COVID-19 : Quand aller spontanément aux urgences ?

Idéalement, NE PAS y aller pour des pathologies pouvant être gérées en ville : entorse, douleur abdominale chronique, mal de dos habituel, voire sutures qui peuvent être réalisées au cabinet…

Les urgences et les hôpitaux doivent être réservées aux cas graves de COVID-19 pour maximiser les chances d’une prise en charge optimale.

Si vous avez un doute, n’hésitez pas à appeler votre médecin traitant pour qu’il vous oriente, ou en dehors des heures d’ouverture (nuit…), en appelant le CRRAL (03 21 71 33 33) ou le 15.

Bien sûr, il faut aller aux urgences pour

  • les urgences habituelles : douleur thoracique suspecte, déficit neurologique, mal de tête intense et inhabituel, idées suicidaires… souvent après avis du 15 (là encore, liste non exhaustive).
  • concernant les problèmes respiratoires, les critères d’hospitalisation sont clairement établis et correspondent à une difficulté inhabituelle et importante à respirer :
    • Fréquence respiratoire > 22 cycles (inspiration-expiration)/minute
    • Oxymétrie de pouls (Sp02) < 90% en air ambiant (pas évident à savoir sans consulter, mais < 90 % on commence sérieusement à ne pas être bien)
    • Pression artérielle systolique (1er nombre) < 90 mmHg (idem, une tension inférieure à 9 implique une grande faiblesse)
    • Altération de la conscience, confusion, somnolence
    • Déshydratation
    • Altération de l’état général brutal chez le sujet âgé.

COVID-19 : Quand faire le 15 ? Quand NE PAS faire le 15 ?

Quand faire le 15 ?

  • difficultés respiratoires avec sensation d’étouffement dans un contexte d’infection virale compatible avec le COVID-19, classiquement à J1, ou à J5-J8 d’évolution des symptômes.
  • et bien sûr pour les pathologies graves habituelles qui vont continuer d’exister : douleur thoracique constrictive évocatrice d’infarctus, déficit neurologique brutal évocateur d’AVC… (liste non exhaustive)

Quand NE PAS faire le 15 ?

Si vous êtes inquiets malgré les consignes, ce qui est compréhensible dans le climat actuel, ne pas hésiter à contacter votre médecin traitant plutôt que le 15 ou les urgences. Tout comme le fait de rester chez vous va sauver des vies, le fait de ne pas aller aux urgences ou appeler le 15 à tord sera également profitable à tous (vous compris).

COVID-19 : Quand appeler votre médecin traitant ?

  • toute fièvre ou toux, si vous faites partie de la liste des personnes à risque de forme grave (il n’y aura pas nécessairement de consultation présentielle) ; à partir du 11 mai, toute fièvre ou toux ou perte de goût/d’odorat ou difficultés respiratoires, pour prescription d’une PCR de diagnostic du coronavirus et d’un arrêt de travail ou certificat d’isolement.
  • en cas de fièvre avec toux importante, de difficultés respiratoires, de maux de tête intenses, de courbatures intenses, de douleurs thoraciques intenses, d’essoufflement intense à l’effort, d’altération de la conscience
  • en cas de toux et fièvre, si vous n’avez pas d’entourage pour vous surveiller ; il sera possible de prévoir une consultation de suivi par le médecin ou un infirmier.
  • toute pathologie vous inquiétant, comme d’habitude
  • pour les autres problèmes hors respiratoire : ça n’est pas judicieux de laisser traîner une cystite, une otite, un érysipèle, une poussée hypertensive, un diabète très déséquilibré…
  • pour avoir un arrêt de travail, SAUF si vous êtes asymptomatique : pour la garde d’enfants ou la protection des personnes à risque, vous pouvez le faire vous-même très facilement sur le site http://declare.ameli.fr (en cas de difficulté, je reste à votre disposition).

Libre au médecin d’organiser la suite avec vous : simple conseil téléphonique, téléconsultation par téléphone ou des outils spécifiques, organisation d’un RDV en visite ou au cabinet, selon nos possibilités.

Je suis disponible de 7h45 à 20h environ. Si je ne réponds pas, laissez moi un message et je vous rappellerai dès que j’en aurai la possibilité.

COVID-19 : Comment s’attrape le coronavirus ? Comment s’en protéger ?

Le coronavirus “s’attrape” par les muqueuses (bouche, narines, yeux…). Il ne pénètre pas à travers la peau, mais peut être transporté de la main à la bouche.

