COVID-19 : Certificat d’isolement

À compter du 1er mai, pour le maintien du confinement des personnes à risque, ou des personnes vivant avec des personnes à risque, il est possible d’obtenir un certificat d’isolement de ce type :

« Je, soussigné Docteur Michaël ROCHOY, certifie que M. / Mme X doit, compte tenu des recommandations sanitaires, respecter une consigne d’isolement le conduisant à ne pas pouvoir se rendre sur son lieu de travail, à compter du 1er mai.

Ce certificat est établi selon https://www.ameli.fr/sites/default/files/Documents/680014/document/modele_de_certificat_disolement.pdf

Certificat établi à la demande de l’intéressé et transmis par mail au décours d’une téléconsultation, ou en mains propres après consultation. »

Ce certificat incite votre employeur à vous proposer en priorité du télétravail.

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Voici le récapitulatif des mesures dérogatoires mises en place pendant la durée de l’épidémie (courrier de la CPAM du 28 avril). 

1) Modification du dispositif de prise en charge des salariés confinés

A partir du 1er mai prochain, le dispositif de prise en charge des parents contraints de rester à domicile pour garder leur enfant, des personnes vulnérables ou des personnes cohabitant avec ces dernières évoluent pour les salariés. Ces personnes, jusqu’à présent en arrêt de travail, devront être placées en activité partielle par leur employeur.

Vous trouverez ici une fiche synthèse de ces nouvelles modalités d’interruption de travail et d’indemnisation liées au contexte épidémique.

Les salariés en arrêt de travail pour garde d’enfant basculeront en activité partielle suite à une démarche de leur employeur. Ils n’ont pas de démarche particulière à effectuer.

Pour les salariés (dits « vulnérables ») en arrêt de travail au titre des recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique (liste en bas), plusieurs situations sont à distinguer : 

          – Les personnes dites vulnérables ayant obtenu un arrêt de travail via le site declare.ameli.fr, toujours en arrêt au 30 avril, recevront automatiquement de l’Assurance Maladie un certificat à remettre à leur employeur. Vous n’avez pas de démarche particulière à effectuer.

          – En revanche, les personnes vulnérables placées en arrêt de travail par leur médecin traitant ou un médecin de ville vont devoir solliciter leur médecin afin qu’un certificat d’isolement à remettre à leur employeur leur soit établi. Il vous est donc demandé, en lieu et place d’un arrêt de travail, de leur délivrer ce certificat, à remettre à leur employeur afin que celui-ci puisse les placer en activité partielle. Ce certificat peut être établi de manière rétroactive à compter du 1er mai.

Les salariés cohabitant avec une personne dite vulnérable devront également se voir délivrer, au-delà du 30 avril, un certificat d’isolement de même nature par leur médecin traitant ou un médecin de ville.

Les personnes qui ne relèvent pas d’un statut de salarié vont continuer à pouvoir solliciter un arrêt de travail via le site declare.ameli.fr ou leur médecin de ville. Il leur est toutefois demandé de réitérer leur demande au 1er mai, l’ensemble des arrêts ayant dû pour des raisons juridiques et techniques, être interrompus au 30 avril.

Pour le cas particulier du personnel soignant des établissements de santé et médico-sociaux, les arrêts de travail sont établis par la médecine du travail ou la médecine de ville en l’absence de médecin du travail.

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Pour identifier les personnes à risques, le gouvernement s’est basé sur les critères définis par le Haut conseil de la santé publique (réévalués en avril, notamment pour l’obésité). Si un salarié répond à l’un des critères suivants, il pourra être placé en activité partielle de droit :

être âgé de 65 ans et plus ;

– avoir des antécédents cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), antécédents d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie (infarctus), de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;

– avoir un diabète non équilibré ou présentant des complications (neuropathie, néphropathie, rétinopathie…) ;

– présenter une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale : bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d’apnées du sommeil, mucoviscidose notamment ;

– présenter une insuffisance rénale chronique dialysée ;

– être atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;

– présenter une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kg/m2) ;

– être atteint d’une immunodépression congénitale ou acquise : soit médicamenteuse (chimiothérapie anti cancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive), soit virale (infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3), soit consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques, soit liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;

– être atteint de cirrhose au stade B ou C du score de Child Pugh ;

– présenter un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;

– être au troisième trimestre de la grossesse.

