, Emmanuel Macron pense qu’il s’est trop engagé pour reculer, et souhaite donc continuer malgré des signaux de plus en plus inquiétants », regrette l’épidémiologiste Michaël Rochoy. Notamment une moyenne de 300 morts par jour à l’hôpital tout au long du mois de février et des variants, principalement le variant britannique, étant devenu majoritaires au cours du mois.

Pour Stéphane Rozès, « si Emmanuel Macron a fait le pari de ne pas reconfiner début février, ce n’est pas pour le faire quelques jours plus tard, ce serait un désaveu. S’il y a reconfinement, il n’arrivera donc qu’au dernier moment avec une situation totalement hors de contrôle. Cela permettra également selon lui une meilleure adhésion de la population, lui qui craint une désobéissance. » Mais pourquoi un pari aussi risqué, qui pourrait vite lui retomber dessus maintenant qu’il a laissé fuiter que c’était lui et lui seul qui avait pris cette décision ? Et bien justement, afin de soigner son image d’homme de décision à l’approche des élections présidentielles de 2022. Le politologue poursuit : « Emmanuel Macron veut se détacher des scientifiques pour que ses adversaires politiques ne puissent pas lui reprocher de ne pas être un vrai leader. Il pense que le barrage contre Marine Le Pen ne sera pas suffisant pour 2022 et souhaite incarner avant tout un homme de décision, prêt à lutter contre l’avis général. »

Attendre que la tempête passe

L’idée serait donc de ne pas confiner, sauf situation réellement apocalyptique, et d’attendre que les choses s’améliorent. Quelques motifs d’espoir existent : le retour du printemps qui devrait augmenter les températures et donc réduire les comportements à risque (pièces mal aérées et ventilés, rassemblement en intérieur) et surtout la campagne de vaccination. Certes, celle-ci fait ses premiers effets, puisqu’elle est sûrement responsable d’une baisse spectaculaire de morts dans les Ehpad. Le nombre quotidien de décès liés au coronavirus dans ces établissements a diminué de plus de 50 % en trois semaines, alors que 80 % de ses membres ont reçu au moins une injection. Or, les Ehpad représentent 44 % des morts du coronavirus en France.

Mais ces derniers sont une exception. « A terme, la vaccination devrait permettre un retour à la vie normale, d’ici cet été en France, mais pour le moment, seule 4 % de la population est vaccinée », rappelle Michaël Rochoy. Si des doses doivent massivement arriver en mars et en avril, permettant d’accélérer le mouvement, « cela veut dire, sans confinement ou mesure forte, de continuer sur ce plateau et ses centaines de morts, d’hospitalisations et tous ses Covid longs chaque jour. » De plus, aussi heureuse soit la nouvelle concernant les Ehpad, cette population, trop fragile, n’était pas admise en réanimation. Leur vaccination ne règle donc pas le problème des hôpitaux.NOTRE DOSSIER SUR LE CORONAVIRUS

De quoi forcément assombrir les plans d’Emmanuel Macron. Mais qu’importe pour Stéphane Rozès, « même s’il y a reconfinement, il pourra toujours argumenter de l’avoir repoussé, désormais de plus d’un mois, et d’avoir tout fait pour. » Michaël Rochoy est moins convaincu : « Au-delà des morts évitables, si la population est confinée pendant le printemps ensoleillé pendant plusieurs semaines au lieu d’un mois froid et sombre en février, je doute qu’elle apprécie un tel pari raté… » Ne pas prendre une décision, cela reste une décision, et celle-ci aura forcément des conséquences.

Source : https://www.20minutes.fr/societe/2986583-20210226-coronavirus-pourquoi-gouvernement-met-autant-temps-agir

Les masques peuvent-ils sauver les salles de fitness? – Heidi.news

Image d’illustration. | Shutterstock / Aleksandar Malivuk

Au téléphone, la voix d’Alexandre Morice, manager de trois salles Wellness Sport Club à Lausanne et Genève, est teintée de gravité, d’amertume et de colère: ses salles sont fermées depuis décembre, entraînant un manque à gagner conséquent en raison des charges, des salaires et de la déperdition des adhérents. Aujourd’hui, le secteur du fitness et du bien-être compte parmi les grands sinistrés de la crise sanitaire. À quelles conditions raisonnables les salles pourraient-elles rouvrir?

Pourquoi on vous en parle. Le Conseil fédéral a confirmé le mercredi 24 février son plan de réouverture progressive. S’il fait quelques concessions concernant la pratique des activités sportives des moins de 20 ans, il ne transige pas sur les salles de fitness qui devront rester fermées a minima jusqu’au 22 mars. Etat des lieux des dispositifs envisageables pour une réouverture des installations sportives couvertes, alors que la grogne monte dans le secteur et que les sportifs amateurs attendent avec impatience de rechausser leurs baskets.

Davantage de gouttelettes et d’aérosols. Selon l’étude «ComCor» publiée par l’institut Pasteur en décembre 2020, la pratique du sport en salle constitue un facteur d’augmentation du risque de contamination au Sars-CoV-2, même si les chiffres semblent assez anecdotiques en comparaison avec les contaminations dans les cercles familiaux et professionnels et dans les lieux de restauration collective. Ainsi, pour les 21,2% de personnes contaminées qui suspectaient un évènement sans connaître la

personne source de l’infection, cet évènement a eu lieu dans un contexte sportif pour 6,5% d’entre elles.