Il se transmet par des gouttelettes microscopiques de “salive” ou de sécrétions (selles – pas de transmission dans les urine et sang) :

  • soit projetées sur votre bouche (ou autres muqueuses) jusqu’à 2-4 m en parlant / toussant / éternuant : d’où l’intérêt de rester à distance, de porter un masque si possible
  • soit avalées par votre bouche suite à un contact cutané (une personne tousse dans la main, vous serre la main, puis vous portez la main à la bouche… ou une personne tousse dans la main, serre une poignée de porte, puis vous le faites et vous portez la main à la bouche…) : d’où l’intérêt d’éviter de porter la main à la bouche, de vous laver régulièrement les mains avec un gel hydro-alcoolique ou de l’eau et du savon…

Un exemple caricatural de diffusion d’un microbe est illustré dans la série Scrubs (S5E12) :

L’infection est en vert fluo, et commencera d’une personne peu symptomatique à une personne fragile…

A noter que le virus est détectable environ 24-72h sur les surfaces, à température et humidité ambiante (voire jusqu’à 9 jours sur du plastique). Il est le plus contagieux initialement, sa quantité et son pouvoir pathogène diminuent de moitié plus ou moins rapidement selon les surfaces (1h pour le cuivre, 4h pour le carton, 6h pour l’acier inoxydable, 8h pour le plastique).

Actuellement, il y a une pénurie de masques (même sur ordonnance, vous n’en aurez pas). Il existe 2 types de masques utiles :

  • masque chirurgical (protège surtout les gens autour de vous en retenant “vos” gouttelettes)
  • masque de protection respiratoire (FFP1, FFP2, FFP3) (les masques FFP2 vous protègent efficacement des gouttelettes des autres)

Les masques du BTP sont souvent certifiés FFP1 (équivalent à masque chirurgical) ou FFP2 et sont donc efficaces.

A défaut de masque du commerce, il est possible de s’en fabriquer un vous-mêmes (il existe plusieurs tutoriels : celui du CHRU de Grenoble, de la mairie de Mens, celui du gouvernement belge, etc.). Ils sont moins efficaces que les masques professionnels, pourraient faire mieux que ne rien porter… mais également être une source supplémentaire de contamination sans précaution pour le manipuler ! Dans tous les cas, ces masques chirurgicaux de fortune ne sont pas fait pour VOUS protéger, mais pour protéger l’environnement de vous, et c’est dans ce cadre collectif qu’ils doivent être portés.

COVID-19 : Que faire en cas de rhume, de fièvre isolée débutante, de toux débutante ?

Dans ce cas, prenez un rendez-vous, idéalement en téléconsultation (à défaut, n’hésitez pas à m’appeler). Les consignes seront, à partir du 11 mai :

  • confinement (arrêt de travail pendant 20 jours, limitation des sorties au strict minimum)
  • réalisation d’une PCR (écouvillonnage naso-pharyngé) ; si elle est positive, tous les cas contacts (même logement) seront invités à se faire dépister également
  • paracétamol si besoin (dose adaptée à votre poids, maximum 1 g 3 fois par jour). Ne prenez pas d’anti-inflammatoire (pas d’ibuprofène, pas de spifen, pas d’advil, pas de nurofène, pas de brexin…) – en cas de doute avant de vous auto-médiquer, vous pouvez contacter votre médecin traitant ou votre pharmacien conseil.
  • au sein du logement, il est conseillé de rester dans une pièce spécifique, en évitant les contacts avec les autres occupants du domicile, d’aérer régulièrement. Si possible, une salle de bain et des toilettes spécifiques sont à privilégier. Dans le cas contraire il est recommandé de se laver les mains fréquemment, de ne pas toucher d’objets communs et de laver quotidiennement les surfaces fréquemment touchées (poignées, téléphones mobiles, etc.). Il est déconseillé de recevoir de visites sauf indispensables, comme les aidants à domiciles. Les livraisons à domicile sont possibles, en laissant le colis sur le palier.
  • suivi par téléphone ou téléconsultation selon l’évolution.

***

Vous êtes nombreux à appeler pour fièvre débutante, toux débutante… Et vous le serez de plus en plus. Il faut considérer jusqu’à preuve du contraire (qu’on n’aura pas) que vous avez le COVID-19.