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Et après ?

  • Vous devez remettre à votre employeur ce certificat d’isolement, qui a ensuite 30 jours (à compter du 1er mai) pour poursuivre la démarche.
  • Si le télétravail est possible, évidemment c’est ce qui sera privilégié.
  • Si le télétravail n’est pas possible, votre employeur vous versera les indemnités (il se fera rembourser par Pôle Emploi), à hauteur de 70 % de votre rémunération horaire brute (environ 84 % du salaire net, avec un taux minimum de 8,03€/heure)
  • Les indemnités sont versées pour le nombre d’heures mentionné dans votre contrat de travail, dans la limite de la durée légale (35 heures) ou de la durée prévue par votre convention collective : les heures supplémentaires ne sont pas indemnisées.

En savoir plus : https://travail-emploi.gouv.fr/le-ministere-en-action/coronavirus-covid-19/proteger-les-travailleurs-les-emplois-les-savoir-faire-et-les-competences/proteger-les-emplois/chomage-partiel-activite-partielle/article/les-arrets-de-travail-derogatoires-basculent-en-activite-partielle-au-1er-mai

Par contre pour les travailleurs indépendants, les non-salariés agricoles, les artistes auteurs, les stagiaires de la formation professionnelle, les agents non-titulaires de la fonction publique et les gérants de société, les modalités d’indemnisation (indemnités journalières) restent ouvertes sur declare.ameli.fr ou declare.msa.fr.

COVID-19 : Quand faut-il porter un masque (ou écran) devant la bouche et le nez ?

Le nombre de cas de coronavirus augmente progressivement, et il faut partir du principe (fictif) que tout le monde est potentiellement porteur. Quand vous allez à la boulangerie, faire vos courses, la personne devant vous l’est peut-être, celle derrière aussi… à moins que ça ne soit vous !

Chaque phrase, chaque éternuement, chaque toux transmet des gouttelettes (« postillons », souvent microscopiques) qui peuvent être contagieuses. Même si vous n’avez pas de symptômes (ni fièvre, ni toux), vous avez un (très faible) risque d’être porteur, et donc de contaminer des gens.

Si chacun portait un masque, la protection (lors de ces rares sorties dérogatoires) ne serait que meilleure. Malheureusement, nous manquons de masques de protection « certifiés » pour tous. Dans cette situation de pénurie pour la population, il est possible (et recommandable) que chacun porte un « écran anti-postillons ».

Avec d’autres médecins de la région, nous sommes à l’initiative d’un mouvement pour les « ECRANS ANTI-POSTILLONS ». Le rationnel, les méthodes de fabrication (variées) et le mode d’utilisation de ces écrans sont disponibles sur le site http://stop-postillons.fr

N’hésitez pas à partager cette initiative autour de vous, et porter vous-même un écran lors de vos prochaines sorties : c’est la meilleure façon que vous avez de protéger l’environnement, et vous protéger vous même.

COVID-19 : Quelle continuité des soins pour les kinésithérapeutes, dentistes, audioprothésistes, opticiens ?

Les kinésithérapeutes ont fermé leurs cabinets sur avis de l’Ordre des Kinésithérapeutes. Ils poursuivent les soins à domicile en cas de risque vital – notamment pour pathologie respiratoire chronique (mucoviscidose, etc.) – et de risque d’hospitalisation, par dégradation rapide de la santé (maintien de la marche chez les personnes âgées en absence de proche pouvant y contribuer, etc.). La kinésithérapie pour entorse, lumbago, etc. est suspendue.

Pendant la période de confinement, les audioprothésistes, dentistes et opticiens sont fermés mais assurent une astreinte réservée aux urgences (donc pas pour les lunettes de soleil, les tests de dépistage, etc.). Les modalités sont mises à jour sur cette page de l’URPS : http://www.urpsml-hdf.fr/coronavirus-covid-19-continuite-soins/

Pour les opticiens, un site web a été créé ici : https://www.urgenceopticien.fr/62-pas-de-calais/

De manière générale, contactez votre professionnel habituel (audioprothésiste, dentiste, opticien…), qui aura probablement laissé un message sur son répondeur concernant la conduite à tenir adaptée localement.