Cela dit, les conditions de la pratique sportive en salle demeurent -du moins d’un point de vue théorique- risquées, comme l’explique Simon Annaheim, chef du groupe scientifique Membranes et textiles biomimétiques à l’Empa:

«Durant l’activité physique, la respiration est augmentée ce qui entraîne la propagation de davantage de gouttelettes et d’aérosols par rapport à la quantité exhalée au repos. Or, il est connu que le Sars-CoV2 est transmis essentiellement par les gouttelettes et les aérosols. Dès lors, une personne contaminée asymptomatique risquera davantage de contaminer les personnes autour d’elles durant sa pratique sportive.»

Le Dr Michaël Rochoy, ancien chef de clinique de médecine générale à Lille et membre du collectif français Du côté de la science, ajoute:

«Les salles de fitness sont parfois des lieux mal ventilés où les gens pratiquent sans laisser beaucoup de distance entre eux que ce soit lors des cours collectifs ou lorsqu’ils s’entraînent sur des machines. En outre, l’obligation de port du masque n’y est pas forcément très bien respectée. Il faut bien le reconnaître: il n’est pas agréable de s’entraîner avec un masque.»

Le tissu, plus agréable. En raison de l’importante émission de gouttelettes et d’aérosols durant la pratique sportive, le port du masque demeure un élément essentiel dès lors qu’il existe un risque de contamination. Ainsi, en Suisse, alors que les fitness étaient encore ouverts au mois de décembre, les masques y sont devenus obligatoires et pourraient le redevenir lors de la réouverture.

Mais lequel choisir? Simon Annaheim explique l’intérêt des masques en tissu, dans un usage essentiellement altruiste:

«La fonction principale des masques textiles, ou masques communautaires, est de protéger les personnes autour d’une personne infectée en prévenant ou en réduisant la propagation des gouttelettes et des aérosols contaminés. Pour cela, encore faut-il que le masque couvre toute la région de la bouche et du nez.

Les masques communautaires offrent un confort de port élevé, car les textiles naturels ont des propriétés d’absorption d’humidité et la vapeur d’eau passe plus facilement dans les couches de tissu. Ces bonnes

propriétés sont importantes pour un port lors de l’exercice physique en raison de la quantité élevée d’humidité expirée. De plus, les masques communautaires sont lavables et réutilisables.»

En matière de masques textiles, la task force a posé certaines exigences, dont une efficacité de filtration des gouttelettes et des aérosols d’au moins 70%. Cependant, tous les masques communautaires disponibles sur le marché ne répondent pas à ces exigences, précise Simon Annaheim avant d’ajouter que comme le masque communautaire n’offre qu’une protection limitée au porteur, il n’est suffisant que si toutes les personnes présentes dans la pièce le portent correctement.

Selon le chercheur, les masques chirurgicaux sont, en comparaison, plus efficaces, mais d’un moindre confort:

«Les masques chirurgicaux sont généralement fabriqués en textiles non-tissés ce qui leur permet de présenter une efficacité de filtration élevée (la norme pour les masques chirurgicaux exige une efficacité de filtration bactérienne minimale de 95%, ndlr).

Toutefois, les masques chirurgicaux n’offrent pas un confort de port aussi important que les masques communautaires en raison des propriétés limitées de gestion de l’humidité. De plus, ils ne sont pas réutilisables. Enfin, tout comme pour les masques communautaires, les masques chirurgicaux n’offrent une protection adéquate que si tout le monde les porte correctement.»

Quelque soit le type de masque choisi, conclut Simon Annaheim, il s’agit d’une mesure complémentaire aux autres mesures sanitaires telles que la distanciation sociale. Il ne doit en aucun cas se substituer à elles.

Un marché attractif. Aujourd’hui, de nombreux industriels se sont lancés dans la course aux masques de sport. Vantés comme étant plus confortables, plus résistants, plus efficaces, ils sont aussi parfois traités contre le Sars-CoV-2 avec une solution virucide, à l’instar du masque développé par l’entreprise suisse de technologie sanitaire Livinguard. Son directeur commercial Xavier Pialloux explique les objectifs :

«La vocation première est de faire que les masques ne soient plus subis et qu’ils soient bien utilisés. En offrant une excellente respirabilité et un séchage rapide, ils sont adaptés à la pratique du sport et demeurent confortables durant toute la séance.»

Simon Annaheim donne son avis sur ce type de masque:

«Le masque de sport tel que celui fourni par Livinguard se compose de couches textiles. Par conséquent, les mêmes considérations s’appliquent que pour les masques communautaires. De plus, la société applique un traitement antiviral sur ses masques pour améliorer ses propriétés protectrices.»

Malgré cela, pour Alexandre Morice, le port du masque quel qu’il soit ne saurait être une mesure applicable dans les salles de fitness:

«Ce n’est pas confortable du tout de faire du sport avec un masque. Pour moi, ce n’est pas une solution viable. En plus, personne ne va porter un masque dans les douches ou au sauna!»