Pour mémoire, en mars, les consignes étaient :

  • isolez vous : limiter au maximum les déplacements (n’utilisez pas la dérogation, restez chez vous).
  • prenez du paracétamol si besoin (dose adaptée à votre poids, maximum 1 g 3 fois par jour). Ne prenez pas d’anti-inflammatoire (pas d’ibuprofène, pas de spifen, pas d’advil, pas de nurofène, pas de brexin…) – en cas de doute avant de vous auto-médiquer, vous pouvez contacter votre médecin traitant ou votre pharmacien conseil.
  • au sein du logement, il est conseillé de rester dans une pièce spécifique, en évitant les contacts avec les autres occupants du domicile, d’aérer régulièrement. Si possible, une salle de bain et des toilettes spécifiques sont à privilégier. Dans le cas contraire il est recommandé de se laver les mains fréquemment, de ne pas toucher d’objets communs et de laver quotidiennement les surfaces fréquemment touchées (poignées, téléphones mobiles, etc.). Il est déconseillé de recevoir de visites sauf indispensables, comme les aidants à domiciles. Les livraisons à domicile sont possibles, en laissant le colis sur le palier.
  • si vous avez un doute sur votre état de santé, si vous êtes dans la liste des personnes à risque de forme grave, si vous êtes inquiet, si vous avez besoin d’un arrêt de travail : appelez votre médecin pour discuter si cela peut être fait par appel téléphonique (télémédecine) ou si cela nécessite une consultation.

Un arbre simplifié de la prise en charge en ville incite à rester chez soi en première intention, pour ne pas risquer de transmettre le COVID-19 à d’autres… ou d’être infecté par un autre patient sur le trajet, en salle d’attente ou par votre médecin !

COVID-19 : Quels sont les symptômes, quelle est l’évolution ?

Un site grand public a été réalisé par l’Institut Pasteur et l’APHP pour déterminer si vos symptômes sont compatibles avec une infection à coronavirus : https://maladiecoronavirus.fr/ (il ne délivre pas d’avis médical et ne remplace pas une consultation).

Les symptômes sont atypiques et sont confondus avec toute autre infection virale respiratoire :

  • fièvre, pouvant durer jusqu’à 10 jours,
  • toux, souvent sèche (2 fois sur 3), pouvant durer jusqu’à 21 jours
  • essoufflement, souvent majorée entre J5 et J8 (toute dyspnée fébrile doit entraîner une grande vigilance et souvent une hospitalisation)
  • courbatures
  • maux de tête
  • nez qui coule, mal de gorge, diarrhée…
  • (sur une prise sang, rien de spécifique non plus : diminution des lymphocytes, faible inflammation, augmentation des enzymes hépatiques… pas d’intérêt franc à un bilan systématique pour le diagnostic ou le suivi).

Ces symptômes sont donc très proches de la grippe ou d’une rhino-pharyngite ou bronchite. En absence de gravité (essoufflement important), ils seront traités comme tels (cf. ordonnance type).

Un des symptômes habituellement rare mais souvent retrouvé chez les patients avec COVID-19 est une perte sévère et brutale (parfois totale) d e l’odorat, sans obstruction nasale, avec troubles du goût très gênants, isolée ou avec des symptômes du coronavirus.

Chez les personnes plus âgées, l’altération de l’état général est au premier plan (confusion, perte d’appétit, chutes…), parfois avec diarrhée, sans fièvre ou avec labilité (fièvre élevée puis température basse)…

L’évolution dans 1 cas sur 5 est une pneumopathie interstitielle bilatérale diffuse, pouvant être rapidement très grave (phénomène d’aggravation décrit à J1-J2 et J6-J12). Un essoufflement avec fièvre doit entraîner une grande vigilance, et souvent une hospitalisation. Cette infographie résume ces symptômes respiratoires.

Il n’y a pas aujourd’hui de moyen technique pour tester tout le monde ; un examen clinique ne permettra pas de vous dire si vous avez ou non une infection à COVID-19 ou à un autre virus (rhinovirus, grippe…). Actuellement, si vous avez un tel syndrome grippal, nous estimons de principe que vous avez un COVID-19 et il faudra surtout rester chez vous (sauf gravité menant à hospitalisation), ne plus travailler.

La période d’incubation (entre contamination et premiers symptômes) est de 5 jours dans la moitié des cas, et peut aller jusqu’à 14 jours. Les personnes contaminées pourraient être contagieuses dès la veille de leurs symptômes…

Il n’existe pas de traitement curatif du COVID-19, ni de la grippe ou des autres infections virales. Il n’existera vraisemblablement pas de vaccin contre le COVID-19 à court terme, et les éventuels traitements curatifs sont en étude. Miser sur la recherche est indispensable pour anticiper les prochaines vagues épidémiques au lever du confinement.