Ces décisions sont cohérentes avec le fait que les seules consultations maintenues (autorisées par l’article 3 du décret du 23 mars 2020) sont les consultations et soins ne pouvant être assurés à distance et ne pouvant être différés.

COVID-19 : résumé de 3 points clés en vidéo

Pour information, les actualités changeant quotidiennement, les pages de ce site qui sont dédiées au COVID-19 sont mises à jour au fur et à mesure. Le but de ces pages est de répondre à vos questions au moment où vous vous les posez – les réponses ne sont jamais définitives car les données scientifiques évoluent très rapidement.

Par exemple, ce 23 mars, un point sur (hydroxy)chloroquine et azithromycine a été ajouté dans la page sur l’ordonnance type ; la page sur les signes cliniques a été actualisée il y a quelques jours avec la notion de perte de goût et d’odorat sans nez bouché, et d’altération de l’état général au premier plan chez les personnes âgées ; la page sur où s’informer comporte de nouveaux liens de qualité (cartes, etc.).

Pour résumer quelques points importants de cette première semaine de confinement, une courte vidéo de 2 minutes (initialement dans le cadre d’une demande par la revue Le Généraliste).

3 points clés en résumé vidéo

L’article comprenant l’autre vidéo demandée est ici.

COVID-19 : Comment protéger les autres lorsque vous êtes malade ?

Respectez les principales mesures barrières (pour vous protéger et l’environnement)

  • Rester chez vous ! Depuis le confinement du 17 mars midi, c’est la première mesure en termes d’efficacité
  • Garder une distance de sécurité de 2 mètres
  • Se laver très régulièrement les mains
  • Tousser ou éternuer dans son coude ou un mouchoir
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter
  • Ne pas se serrer la main ou s’embrasser
  • Eviter les contacts (y compris au sein du logement si vous êtes malade, autant que possible)
  • Si vous êtes malade, éviter de toucher les objets communs et laver quotidiennement les surfaces fréquemment touchées (poignées, téléphones mobiles, etc.). 
  • Aérer régulièrement (15 minutes 2 fois par jour)

Qu’en est-il des masques ?

Nous manquons de masques professionnels, aussi doivent-ils être réservés aux soignants. Il peut être recommandé de dichotomiser ainsi :

  • pour les patients, utiliser des écrans anti-postillons (exemple ici) : un bout de tissu (lavable à 60°) ou de papier essuie-tout (jetable) visant à réduire VOS gouttelettes dans l’environnement lors des brèves sorties « dérogatoires » prévues lors du confinement. (Attention, cet écran ne fonctionnera pas s’il est humide, donc ne doit pas être porté longtemps).
  • pour les médecins, garder les masques chirurgicaux, les masques FFP1 et FFP2 ; d’ailleurs, si vous en avez à domicile / au travail (entreprises fermées), n’hésitez pas à vous rapprocher des professionnels de santé pour leur en fournir.

Les masques ne remplacent pas les mesures barrières listées ci-dessus.

Les masques faits maison ne VOUS protègent pas très efficacement, mais ils protègent l’environnement DE VOUS… Si chacun en portait pour leurs rares sorties dérogatoires (le masque ne remplaçant nullement la consigne « rester chez vous »), le risque de contamination pourrait encore diminuer.

Comment se fabriquer un masque en tissu ?

Plusieurs initiatives professionnelles sont lancées dans ce sens :

Pour faire un masque en tissu vous-même, il existe plusieurs tutoriels :

D’autres types d’écrans sont possibles, comme utilisés à Hong Kong, ou très simplement un écran de fortune comme illustré par le Pr Garin dans cette vidéo.

Pour vous protéger, ces écrans et masques en tissus sont moins efficaces que les masques professionnels, pourraient faire mieux que ne rien porter… mais également être une source supplémentaire de contamination sans précaution pour le manipuler ! Dans tous les cas, ces masques chirurgicaux de fortune ne sont donc pas fait pour VOUS protéger, mais pour protéger l’environnement de vous, et c’est dans ce cadre collectif qu’ils doivent être envisagés.