Cloisons et certificats de vaccination. Lorsque les fitness rouvriront, divers aménagement pourraient venir garnir les plans de protection, parallèlement à la question du port du masque: limitation du nombre de participants aux cours collectifs – au Wellness Sport Club, on parle de 15m2 par personne au lieu de 4m2 habituellement-, cloisons entre les machines, créneaux de réservation pour l’utilisation des machines, acquisition de système de ventilation, testeurs de CO2, fermeture des vestiaires, douches et spa…

Mais, ces mesures sont loin de susciter l’adhésion pleine et entière des gérants de salle en raison des coûts élevés et de la baisse importante de rentabilité. Quant aux adhérents, ils ne sont pas davantage convaincus car cela réduirait grandement la qualité des prestations de la salle, à en croire Alexandre Morice.

Le manager se dit toutefois prêt à s’adapter et souhaite avoir des directives claires de la part du Conseil fédéral avant une éventuelle réouverture, de manière à pouvoir exploiter sa salle de manière optimale. Quant à l’idée d’une attestation vaccinale pour ses adhérents, il n’exclut pas la proposition :

«Nous voulons sortir de cette situation, si ça passe par une attestation ou un passeport vaccinal, faisons-le! Nous voulons juste faire notre métier et que les gens puissent faire du sport et savons que le vaccin permettra de reprendre des activités normales.»

Source : https://www.heidi.news/sante/les-masques-peuvent-ils-sauver-les-salles-de-fitnessSource: Les masques peuvent-ils sauver les salles de fitness? – Heidi.news

Covid-19 : confiner trois semaines et “tout rouvrir”, est-ce réaliste ?

Une idée avancée par le premier adjoint à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, afin d’éviter un possible confinement le week-end.

La phrase n’est pas passée inaperçue. Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, a fait la proposition d’un confinement de 3 semaines afin “d’avoir la perspective de tout rouvrir” à son issue, y compris bars, restaurants et lieux culturels, a affirmé le premier adjoint sur France Info, jeudi 25 février, quelques heures après la conférence de presse de Jean Castex.

Une “proposition” reléguée à une simple “hypothèse” dès le lendemain matin par le premier adjoint de la mairie de Paris. Mais l’idée est bien lancée, et peine à convaincre les spécialistes en épidémiologie.

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“Une fausse bonne idée”

“Cette proposition n’a aucun intérêt. Au mieux cela va temporairement réduire les cas, et encore il faut voir si le confinement serait respecté, puis l’épidémie va de nouveau flamber à la levée du confinement”, dénonce l’épidémiologiste Catherine Hill. Pour elle, il faut “arrêter de penser que le confinement est une solution. C’est une mesure palliative et pas curative. On l’a déjà fait deux fois, et pourtant on fait toujours face au virus”, explique l’épidémiologiste.

VIDÉO >> “Vous craignez un troisième confinement ? Malheureusement, je dois vous avouer que nous pouvons craindre un quatrième”

L’idée séduit un peu plus le docteur en épidémiologie Michaël Rochoy, qui juge l’idée intéressante “sur le papier”. “En théorie, faire un confinement territorialisé pour casser la courbe et reprendre une vie ‘normale’, c’est une bonne idée. Mais il faut que le confinement soit strict comme en mars dernier et qu’ensuite, on mette en place des mesures de contrôle de l’épidémie de type ‘zéro covid'”, explique celui qui est aussi membre du collectif Du côté de la science. “Or, ce n’est pas du tout ce qui est prévu”, remarque-t-il.

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Trois semaines, une durée trop courte ?

Si la proposition lui paraît intéressante “sur le papier”, la stratégie soumise par Emmanuel Grégoire lui semble être une “fausse bonne idée”. “Trois semaines aux mêmes conditions qu’en mars, mais avec cette fois le port du masque obligatoire dans les lieux clos, cela peut produire rapidement des effets”.

“Mais à Paris comme dans les grandes villes, avec les mouvements de population de toute la France et le nombre d’habitants, trois semaines risquent d’être insuffisantes”, remarque le docteur en épidémiologie, qui juge que cette mesure serait plus appropriée à des territoires avec moins de mouvement de population venant d’autres régions. Lors des deux premiers confinements, on estime que les premiers effets sur les chiffres de contaminations ont été ressentis au bout de deux semaines. Mais la donne pourrait avoir changé. Plusieurs études suggèrent que les malades touchés par le variant britannique pourraient être contagieux plus longtemps.

“Tout rouvrir après trois semaines serait une erreur”

Un confinement strict qui imposerait notamment la fermeture des écoles comme au printemps 2020. “On aurait pu faire ce confinement de trois semaines autour des vacances scolaires, pour limiter l’impact sur les écoles, et on a loupé le coche, regrette Michaël Rochoy, dont le collectif prônait une fusion des vacances scolaires d’hiver associée à des restrictions pour faire baisser la circulation du virus.