COVID-19 : Qui sont les patients les plus à risque de forme grave ?

Les personnes à risque de formes graves sont :

  • > 70 ans (il y a déjà un sur-risque à partir de 50 ans), réévalué à 65 ans en avril
  • insuffisance respiratoire chronique sous O2, ou asthme (réévalué à sévère), BPCO ou mucoviscidose ou toute pathologie chronique respiratoire ;
  • dialyse ;
  • insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • cirrhose ≥ stade B ;
  • antécédents cardiovasculaires : hypertension artérielle (réévalué en HTA compliquée le 20 mars), AVC, infarctus, chirurgie cardiaque ;
  • diabète sous insuline (réévalué en diabète non équilibré en avril), ou avec une atteinte des yeux, des reins, du coeur ou des nerfs ;
  • immunodépression congénitale ou médicamenteuse : chimiothérapie anti cancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
  • infection à VIH non contrôlé ou avec des CDA < 200/mm3 ;
  • greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétique ;
  • cancer métastasé (réévalué en cancer évolutif, sous traitement hors hormonothérapie)
  • obésité morbide IMC > 40 (réévalué en avril en obésité avec IMC > 30 kg/m2) ;
  • grossesse (par précaution, a priori pas de surrisque ; réévalué en grossesse au 3ème trimestre en avril)

Dans toutes ces situations, depuis le 18 mars, vous devez vous mettre en arrêt de travail pendant la durée du confinement, en allant vous-même (ou votre employeur) sur le site http://declare.ameli.fr, si vous travaillez et n’avez pas la possibilité de faire du télé-travail. A partir du 1er mai, il s’agit d’un certificat d’isolement, avec une page dédiée.

COVID-19 : Quand rester chez soi pendant la période de confinement ?

  • tout le temps si vous n’avez pas de symptômes (ce sont les consignes nationales de la phase 3). Rester chez vous sauvera réellement des vies : plus vous resterez chez vous, plus l’épidémie française sera courte (si tous les contacts sont interrompus, la première vague épidémique sera en très bonne voie dans 2-3 semaines…).
  • depuis le 17 mars à 12h et jusqu’à nouvel ordre, les sorties sont possibles uniquement avec l’attestation de déplacement dérogatoire (art. 1 du décret du 16 mars 2020, remplacé par l’article 3 du décret du 23 mars) au format papier, disponible sur le site officiel : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus. Ces sorties doivent être exceptionnelles !
  • évitez tout particulièrement de rendre visite à des personnes de plus de 50 ans autant que possible.
  • pas de consultation de renouvellement si tout va bien : vos traitements peuvent être renouvelés automatiquement jusqu’au 31 mai (y compris pour les hypnotiques, j’enverrai si besoin l’ordonnance par mail à votre pharmacie pour ce traitement)
  • évitez également de consulter pour des troubles musculo-squelettiques chroniques (lombalgie, douleur d’épaule, de coude, genou…) ou pour des problèmes non urgents (acné, rosacée, eczéma, intertrigo, conjonctivite…). Pas de souci pour un conseil téléphonique ou une télé-consultation bien sûr.
  • pas de consultation systématique pour un rhume, pour une fièvre débutante bien tolérée, si vous n’êtes pas à risque (cf. liste ci-dessous)… (tous ces points ont été confirmés par le Premier Ministre le 23 mars qui demande de privilégier la téléconsultation et ne consulter que pour des urgences, ou sur convocation du médecin – par exemple dans le cadre d’un suivi de grossesse ou de prise en charge d’un cancer).

Ne vous dites pas que vous allez aller chez votre médecin (ou aux urgences) pour “savoir” si votre toux est due à COVID-19.
Le diagnostic sera “rhino-pharyngite dans un contexte de pandémie à COVID-19”.
Et si vous ne l’aviez peut-être pas en arrivant chez le soignant, vous aurez un risque un peu plus élevé de l’avoir en repartant…

Actuellement, les tests sont réservés aux personnes hospitalisées avec une forme grave (asphyxie). Aucun test n’est réalisé aux urgences, au laboratoire ou dans les différents centres de santé actuellement : n’y allez pas pour ça.

Les activités de médecine et chirurgie non urgentes ont toutes été déprogrammées ou le seront (n’hésitez pas à appeler les secrétariats pour confirmer), afin de libérer des lits pour l’afflux d’urgences prévu, et limiter les contacts avec des gens potentiellement porteurs asymptomatiques.

