COVID-19 : Qui sont les patients les plus à risque de forme grave ?

Les personnes à risque de formes graves sont :

  • > 70 ans (il y a déjà un sur-risque à partir de 50 ans), réévalué à 65 ans en avril
  • insuffisance respiratoire chronique sous O2, ou asthme (réévalué à sévère), BPCO ou mucoviscidose ou toute pathologie chronique respiratoire ;
  • dialyse ;
  • insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • cirrhose ≥ stade B ;
  • antécédents cardiovasculaires : hypertension artérielle (réévalué en HTA compliquée le 20 mars), AVC, infarctus, chirurgie cardiaque ;
  • diabète sous insuline (réévalué en diabète non équilibré en avril), ou avec une atteinte des yeux, des reins, du coeur ou des nerfs ;
  • immunodépression congénitale ou médicamenteuse : chimiothérapie anti cancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
  • infection à VIH non contrôlé ou avec des CDA < 200/mm3 ;
  • greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétique ;
  • cancer métastasé (réévalué en cancer évolutif, sous traitement hors hormonothérapie)
  • obésité morbide IMC > 40 (réévalué en avril en obésité avec IMC > 30 kg/m2) ;
  • grossesse (par précaution, a priori pas de surrisque ; réévalué en grossesse au 3ème trimestre en avril)

Dans toutes ces situations, depuis le 18 mars, vous devez vous mettre en arrêt de travail pendant la durée du confinement, en allant vous-même (ou votre employeur) sur le site http://declare.ameli.fr, si vous travaillez et n’avez pas la possibilité de faire du télé-travail. A partir du 1er mai, il s’agit d’un certificat d’isolement, avec une page dédiée.

COVID-19 : Quand rester chez soi pendant la période de confinement ?

  • tout le temps si vous n’avez pas de symptômes (ce sont les consignes nationales de la phase 3). Rester chez vous sauvera réellement des vies : plus vous resterez chez vous, plus l’épidémie française sera courte (si tous les contacts sont interrompus, la première vague épidémique sera en très bonne voie dans 2-3 semaines…).
  • depuis le 17 mars à 12h et jusqu’à nouvel ordre, les sorties sont possibles uniquement avec l’attestation de déplacement dérogatoire (art. 1 du décret du 16 mars 2020, remplacé par l’article 3 du décret du 23 mars) au format papier, disponible sur le site officiel : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus. Ces sorties doivent être exceptionnelles !
  • évitez tout particulièrement de rendre visite à des personnes de plus de 50 ans autant que possible.
  • pas de consultation de renouvellement si tout va bien : vos traitements peuvent être renouvelés automatiquement jusqu’au 31 mai (y compris pour les hypnotiques, j’enverrai si besoin l’ordonnance par mail à votre pharmacie pour ce traitement)
  • évitez également de consulter pour des troubles musculo-squelettiques chroniques (lombalgie, douleur d’épaule, de coude, genou…) ou pour des problèmes non urgents (acné, rosacée, eczéma, intertrigo, conjonctivite…). Pas de souci pour un conseil téléphonique ou une télé-consultation bien sûr.
  • pas de consultation systématique pour un rhume, pour une fièvre débutante bien tolérée, si vous n’êtes pas à risque (cf. liste ci-dessous)… (tous ces points ont été confirmés par le Premier Ministre le 23 mars qui demande de privilégier la téléconsultation et ne consulter que pour des urgences, ou sur convocation du médecin – par exemple dans le cadre d’un suivi de grossesse ou de prise en charge d’un cancer).

Ne vous dites pas que vous allez aller chez votre médecin (ou aux urgences) pour “savoir” si votre toux est due à COVID-19.
Le diagnostic sera “rhino-pharyngite dans un contexte de pandémie à COVID-19”.
Et si vous ne l’aviez peut-être pas en arrivant chez le soignant, vous aurez un risque un peu plus élevé de l’avoir en repartant…

Actuellement, les tests sont réservés aux personnes hospitalisées avec une forme grave (asphyxie). Aucun test n’est réalisé aux urgences, au laboratoire ou dans les différents centres de santé actuellement : n’y allez pas pour ça.

Les activités de médecine et chirurgie non urgentes ont toutes été déprogrammées ou le seront (n’hésitez pas à appeler les secrétariats pour confirmer), afin de libérer des lits pour l’afflux d’urgences prévu, et limiter les contacts avec des gens potentiellement porteurs asymptomatiques.