Mais surtout, ce qui l’inquiète le plus dans la stratégie évoquée par Emmanuel Grégoire, c’est l’idée de “tout rouvrir” après le confinement. “Rouvrir les lieux culturels après un confinement avec un protocole strict, quand le virus circule moins, c’est une bonne idée. Mais penser rouvrir les restaurants et bars immédiatement après, c’est une grosse erreur. Ce sont des lieux où l’on ne porte pas le masque, cela ne ferait qu’accélérer la reprise de l’épidémie”, pointe du doigt Michaël Rochoy.

Ne pas reproduire l’erreur du Portugal et du Royaume-Uni

Une idée qui a été expérimentée à l’étranger. Constatant un faible nombre de cas, le Royaume-Uni et le Portugal ont ouvert les restaurants cet hiver. L’épidémie s’est emballée et les pays ont du refermer et confiner de nouveau. “Si on rouvre bars et restaurant immédiatement et qu’on se retrouve comme au Royaume-Uni à confiner un mois plus tard, c’est un stop and go violent qui n’a aucun sens. Il vaudrait mieux observer l’évolution de l’épidémie à la fin du confinement avant d’envisager de rouvrir”, remarque le docteur en épidémiologie.

Plutôt que l’idée d’un confinement strict, Catherine Hill estime qu’un changement de stratégie des tests permettrait de combler un manquement dans la lutte contre le Covid. “Plutôt que de penser au confinement, il faut regarder les tests. On teste n’importe comment. Il faudrait tester massivement et simultanément la population pour repérer les patients positifs et asymptomatiques, au début de leur contagion”, prône l’épidémiologiste de l’institut Gustave Roussy, qui rappelle que plus de la moitié des contaminations viennent de gens qui n’ont pas de symptômes, et reçoivent leur test positif trop tard, lorsqu’ils ont déjà eu leur pic de contagiosité.

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“Macron lit tout” : les scientifiques exaspérés par les louanges de l’entourage du président

Dans Le Parisien, des proches du président racontent qu’Emmanuel Macron “lit tout” sur le Covid, au point de parfois devancer le Conseil scientifique. Des déclarations qui ne passent pas auprès des scientifiques.

“Un jour, il pourra briguer l’agrégation d’immunologie”, s’amuse dans le Parisien Richard Ferrand président de l’Assemblée, expliquant qu’Emmanuel Macron” “lit tout ce qui sort de scientifique sur le sujet” du Covid-19. “Je ne lui envoie rien car je me doute bien que ce que je vois, il a déjà dû l’avoir en main trois jours avant”, ajoute un autre conseiller dans les colonnes du journal.

Autant de fleurs lancées à Emmanuel Macron par ses proches qui ont le don d’irriter de nombreux médecins. “On recense plus de 106 000 publications scientifiques sur le Covid-19. J’ai des doutes qu’il ait pu toutes les lire”, remarque ironiquement Michaël Rochoy médecin généraliste et membre du Collectif du côté de la science.

“Mépris pour les scientifiques”

“Quel mépris pour les scientifiques et la science! pathétique” s’offusque Mahmoud Zureik, praticien hospitalier en épidémiologie et en santé publique, qui dénonce le fait de “prétendre tout lire et de se substituer aux scientifiques pour les analyses, les synthèses et le consensus scientifique”

Capture Twitter
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Une différence entre lire des études, et les analyser correctement

“Macron s’est tellement intéressé au Covid qu’il peut challenger les scientifiques, poser la question qui les déstabilise”, expliquait un conseiller du président à France Inter. Une phrase qui ne laisse pas indifférent de nombreux médecins.

“Si tout le monde peut lire des études et les comprendre, il manque beaucoup de bases à Emmanuel Macron pour pouvoir “challenger” les membres du conseils scientifique, qui ont des années d’expérience,” rappelle Michaël Rochoy. “C’est comme si je lisais des articles sur la planète Mars et que je m’entretenais ensuite avec des physiciens de la NASA sur ce que devrait faire la sonde Perseverance, il faut rester humble”, compare le médecin membre du Collectif du coté de la science.

“On peut être rassurés de voir Emmanuel Macron lire des études scientifiques, on peut rester dubitatifs quant à ses capacités à les analyser correctement sans l’aide d’experts”, pointe Laurent Fignon, médecin gériatre.

Capture d'écran Twitter
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Surnommé “épidémiologiste 1er”

D’autant que ce n’est pas la première fois que l’entourage d’Emmanuel Macron dresse des louanges du président par médias interposés. Emmanuel Macron “va finir épidémiologiste”, lançait un ministre dans un article publié sur France Inter le 10 février, tandis qu’un autre lançait : “si on avait écouté tous les ‘Cassandre’, on serait en train de travailler avec nos enfants sur les genoux depuis trois semaines”, saluant la décision d’Emmanuel Macron de ne pas reconfiner le pays.

Un déluge de compliment de l’entourage du président qui avait déjà été sèchement reçu par de nombreux médecins, certains lui attribuant le surnom, ironique, d'”épidémiologiste 1er”, sur les réseaux sociaux.

“Les scientifiques comme bouc-émissaires”

“C’est la cour du Roi soleil, ils font des courbettes pour plaire au président et utilisent les scientifiques comme bouc-émissaires”, déplore le médecin Jérôme Marty. Car le Conseil scientifique est directement ciblé par l’entourage du président.