(Pour « vous » protéger, il faudrait porter un masque, changé toutes les 3-4 heures, sans jamais le toucher – même quand ça gratte en-dessous –, sans le baisser pour boire… Les stocks ne le permettent déjà pas pour les professionnels de santé, donc a fortiori pas pour l’ensemble de la population).

Comment nettoyer un masque porté ?

Déjà, retirer le masque implique de le faire en touchant uniquement les élastiques et pas le filtre devant (qui comporte potentiellement des virus), puis se laver les mains après. S’il s’agit d’un masque jetable, jetez-le…

S’il s’agit d’un masque réutilisable ou d’un masque FFP2 dans un contexte de pénurie de stock, vous pouvez le mettre en machine à laver pendant 30 minutes à 60° avec du détergent. (A défaut, c’est moins bien mais vous pouvez le mettre au four à 70° pendant 30 minutes : recommandation ici, développée là). L’alcool et la javel ne sont pas recommandés. Le nombre de cycles de réutilisation n’est pas connu ; c’est un protocole « dégradé » par rapport à l’usage unique.

L’initiative Stop Postillons !

Avec d’autres confrères, nous avons mis en ligne le site Stop-Postillons visant à démocratiser les écrans anti-postillons ou EAP.

COVID-19 : Quelle sera mon ordonnance (type) ?

Si vous avez une fièvre (non expliquée par une autre pathologie infectieuse – urinaire, digestive, cutanée…), une toux ou d’autres symptômes d’allure virale non expliqués, le diagnostic retenu actuellement sera : « possible COVID-19 ».

Votre ordonnance type sera celle-ci :

RESTEZ À DOMICILE / RESTEZ CONFINÉ AUTANT QUE POSSIBLE ET LIMITEZ LES CONTACTS 

  • N’allez pas travailler (télétravail possible) ; si vous êtes dans la liste des personnes à risque, vous pouvez faire l’arrêt sur declare.ameli.fr qui sera à prolonger le temps du confinement
  • Ne sortez pas, n’allez pas faire les courses (privilégiez les Drive si besoin, en respectant les mesures barrières)
  • Dormez seul si possible
  • Ne rentrez pas en contact avec des personnes fragiles (> 50 ans, insuffisants respiratoires, insuffisants cardiaques, immunodéprimés, femmes enceintes, etc.)
  • Il est déconseillé de recevoir de visites sauf indispensables, comme les aidants à domiciles. 

UTILISEZ LES MESURES BARRIÈRES POUR PROTÉGER VOTRE ENVIRONNEMENT 

  • Masque chirurgical si disponible (pas actuellement) ; à défaut, portez un écran devant votre bouche pour éviter de contaminer votre entourage (masque cousu vous-même ou autre). Ces masques n’ont pas vocation à vous autoriser de sortir davantage, mais à protéger davantage l’environnement lors des rares sorties dérogatoires.
    Pour en fabriquer un vous-même, quelques liens sont disponibles ici : http://rochoy.fr/michael/2020/03/22/covid-19-comment-proteger-les-autres-lorsque-vous-etes-malade/
  • Au sein du logement, il est conseillé de rester dans une pièce spécifique, en évitant les contacts avec les autres occupants du domicile,  
  • Dans le cas contraire il est recommandé de se laver les mains fréquemment, de ne pas toucher d’objets communs et de laver quotidiennement les surfaces fréquemment touchées (poignées, téléphones mobiles, etc.). 
  • Aérez régulièrement (15 minutes 2 fois par jour)

SURVEILLEZ VOTRE ÉTAT DE SANTÉ : 

  • En cas de difficulté respiratoire, contactez votre médecin traitant rapidement pour une téléconsultation dans la demi-journée idéalement, ou à défaut appelez le 15. (Se méfier notamment d’une aggravation rapide et brutale entre J8 et J12).
  • Autres signes devant vous alarmer et amener une consultation rapide ou un appel au 15 : altération de l’état général, somnolence, confusion, troubles de conscience.
  • Ne vous rendez pas directement chez un médecin ou aux urgences sans un avis préalable du médecin ou du 15
  • En cas de majoration des crachats sales chez un fumeur (exacerbation de BPCO) ou d’autres complications (sinusite unilatérale, otite…), prenez un rendez-vous avec votre médecin traitant en téléconsultation.