Si vous vous demandez s’il faut consulter, dites vous que les soignants sont tous (potentiellement) porteurs du COVID-19. Est-ce que votre consultation justifie de prendre ce risque de contage ? Si oui, dans ce cas, il faut consulter ; si non, alors il est préférable d’attendre. Le meilleur message de santé personnelle et publique est : “restez chez vous”.

Restez chez vous autant que possible !

Médecin, urgences, centre 15… qui et quand consulter?

Les cas peu graves et les pathologies non urgentes ne doivent pas encombrer un système de soins sous tension.

Certaines pathologies justifient de téléphoner à son médecin, qui jugera la nécessité d’une consultation (ici, le docteur Jean-Paul Hamon, médecin généraliste, reçoit un patient, jeudi à Clamart, dans les Hauts-de-Seine). Francois Bouchon/François Bouchon / Le Figaro

Avec le passage en stade 3 de l’épidémie depuis samedi soir, faut-il appeler ou ne pas appeler le 15, aller ou ne pas aller chez le médecin? Le Figaro fait le point.

● Pas ou peu de symptômes: restez chez vous

Si vous avez des symptômes légers (nez bouché, toux sans difficulté respiratoire, fièvre débutante et bien tolérée…), prenez du paracétamol (60 mg/kg/jour, maximum 3 g/jour pour un adulte, et pas d’AINS type ibuprofène ou aspirine). Restez chez vous et protégez vos proches (pièce réservée, aération, port du masque, lavage des mains et des surfaces…). Si vous avez besoin d’un arrêt de travail, demandez à votre médecin s’il peut le faire via une téléconsultation. Surveillez bien l’évolution de vos symptômes car dans les cinq à huit jours après leur début, ils peuvent s’aggraver brutalement, avec l’apparition de difficultés respiratoires. Prévoyez éventuellement une téléconsultation de suivi avec votre médecin.

● Des symptômes inquiétants:

Si, après avoir eu de la fièvre et une toux pendant plusieurs jours, vous sentez poindre une difficulté respiratoire, appelez le 15.

● Quand faut-il faire un test?

Les tests sont réservés aux cas graves, au personnel soignant, à certains patients à risque, et aux patients risquant d’être les premiers infestés d’un lieu où résident des personnes fragiles (par exemple un Ehpad). En dehors de ces cas, inutile de faire le siège de votre médecin ou de l’hôpital pour bénéficier d’un test. Le résultat ne changerait de toute façon pas votre prise en charge, qui est uniquement symptomatique (il n’existe pas de traitement contre le Covid-19).

● Pour toute autre pathologie: au cas par cas

Certaines pathologies (comme une cystite ou une otite, à ne pas laisser traîner) justifient de téléphoner à votre médecin qui jugera de la nécessité d’une consultation. De même pour des douleurs dentaires intenses ou l’apparition d’une cellulite cervico-faciale (infection de la face et du cou qui peut mettre en jeu le pronostic vital). Les troubles musculo-squelettiques chroniques ou peu intenses, les problèmes cutanés non urgents peuvent attendre. N’allez pas chez le médecin sans rendez-vous: il a dû s’organiser pour que les patients contagieux ne croisent pas les autres.

● Pour le suivi des enfants et des malades chroniques

Sauf signe d’appel particulier, le suivi des nourrissons et des jeunes enfants peut attendre. Les vaccinations peuvent être repoussées d’un mois ou deux sans dommage, surtout en période de confinement, où le risque d’être infecté est bien moindre… Les malades chroniques peuvent décaler leur consultation de suivi, et peuvent désormais obtenir leur traitement avec une ordonnance expirée.

● Quand appeler le 15?

Pour tous les cas graves habituels (douleurs thoraciques évocatrices d’infarctus, déficits neurologiques brutaux évocateurs d’AVC, accident de la voie publique, etc.), ou si vous pensez être infecté par le coronavirus et ressentez une gêne respiratoire avec sensation d’étouffement. Rhinites et fièvre ou toux bien tolérées et débutantes ne doivent pas faire l’objet d’un appel: les centres 15 sont débordés.

● Quand aller aux urgences?

Toute difficulté respiratoire majeure, altération de la conscience, confusion, douleur thoracique intense doit amener à consulter aux urgences (idéalement en appelant le 15). Les idées suicidaires importantes, maux de tête brutaux et inhabituels, membre inférieur froid et douloureux, etc., exigent un avis médical rapide. Une entorse ou un mal de ventre chronique ne justifient généralement pas des soins d’urgence mais méritent un avis de votre médecin.

 Source: Médecin, urgences, centre 15… qui et quand consulter?