“Désormais, le Conseil scientifique n’est plus premier dans l’arbitrage”, expliquait fièrement un ministre à France Inter. Selon Le Point, Emmanuel Macron parlerait même désormais des “connards du Conseil scientifique”, selon l’hebdomadaire du 17 février.

“Le pouvoir rend les médecins responsables de ce que vivent les gens. Ils oublient que ce sont eux qui prennent les décisions sans écouter les scientifiques qui les conseillent”, rappelle Jérôme Marty, qui déplore un manque d’humilité et de respect vis-à-vis de ceux qui sont en première ligne face à l’épidémie. “Qu’il prenne en considération des aspects économiques et sociaux dans ses décisions, c’est normal, mais il doit aussi écouter les scientifiques”.

Une auto-satisfaction qui pourrait vite prendre fin. “On pensait l’éviter mais on va se prendre un mur”, redoute dans Les Echos un conseiller du président, qui révèle que certains proches d’Emmanuel Macron travaillent à un reconfinement général. En attendant cette hypothèse, après le littoral azuréen, un confinement le week-end va être mis en place dans l’agglomération de Dunkerque.

 Source: “Macron lit tout” : les scientifiques exaspérés par les louanges de l’entourage du président

Coronavirus : Pourquoi la situation s’améliore-t-elle dans les Ehpad ?

EPIDEMIE Le nombre de morts dans les Ehpad a chuté de plus de 50 % en trois semainesJean-Loup Delmas

Publié le 24/02/21 à 15h22 — Mis à jour le 25/02/21 à 15h5253 COMMENTAIRES295PARTAGES

Une vaccination en Ehpad, illustration. Plus de 80% des résidents ont reçu une première dose de vaccin.
Une vaccination en Ehpad, illustration. Plus de 80% des résidents ont reçu une première dose de vaccin. — Bony/SIPA
  • La situation dans les Ehpad, particulièrement touchés par le coronavirus, semble connaître une amélioration ces dernières semaines.
  • Le nombre de morts quotidiens mais également l’incidence du coronavirus sont en chute libre.
  • Si les vaccins y jouent probablement un rôle majeur, d’autres explications sont possibles.

Le nombre quotidien de décès liés au coronavirus en Ehpad a diminué de plus de 50 % en trois semaines, passant de 110 morts à 52 par jour en moyenne sur la semaine écoulée. Dans le même temps, le taux d’incidence a chuté de plus de 30  % en deux semaines chez les personnes de 80 ans ou plus en France. Face à ces chiffres de bon augure, le gouvernement réfléchit à alléger le protocole de visite en Ehpad.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a déclaré le vendredi : « J’espère, comme les 700.000 résidents en Ehpad, que nous pourrons lever davantage les contraintes sanitaires », demandant juste encore un peu de temps (l’immunité liée à la vaccination est considérée comme définitivement acquise plusieurs jours après la seconde injection). Selon  France Inter, certains Ehpad, majoritairement vaccinés, pourraient même assouplir certaines contraintes dès mars sans attendre l’aval du gouvernement. De (rares) bonnes nouvelles dans cette épidémie, mais comment les expliquer ?

Double effet du vaccin

La raison la plus évidente semble être la campagne de vaccination massive qui a lieu dans les Ehpad, première population à avoir reçu des doses en France. Ce jeudi, plus de 80 % des résidents d’Ehpad ont reçu au moins une injection de vaccin selon le ministère de la Santé. Et les courbes de baisse de mortalité et de hausse de la vaccination semblent être corrélées. « Il est certain qu’avoir la majeure partie des résidents avec des doses de vaccin joue sur le nombre de décès. A cela s’ajoute le personnel soignant d’Ehpad, lui aussi vacciné », détaille le médecin en épidémiologie Michaël Rochoy détaille.

De plus en plus d’études suggèrent que le vaccin Pfizer, celui administré en Ehpad, protège non seulement des formes graves mais diminue également les transmissions. Une personne vaccinée aurait moins de chance de contaminer d’autres individus. « On pense que c’est le personnel soignant qui amène de l’extérieur le virus dans les Ehpad. Une fois ce personnel vacciné et moins contagieux, le virus circule moins dans les résidences », argumente le médecin. Double effet bénéfique du vaccin.

Une population de survivants ?

La vaccination n’est sans doute pas la seule raison. Comme souvent avec le coronavirus, les causes sont multiples. Plusieurs autres phénomènes jouent, notamment le fait que les Ehpad soient moins remplis. « Avec la crise sanitaire, les familles sont beaucoup plus hésitantes à mettre leurs personnes âgées en Ehpad, la maison leur semble plus sûre en période de coronavirus », soulève Michaël Rochoy. Moins de résidents, donc moins de contaminations et moins de morts.

Une autre explication tiendrait dans ce qu’on appelle la déplétion des plus susceptibles. Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, explique : « Les personnes les plus âgées, les plus vulnérables et les plus fragiles sont déjà mortes, et il ne reste qu’un public plus résistant donc moins fragile face au virus. » Ce phénomène s’observe souvent en épidémiologie : une épidémie donne l’impression d’être de moins en moins mortelle avec le temps, alors qu’en réalité, les personnes les plus fragiles sont décédées dès la première vague.