Si vous vous demandez s’il faut consulter, dites vous que les soignants sont tous (potentiellement) porteurs du COVID-19. Est-ce que votre consultation justifie de prendre ce risque de contage ? Si oui, dans ce cas, il faut consulter ; si non, alors il est préférable d’attendre. Le meilleur message de santé personnelle et publique est : “restez chez vous”.

Restez chez vous autant que possible !

Médecin, urgences, centre 15… qui et quand consulter?

Les cas peu graves et les pathologies non urgentes ne doivent pas encombrer un système de soins sous tension.

Certaines pathologies justifient de téléphoner à son médecin, qui jugera la nécessité d’une consultation (ici, le docteur Jean-Paul Hamon, médecin généraliste, reçoit un patient, jeudi à Clamart, dans les Hauts-de-Seine). Francois Bouchon/François Bouchon / Le Figaro

Avec le passage en stade 3 de l’épidémie depuis samedi soir, faut-il appeler ou ne pas appeler le 15, aller ou ne pas aller chez le médecin? Le Figaro fait le point.

● Pas ou peu de symptômes: restez chez vous

Si vous avez des symptômes légers (nez bouché, toux sans difficulté respiratoire, fièvre débutante et bien tolérée…), prenez du paracétamol (60 mg/kg/jour, maximum 3 g/jour pour un adulte, et pas d’AINS type ibuprofène ou aspirine). Restez chez vous et protégez vos proches (pièce réservée, aération, port du masque, lavage des mains et des surfaces…). Si vous avez besoin d’un arrêt de travail, demandez à votre médecin s’il peut le faire via une téléconsultation. Surveillez bien l’évolution de vos symptômes car dans les cinq à huit jours après leur début, ils peuvent s’aggraver brutalement, avec l’apparition de difficultés respiratoires. Prévoyez éventuellement une téléconsultation de suivi avec votre médecin.

● Des symptômes inquiétants:

Si, après avoir eu de la fièvre et une toux pendant plusieurs jours, vous sentez poindre une difficulté respiratoire, appelez le 15.

● Quand faut-il faire un test?

Les tests sont réservés aux cas graves, au personnel soignant, à certains patients à risque, et aux patients risquant d’être les premiers infestés d’un lieu où résident des personnes fragiles (par exemple un Ehpad). En dehors de ces cas, inutile de faire le siège de votre médecin ou de l’hôpital pour bénéficier d’un test. Le résultat ne changerait de toute façon pas votre prise en charge, qui est uniquement symptomatique (il n’existe pas de traitement contre le Covid-19).

● Pour toute autre pathologie: au cas par cas

Certaines pathologies (comme une cystite ou une otite, à ne pas laisser traîner) justifient de téléphoner à votre médecin qui jugera de la nécessité d’une consultation. De même pour des douleurs dentaires intenses ou l’apparition d’une cellulite cervico-faciale (infection de la face et du cou qui peut mettre en jeu le pronostic vital). Les troubles musculo-squelettiques chroniques ou peu intenses, les problèmes cutanés non urgents peuvent attendre. N’allez pas chez le médecin sans rendez-vous: il a dû s’organiser pour que les patients contagieux ne croisent pas les autres.

● Pour le suivi des enfants et des malades chroniques

Sauf signe d’appel particulier, le suivi des nourrissons et des jeunes enfants peut attendre. Les vaccinations peuvent être repoussées d’un mois ou deux sans dommage, surtout en période de confinement, où le risque d’être infecté est bien moindre… Les malades chroniques peuvent décaler leur consultation de suivi, et peuvent désormais obtenir leur traitement avec une ordonnance expirée.

● Quand appeler le 15?

Pour tous les cas graves habituels (douleurs thoraciques évocatrices d’infarctus, déficits neurologiques brutaux évocateurs d’AVC, accident de la voie publique, etc.), ou si vous pensez être infecté par le coronavirus et ressentez une gêne respiratoire avec sensation d’étouffement. Rhinites et fièvre ou toux bien tolérées et débutantes ne doivent pas faire l’objet d’un appel: les centres 15 sont débordés.

● Quand aller aux urgences?

Toute difficulté respiratoire majeure, altération de la conscience, confusion, douleur thoracique intense doit amener à consulter aux urgences (idéalement en appelant le 15). Les idées suicidaires importantes, maux de tête brutaux et inhabituels, membre inférieur froid et douloureux, etc., exigent un avis médical rapide. Une entorse ou un mal de ventre chronique ne justifient généralement pas des soins d’urgence mais méritent un avis de votre médecin.

 Source: Médecin, urgences, centre 15… qui et quand consulter?