NE PRENEZ PAS D’ANTI-INFLAMMATOIRES (pas d’ibuprofène, pas d’advil, pas de spifen, pas de nurofen…)

LIMITEZ LES IRRITANTS (TABAGISME ACTIF OU PASSIF)

Paracétamol 1 000 mg
1 comprimé 1 à 3 fois par jour selon besoin, en espaçant les prises de 4h minimum. Maximum 4 comprimés par jour. Si fièvre mal tolérée ou douleurs. 
3 boîtes, à prendre en absence de boîtes déjà disponibles à domicile.

CONCERNANT LE FONCTIONNEMENT DU CABINET : les informations seront actualisées sur le site personnel http://rochoy.fr 
Pour vous tenir au courant sur le COVID-19, consultez : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus ou https://sante.fr/covid-19-infection-virale-des-voies-respiratoires


Quid de l’association hydroxychloroquine + azithromycine défendue notamment par le Pr Didier Raoult de Marseille ? (point au 22 mars)

L’avis du centre régional de pharmacovigilance de Nice du 20 mars dit qu’ils « ne doivent pas être utilisées dans la prise en charge des COVID-19 en dehors d’essais cliniques ou prises en charge spécialisées » (en réanimation).
Des études préliminaires ont montré une efficacité sur la charge virale et méritent d’être reproduites dans des études plus robustes, qui sont en cours, comme l’a rappelé le Ministre de la Santé le 21 mars.
Le risque de ces traitements est notamment une arythmie cardiaque, relativement rare, mais dont le risque ne justifie pas d’être pris compte tenu des bénéfices encore très incertains.

COVID-19 : Que peut-on avoir à la pharmacie ? (renouvellement, masques, paracatémol…)

Depuis le 14 mars, les pharmacies peuvent vous renouveler mensuellement votre ordonnance (s’il existe un historique d’au moins 3 mois), jusqu’au 31 mai 2020 inclus, afin de limiter les contacts avec votre médecin, sa salle d’attente, les autres patients… Cela concerne également les anxiolytiques et hypnotiques de façon tout à fait exceptionnelle.

Les masques étant manquant et réservés aux professionnels de santé (infirmiers, pharmaciens, médecins, etc.), il n’y a pas de délivrance possible par les pharmacies en mars-avril. A compter du 11 mai, les pharmacies pourront délivrer : 14 masques/semaine sur présentation d’un résultat positif à un test virologique, 10 masques/semaine en cas d’immunodépression sévère (sur prescription médicale). Dans toutes les autres situations, les masques à privilégier sont les masques grand public ou ceux du commerce.

En raison de stockages réalisés et afin de garantir la disponibilité, les pharmaciens ne peuvent plus délivrer qu’une seule boîte de paracétamol par personne, en cas de symptômes, et sans ordonnance (depuis le 18 mars et jusqu’au 31 mai). Si vos besoins sont plus importants, la prescription peut être adaptée par ordonnance (maximum 3 boîtes pour l’équivalent de 8 jours de fièvre), nécessitant donc une téléconsultation.

Les anti-inflammatoires sont contre-indiqués actuellement en cas d’infection respiratoire haute (toux, fièvre), car ils pourraient aggraver l’infection. Néanmoins, n’arrêtez jamais un traitement au long cours (corticoïdes notamment) sans avoir l’avis et l’accord clair de votre médecin traitant – l’arrêt de corticoïdes à fortes doses pouvant entraîner une insuffisance surrénale aiguë !

Pour savoir s’il existe un surrisque lié au traitement que vous prenez, un site a été mis en ligne par le réseau français des centres de pharmacovigilance : https://www.covid19-medicaments.com/

En cas de doute, n’hésitez pas à appeler votre médecin traitant.

Concernant les masques, à défaut de masque du commerce, il est possible de s’en fabriquer un vous-mêmes (il existe plusieurs tutoriels : celui du CHRU de Grenoble, de la mairie de Mens, celui du gouvernement belge, etc.). Ils sont moins efficaces que les masques professionnels, pourraient faire mieux que ne rien porter… mais également être une source supplémentaire de contamination sans précaution pour le manipuler ! Dans tous les cas, ces masques chirurgicaux de fortune ne sont pas fait pour VOUS protéger, mais pour protéger l’environnement de vous, et c’est dans ce cadre collectif qu’ils doivent être portés.