Immunité et effet Noël

Suivant un peu la même idée, le professeur questionne également un autre type de résistance de la population en Ehpad : « Pas mal de personnes ont déjà été contaminées, il peut y avoir une immunité collective partielle, qui ralentit la circulation du virus dans les résidences. » Enfin, Michaël Rochoy avertit sur une baisse liée à un possible effet Noël : « Des résidents en Ehpad ont pu avoir des permissions de sortie ou des visites exceptionnelles pour la période des fêtes, ce qui aurait entraîné une hausse de mortalité courant janvier, et la baisse actuelle serait en partie due à un simple retour à la normale. »

En partie seulement car plus qu’un facteur spécifique, Mahmoud Zureik estime que cette baisse des décès liés au Covid-19 en Ehpad pourrait bien avoir toutes ces causes. Sans écarter la possibilité la moins optimiste : un simple problème de remontée de données, les Ehpad ayant subi plusieurs erreurs lors de l’annonce des bilans de décès du coronavirus.

S’il ne s’agit pas de cela, et que les Ehpad sont bel et bien peu à peu tirés d’affaire grâce à la vaccination massive, il faudra tempérer l’enthousiasme concernant le reste du pays et la situation dans les services hospitaliers. « Les résidents d’Ehpad participaient peu à la saturation des hôpitaux, puisqu’ils étaient notamment trop fragiles pour être admis en réanimation », indique Michaël Rochoy. Néanmoins, si l’une des populations les plus à risque s’avérait hors de danger, il s’agirait d’un signe très positif concernant la lutte contre le Covid-19. Une lueur d’espoir dont personne ne veut faire l’économie, à la veille de probables reconfinements locaux.

Source : https://www.20minutes.fr/sante/2984799-20210224-coronavirus-pourquoi-situation-ameliore-ehpad

Le soutien à la vaccination contre Covid-19 augmente après le début de la vaccination

PATRICIA PAMPLONA S | FOLHAPRESSE


SÃO APULO, SP (FOLHAPRESS) – Alors que les Brésiliens chantaient le tube “vient de bum bum tam tam”, adaptation d’une chanson de MC Fioti, pour célébrer l’arrivée du vaccin contre Covid-19, dans plusieurs pays du monde l’application des premières doses a conduit à un soutien accru à la campagne de vaccination. Le changement a été si grand que, dans certains endroits, ce qui était autrefois une majorité anti-vaccin est devenu moins d’un mois dans la minorité. C’est le cas en France, où 58% de la population a rejeté le vaccin, selon une enquête réalisée les 22 et 23 décembre par l’institut Odoxa avec le cabinet de conseil Backbone pour les véhicules Le Figaro et Franceinfo. L’enquête a indiqué que l’une des principales raisons invoquées par les répondants était que ” Le chef du département d’épidémiologie de l’Université du Michigan (USA), Joseph Eisenberg, partage le point de vue du médecin français. “La grande différence entre Covid-19 et d’autres maladies infectieuses pour lesquelles nous avons des vaccins est que les gens sont témoins et constatent une mortalité immense et des résultats graves”, dit-il. “Je pense que face à ces faibles risques, de nombreuses théories du complot se développent et ont le potentiel d’être acceptées, mais quand on a affaire à une maladie dévastatrice comme Covid, cela change l’opinion des gens”, explique l’Américain. L’un des principaux points de l’hésitation française à vacciner, selon Rochoy, est la rapidité avec laquelle ils ont été développés. Il pense qu’au moins certaines des personnes qui disent au départ avoir peur du vaccin ne veulent tout simplement pas être les premières à recevoir les doses. «Ceux qui ne veulent pas [recevoir de doses] sont souvent des gens hésitants, ne le veulent pas maintenant parce que cela semble tôt pour eux et veulent voir ce qui va se passer. Ils s’attendent à un effet boule de neige, mais ce sont probablement des gens qui le feront. être vacciné. ” Ce saut après l’application de la première dose peut également être observé en Espagne, où l’intention a augmenté de plus de 20 points. Les chiffres du pays n’ont commencé à augmenter qu’après le début de la vaccination, également le 27 décembre. Le 18 de ce mois, 52% seraient prêts à rejoindre la campagne, un nombre qui est passé à 66% le 7 janvier et à 73% le 5 février, selon une enquête de l’institut britannique YouGov. Un autre développement impressionnant s’est produit au Royaume-Uni, premier pays occidental à vacciner sa population. Toujours selon YouGov, le 10 novembre, 63% des Britanniques ont exprimé leur intention de recevoir le vaccin – un pourcentage déjà élevé par rapport aux voisins européens. Après le lancement de la campagne le 8 décembre, le nombre est passé à 73% dans une enquête du 14 de ce mois et a atteint 86% dans l’enquête du 11 février, le plus élevé parmi les 26 pays analysés par l’institut britannique. Les États-Unis ont également connu un revirement brutal, qui a commencé avant même que le premier citoyen du pays ne soit vacciné le 14 décembre. Dans l’enquête initiale réalisée par l’Institut Gallup en juillet, 66% ont déclaré qu’ils étaient prêts à recevoir l’injection, un pourcentage qui est tombé à 50% en septembre, mais a atteint 71% dans la dernière étude, fin janvier. Pour le professeur adjoint d’épidémiologie de l’Université du Michigan, Abram Wagner, qui étudie l’hésitation liée aux vaccins, l’une des principales raisons du changement d’opinion est que l’immuniseur est plus tangible maintenant. “Il y a quelques mois, les gens ne savaient pas ce que c’était et à quoi [le vaccin] ressemblerait.” Comme Rochoy, l’expert américain souligne que la plupart des gens, en fait, sont dans une impasse entre «oui» et «non». “Quand je pense à l’hésitation, j’aime voir un spectre. Certaines personnes ne veulent pas de vaccin et d’autres sont très pro-vaccin”, explique-t-il. “La plupart sont sur la clôture et peuvent aller dans les deux sens.” Le médecin français fait une analogie avec la situation d’incendie: «lorsque l’alarme se déclenche, si personne ne bouge, les gens continueront de s’arrêter, mais s’ils partent, d’autres suivront. Mais aussi, si personne ne bouge et qu’un pompier arrive et dit qu’il doit partir, les gens partiront vite car c’est quelqu’un d’autorité. »Pour convaincre ceux qui ont le plus peur, Wagner explique qu’il faut aussi faciliter le processus de vaccination . “Si vous devez appeler ou aller sur un site Web, prendre rendez-vous, quiconque hésite n’ira pas jusqu’au bout”, dit-il. Un point clé est de rendre les vaccins disponibles dans des endroits proches des gens. De l’immuniseur AstraZeneca en En France, Rochoy dit que les pharmaciens, par exemple, pourront postuler, ce qui facilite la disponibilité. Malgré cette augmentation du soutien à la vaccination, il y a des pays qui ont eu le mouvement inverse. C’est le cas en Inde, où il y a eu une légère baisse de l’intention de vacciner après le début de la campagne le 16 janvier. Selon YouGov, le 14 décembre, 69% des Indiens étaient prêts à recevoir le vaccin, mais le nombre est tombé à 63% dans l’enquête réalisée le 8 février. À Hong Kong, où la vaccination n’a pas encore commencé, il y a eu une forte baisse de l’observance, également selon l’institut britannique. Dans la plus récente enquête, le 1er février, 36% se disaient prêts à se faire vacciner, une baisse par rapport aux 51% constatés le 14 décembre. Les préoccupations sont similaires à celles de l’Ouest. Une étude du Hong Kong Public Opinion Research Institute a révélé que la sécurité, les effets secondaires potentiels et une mise en œuvre rapide du programme de vaccination étaient les principales raisons invoquées par les répondants, selon le South China Morning Post. William Chui Chun-ming, président de la Hong Kong Hospital Pharmacists Society, a déclaré au journal chinois que le gouvernement devait divulguer plus d’informations sur les vaccins. «Vos préoccupations en matière de sécurité, d’efficacité et de qualité sont pleinement alignées sur celles des experts du groupe consultatif gouvernemental sur les vaccins. C’est pourquoi les informations sont si importantes qu’elles ne doivent pas être fournies uniquement aux spécialistes et au personnel médical, mais à tous les habitants. de Hong Kong. ” l’efficacité et la qualité sont pleinement alignées sur celles des experts du groupe consultatif gouvernemental sur les vaccins. C’est pourquoi les informations sont si importantes qu’elles ne doivent pas être fournies uniquement aux spécialistes et au personnel médical, mais à tous les résidents de Hong Kong. ” l’efficacité et la qualité sont pleinement alignées sur celles des experts du groupe consultatif gouvernemental sur les vaccins. C’est pourquoi les informations sont si importantes qu’elles ne doivent pas être fournies uniquement aux spécialistes et au personnel médical, mais à tous les habitants de Hong Kong. “

Traduit ; source : https://www.acidadeon.com/cotidiano/brasil-e-mundo/NOT,0,0,1586435,Apoio+a+vacinacao+contra+a+Covid-19+aumenta+apos+inicio+da+imunizacao.aspx#

Covid-19 : le confinement local peut-il être efficace pour limiter la propagation du virus ? : Femme Actuelle Le MAG

La Covid-19 ne se propage pas de la même manière sur tous les territoires. Depuis le début du mois de février, le département des Alpes-Maritimes est fortement impacté par la circulation du virus. Selon l’Agence Régionale de Santé (ARS) de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur (PACA), le taux d’incidence est de 577 nouveaux cas pour 100.000 habitants dans ce département. Le 17 février, la métropole de Nice a comptabilisé 751 nouveaux cas pour 100.000 habitants alors que la moyenne nationale est estimée à 190 cas.

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire le jeudi 18 février, Olivier Véran avait évoqué la “situation particulièrement inquiétante” du département des Alpes-Maritimes. À la demande du ministre de la Santé, la préfecture des Alpes-Maritimes avait organisé une réunion avec ses élus pour décider des nouvelles mesures sanitaires. Ce lundi 22 février, le préfet Bernard Gonzales a annoncé l’instauration d’un confinement partiel pendant les deux prochains week-ends. Cette nouvelle mesure concerne la ville de Nice et toutes les communes du littoral des Alpes-Maritimes de Menton à Théoule-sur-Mer.

Alpes-Maritimes : quelles sont les nouvelles mesures mises en place ?

Le confinement partiel débutera ce vendredi 26 février à 18 heures et il se terminera le lundi 1er mars à 6h. Les déplacements seront donc interdits pendant ces deux jours. Une attestation sera obligatoire pour faire ses courses et se rendre à des rendez-vous médicaux. Les balades d’une heure seront autorisées, mais elles seront limitées à un rayon de 5km autour du domicile.

Lors de sa conférence de presse, Bernard Gonzales a également indiqué que le port du masque est désormais obligatoire dans toutes les zones à forte fréquentation. Les commerces et les centres commerciaux de plus de 5.000 mètres carré devront également fermer leurs portes dès le mardi 23 février. Les pharmacies et les commerces alimentaires pourront rester ouverts et réaliser des livraisons à domicile ainsi que des click and collect.

Je me satisfais de l’annonce par le préfet – des Alpes-Maritimes- de ces nouvelles mesures notamment de confinement que j’avais réclamées et discutées avec Olivier Véran lors de notre entretien samedi en mairie. Tout doit être fait pour protéger les habitants de Nice et de notre département“, a déclaré Christian Estrosi, le maire républicain (LR) de Nice sur Twitter.

Ces nouvelles mesures ne font cependant pas l’unanimité auprès tous les élus locaux. Jean Leonetti, maire LR d’Antibes, a qualifié le confinement partiel d'”inutile sanitairement et pénalisant“. “Ce ne sont pas deux week-ends de confinement qui vont freiner la pandémie. C’est encore un choix intermédiaire qui va donner un résultat intermédiaire… La population en a marre du stop-and-go. Le prochain coup, c’est quoi ?”, a indiqué l’édile au Monde. Selon Jean Leonetti, un confinement strict accompagné d’une campagne massive de vaccination aurait été une bonne solution.

Confinements locaux : ces mesures ont-elles été adoptées à l’étranger ?

Un confinement local est une grande première pour la métropole. Avant l’annonce du confinement partiel dans les Alpes-Maritimes, seulement deux départements d’Outre-Mer avaient expérimenté cette mesure. Le 5 février dernier, Mayotte a instauré un confinement local pour une durée minimum de trois semaines afin de limiter la propagation des variants britannique et sud-africain.

Plusieurs pays ont déjà essayé la stratégie du confinement local. Début mars 2020, l’Italie avait mis sous cloche la Lombardie pour réduire les contaminations de coronavirus. Un confinement national a cependant été instauré quelques semaines plus tard. L’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont également expérimenté les confinements locaux, mais tous les gouvernements ont ensuite remis en place des confinements nationaux.

Dès le début de la crise sanitaire, la Nouvelle-Zélande a adopté la stratégie du “zéro Covid” en fermant les frontières, les écoles, les entreprises et les commerces non-essentiels. Le but de cette manœuvre ? Anticiper l’évolution de l’épidémie. Aucun nouveau cas de Covid-19 n’a été comptabilisé de mai à août 2020 dans le pays. Un nouveau foyer de contamination est cependant apparu à Auckland en août 2020. L’exécutif a donc reconfiné la ville pendant trois semaines jusqu’à début septembre.

En février 2021, trois nouveaux cas de Covid-19 ont de nouveau été recensés à Auckland. Les autorités néo-zélandaises ont donc placé la ville sous quarantaine. Trois jours plus tard, le confinement local a été levé, car les patients infectés ont été testés négatifs au virus. Pour l’heure, aucune nouvelle contamination n’a été enregistrée.

Un confinement local peut-il être plus efficace ?

Depuis le début de la crise sanitaire, les Alpes-Maritimes sont particulièrement touchés par le virus. L’avancement du couvre-feu à 18 heures avait été mis en place dès le 2 janvier dans ce département, soit quinze jours avant son instauration sur l’ensemble du territoire. Un confinement local sera-t-il donc plus efficace pour limiter les contaminations ?

D’après Michaël Rochoy, membre du collectif “Du côté de la science”, un confinement local peut être “justifié et pertinent”. “Ce type de confinement peut même être très local. Dans un département, voire dans un canton ou une commune. Ensuite, on peut se baser sur des tests salivaires à l’aveugle dans certains secteurs pour ajuster les mesures”, a-t-il précisé à nos confrères de 20 Minutes. Le spécialiste a cependant indiqué que cette solution serait moins efficace qu’un confinement généralisé.

Lors d’une interview accordée au Parisien, Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie à l’Université de Montpellier, a déclaré que l’efficacité d’un confinement local “serait comparable à nos confinements nationaux“. Pour Catherine Hill, épidémiologiste, ce type de mesure n’est efficace qu’à une seule condition : “On confine les endroits où il y a du virus, on teste tout le monde. On isole les gens contagieux et ensuite le virus ne circule plus“, a-t-elle expliqué à LCI.

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