Pour en savoir plus, consultez le site https://stop-postillons.fr

COVID-19 : Où s’informer sur l’évolution ?

Concernant l’organisation sur Outreau, vous pouvez visiter le site de la mairie, notamment ce communiqué (fermeture des parcs et jardins, fermeture des déchetteries, poursuite des missions d’accompagnement aux personnes âgées à domicile et aux démunis, poursuite de l’accueil à l’hôtel de ville sur RDV notamment pour les décès, poursuite des activités de la police municipale, des services de propreté urbaine, de la collecte des déchets par la CAB, système de garde pour les enfants de personnels de santé).

Si vous avez des difficultés avec la maîtrise d’internet, vous pouvez utiliser ce site : https://solidarite-numerique.fr/

COVID-19 : Pourquoi se confiner ?

Les raisons du confinement ont clairement été exposées par le gouvernement et dans les médias.

Néanmoins, quelques arguments peuvent être repris :

  • Une personne va en contaminer en moyenne 2,7 personnes (R0) ; l’immunité de groupe serait atteinte à 1-1/2,7, soit 60 % de la population contaminée, ce qui représenterait beaucoup de morts (à raison d’un taux de mortalité estimé à 2 %)…
  • Donc l’autre objectif est de diminuer le R0, grâce au confinement, et ça fonctionne comme le prouve cet article : https://www.imperial.ac.uk/media/imperial-college/medicine/sph/ide/gida-fellowships/Imperial-College-COVID19-Europe-estimates-and-NPI-impact-30-03-2020.pdf
  • Cet article vulgarisé explique l’intérêt à agir précocement : https://medium.com/@tomaspueyo/coronavirus-agissez-aujourdhui-2bd1dc7838f6 (un article ici l’illustre également bien avec l’exemple chinois)
  • Un seul cas atteint non confiné peut entraîner une catastrophe sanitaire ; c’est le cas du « patient 31 » en Corée du Sud : https://graphics.reuters.com/CHINA-HEALTH-SOUTHKOREA-CLUSTERS/0100B5G33SB/index.html
  • Les taux sont difficiles à estimer. A priori, il y aurait environ 30 % de cas sans symptômes (porteurs sains, surtout les enfants), qui peuvent transmettre la maladie.
  • Parmi les 70 % symptomatiques, on peut les diviser ainsi : 55 % auront des symptômes légers à modérés (fièvre, toux, légère gêne respiratoire), 10 % nécessiteront une hospitalisation (15 % de mortalité) et 5 % feront une forme grave nécessitant une intubation (50 % de mortalité).
  • Les gens sont contagieux sans symptôme, avant les symptômes, après les symptômes : en stade 3 de la pandémie, il faut donc partir du principe (fictif) que tout le monde est potentiellement contagieux.
  • La mortalité parmi les patients symptomatiques est quasi nulle avant 50 ans (< 0,4 %), et augmente progressivement ensuite (les chiffres sont variables notamment en fonction du nombre de personnes testées… vous trouverez de nombreuses données dans la page des références). D’où l’importance d’éviter le contact avec toute personne de plus de 50 ans et a fortiori de plus de 70 ans.
  • Le confinement va limiter la diffusion de cette vague virale, diminuer le nombre de cas et donc le nombre de décès. Ne pas se confiner implique de transmettre potentiellement le virus (même si vous ne vous sentez pas malade), augmenter les cas et les décès.
  • Le Washington Post illustre parfaitement l’importance que TOUT LE MONDE soit confiné : https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/world/corona-simulator/
  • C’est exactement ce qui s’est passé en Chine et en Italie : 15 jours après le confinement, le nombre de nouveaux cas chute largement.
  • Un des autres intérêts du confinement est « d’aplatir la courbe » des nouveaux cas et éviter la saturation du système de santé, notamment en réanimation (lits, matériels et personnel soignant ayant un plafond dans leur fonctionnement).

Nous confiner n’empêchera pas de nombreuses personnes malades, de nombreux séjours hospitaliers, en réanimation, et de nombreux décès. Mais cela permettra de le limiter.

Selon le plan pandémie 2011, le confinement en stade 3 peut durer jusqu’à 12 semaines (l’expérience des autres pays évoque plutôt 6-8 semaines). Il sera suivi d’un déconfinement progressif en stade 4, où il sera important de porter des écrans anti-postillons ou masques pour prévenir une deuxième vague importante.

COVID-19 : Si je suis à risque de forme grave, comment faire un arrêt de travail préventif / certificat d’isolement ?

Cet article est désormais obsolète : à partir du 1er mai, consultez la page sur le certificat d’isolement !

Soit votre employeur peut vous proposer du télétravail (c’est-à-dire 0 contact avec quiconque, pas d’astreinte sur place…), et c’est la solution à privilégier.

Soit ça n’est pas possible, et il faut (depuis le 18 mars), réaliser vous-même votre demande d’arrêt sur le site http://declare.ameli.fr. C’est très simple, ça prend moins de 2 minutes. Vous pouvez remonter jusqu’au 13 mars, pour un arrêt initial de 14 jours qui sera prolongé en fonction de la durée de la phase 3 de l’épidémie (période de confinement).

Il est TRÈS IMPORTANT que vous fassiez cet arrêt de travail et que vous ne sortiez pas si vous faites partie de la liste de personnes à risque de forme grave.

Vous n’avez pas besoin d’une signature ou confirmation du médecin traitant. Néanmoins, si vous rencontrez la moindre difficulté, n’hésitez pas à me contacter.

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La liste a évolué du 18 au 20 mars. Au 20 mars, les pathologies listées par le HCSP sont les suivantes :

  • personnes âgées de 70 ans et plus (même si les patients entre 50 ans et 70 ans doivent être surveillés de façon plus rapprochée) ;
  • les patients aux antécédents (ATCD) cardiovasculaires: hypertension artérielle compliquée, ATCD d’accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • les diabétiques insulinodépendants non équilibrés ou présentant des complications secondaires à leur pathologie ;
  • les personnes présentant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale ;
  • patients présentant une insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • malades atteints de cancer sous traitement ;
  • les personnes avec une immunodépression congénitale ou acquise :
    • médicamenteuse : chimiothérapie anti cancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie et/ou une corticothérapie à dose immunosuppressive,
    • infection à VIH non contrôlé ou avec des CD4 <200/mm3,
    • consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques,
    • liée à une hémopathie maligne en cours de traitement,
  • les malades atteints de cirrhose au stade B de la classification de Child-Pugh au moins ;
  • les personnes présentant une obésité morbide (indice de masse corporelle > 40 kg/m2) par analogie avec la grippe A(H1N1)09.

S’agissant des femmes enceintes, il est recommandé d’appliquer les mesures ci-dessous à partir du troisième trimestre de la grossesse.

Toutefois, afin de simplifier les procédures, l’Assurance Maladie propose aux femmes enceintes dans leur 3ème trimestre de grossesse ainsi qu’aux personnes ayant été admises en Affections de Longue Durée au titre de l’une de ces pathologies, de pouvoir réaliser cette démarche de demande d’arrêt de travail directement en ligne par ce téléservice.

Les Affections de Longue Durée concernées par le dispositif sont les suivantes :

  • Accident vasculaire cérébral invalidant ;
  • Insuffisances médullaires et autres cytopénies chroniques ;
  • Artériopathies chroniques avec manifestations ischémiques ;
  • Insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires graves, cardiopathies congénitales graves ;
  • Maladies chroniques actives du foie et cirrhoses ;
  • Déficit immunitaire primitif grave nécessitant un traitement prolongé, infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ;
  • Diabète de type 1 et diabète de type 2 ;
  • Maladie coronaire ;
  • Insuffisance respiratoire chronique grave ;
  • Maladies métaboliques héréditaires nécessitant un traitement prolongé Spécialisé ;
  • Mucoviscidose ;
  • Néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique primitif ;
  • Vascularites, lupus érythémateux systémique, sclérodermie systémique ;
  • Polyarthrite rhumatoïde évolutive ;
  • Rectocolite hémorragique et maladie de Crohn évolutives ;
  • Sclérose en plaques ;
  • Spondylarthrite grave ;
  • Suites de transplantation d’organe ;
  • Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique.